Canadiens de Montréal

CH: l'audacieux espoir qui pourrait tout changer

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«C’est l’image que nous avons de nous-même qui fait notre destin», a dit un jour Nathaniel Branden, un psychothérapeute et écrivain jadis bien connu aux États-Unis. 

Sélectionné en deuxième ronde (64e au total) du plus récent repêchage par les Canadiens, le Finlandais Oliver Kapanen, à peine âgé de 18 ans, semble déjà maîtriser ce courant de pensée.              

«Kapanen». Le nom vous dit quelque chose? C’est tout à fait normal. Oliver est le neveu de Sami Kapanen, ce talentueux ailier droit ayant joué plus de 800 matchs dans la Ligue nationale de hockey (LNH) sous les couleurs des Hurricanes de la Caroline et des Flyers de Philadelphie (1995-2008). 

Il est également le cousin de... Kasperi Kapanen, actuel attaquant des Penguins de Pittsburgh. 

Et c’est là que la citation présentée en introduction prend tout son sens. 

«Kasperi? C’est clair que je vais devenir meilleur que lui!», lance avec dynamisme et sans hésiter Oliver, lorsque questionné à ce sujet par l’auteur de ces lignes.              

Pour la petite réponse humble, mignonne et soignée, on repassera. Mais avouons qu’il est rafraîchissant d’entendre (lire, dans votre cas) un jeune joueur qui ne craint pas de laisser la bonne vieille cassette au placard. 

N’empêche, et tous les amateurs et experts le savent pertinemment, il y a un monde entre dire/souhaiter quelque chose et l’accomplir en bonne et due forme. 

Mettons d’entrée de jeu quelque chose au clair. Kasperi Kapanen est loin d’être un pied de céleri. On parle d’un ancien choix de première ronde (2014) qui a, l’an dernier, récolté 30 points en 40 matchs à Pittsburgh. Il totalise, après ses 242 premiers matchs dans la LNH, 120 points, dont 52 buts. 

Le défi s’annonce donc colossal pour Oliver, un joueur de centre de 6 pieds 1 pouce et 180 livres. S’il souhaite honorer ses paroles (et du même coup ravir les milliers de partisans du CH), il devra dépasser des standards que de nombreux joueurs professionnels n’ont jamais même effleuré. 

Ambitieux? Assurément. Impossible? Certainement pas. 

L’espoir du CH, et c’est un peu la raison d’être de ce papier, est loin d’être le seul à croire en lui. 

Qui sait? Peut-être qu’à la fin de votre lecture, vous joindrez vous aussi le clan des optimistes... 

Un choix naturel             

C’est à l’âge de quatre ans qu’Oliver dispute ses premières parties de hockey organisé. Un choix naturel, s’empresse-t-il de préciser. 

«Avec l’historique hockey de cette famille, on peut dire que c’était une décision facile. Je ne me serais pas vraiment vu faire autre chose. Tu devineras que le hockey occupe une place de choix chez les Kapanen.»

On s’en doute, oui! 

«Dès mes débuts, j’ai adoré. La preuve? Je n’ai jamais arrêté et je suis toujours autant passionné.»

Sami Kapanen se rappelle très bien les débuts de son neveu dans le monde du hockey. Il a d'ailleurs suivi de près son cheminement lors de ses premières années et ce pour une raison bien précise.

«Oliver a le même âge que mon plus jeune fils, Konsta. Ils ont longtemps joué dans la même équipe étant plus jeunes. Mon neveu et Konsta ont rapidement été surclassés et ont donc été opposés à des joueurs plus vieux. Je crois que c’est généralement une façon de faire très judicieuse. Tu ne veux jamais que ce soit trop facile pour un jeune joueur.»

Évidemment, pouvoir compter sur un oncle qui a joué dans la LNH est un intéressant plus pour un patineur qui aspire à devenir professionnel. On pourrait d'ailleurs croire que Sami a pris beaucoup de place dans l'éducation hockey d'Oliver. L'ancien no 24 des Flyers jure toutefois que chaque intervention hockey auprès de son neveu (et même de ses enfants) est judicieusement calculée. Autre aspect à souligner: il ne souhaite pas non plus, dit-il, monopoliser l'attention au détriment des siens. 

Crédit photo : Getty Images

«J’ai toujours essayé de me faire discret en allant voir jouer mes enfants ou Oliver. C’est très important pour moi et c’est comme ça depuis leur tout jeune âge. Encore aujourd’hui, je reste à l’écart quand je vais voir les matchs. Je me tiens loin des autres parents et des commentaires d’aréna. Le hockey a toujours été toute ma vie. Tu comprends donc à quel point il serait facile pour moi d'être trop intense. 

«Je ne veux pas parler de hockey avec les autres spectateurs. Je veux juste m’asseoir, regarder le match et en profiter. Je ne veux même pas avoir un contact visuel avec Oliver ou mes garçons lorsqu’ils jouent. C’est leur match à eux et je veux qu’ils en soient les maîtres. Après les parties, je leur demande toujours s’ils veulent entendre mes commentaires. Je ne veux pas qu’ils me sentent trop présent. S’ils me disent "oui", on s’assoit et on jase avec plaisir. S’ils me disent "non", je respecte cela et je leur dit simplement : "d’accord, alors. Bravo pour ton match!".» 

Des souvenirs impérissables           

Si Sami est clairement déterminé à ne pas trop s'ingérer (ou si peu) dans les affaires de son neveu, il n'en demeure pas moins que sa simple présence et la franche camaraderie qui règne au sein du clan Kapanen ont certainement aidé à faire d'Oliver le joueur et le jeune homme qu'il est aujourd'hui.

«L’été, toute la famille se réunit et nous passons du très bon temps. C'est comme ça depuis que je suis tout petit, raconte l'espoir de la Sainte-Flanelle. C’est sûr que le sujet principal, lors des repas, est le hockey. Nous avons tous quelque chose à dire là-dessus! Mais nous avons aussi plusieurs autres sujets de discussion et activités. Nous sommes un groupe tissé serré et mon oncle, mon cousin et mon père m’ont certainement beaucoup apporté.» 

Sami raconte que les fameuses réunions estivales ont débuté quelque part en 2008. Dans les jours suivant l'annonce de sa retraite, il a décidé d'acheter un chalet en Finlande. Il venait alors, sans le savoir, de créer un immense livre qui allait rapidement se remplir de souvenirs et d'anecdotes.

«Ce chalet est carrément devenu le lieu de rencontre familial. J’ai en tête d’innombrables souvenirs d’Oliver et Konsta jouant pendant des heures au hockey-balle avec Kasperi. Ils voulaient tellement devenir de bons manieurs de rondelle! Évidemment, Kasperi était beaucoup plus vieux que les deux autres, mais tous les trois étaient inséparables. Ils ont vraiment passé de bons moments à ce chalet et moi aussi, d’ailleurs.»

Et les jeunes garçons ne jouaient pas qu'au hockey...

«À un certain moment, mes parents se sont installés au chalet. Ils ont été formidables avec les enfants! L’été, ils organisaient des olympiades privées où les garçons devaient compétitionner dans plein d’épreuves. La course, le lancer du poids, les jongleries au soccer... Les gars en parlent encore aujourd'hui!»

Un «buteur pur»             

Oliver gravit rapidement les échelons du hockey mineur finlandais. À l’âge de 15 ans, il intègre la structure du club de KalPa, en Liiga. Il récolte 18 points en 16 matchs au sein de la ligue finlandaise des moins de 16 ans (U16). Des chiffres très respectables.

Mais c’est lors de la saison suivante que l’attaquant attire véritablement l’attention pour la première fois. 

En 2019-2020, chez les U18, il récolte 50 points en 44 matchs et termine la campagne en tant que deuxième meilleur pointeur du circuit (première équipe d’étoiles). 

Plusieurs se sont alors demandé s’il s’agissait là d’une anomalie. Mais Kapanen a rapidement rassuré toute la cavalerie. 

Lors de la plus récente saison, il a, chez les moins de 20 ans, marqué 25 buts et récolté 41 points en 37 parties, tout en étant le troisième plus jeune attaquant de son club. Le droitier a, en vertu de ces impressionnants chiffres, pris le premier rang de la ligue au chapitre des buts. Un accomplissement qui est loin de n’être qu’un simple hasard, assure son plus récent entraîneur chez les U20, Liro Maukonen. 

«Oliver est un garçon extrêmement talentueux. Il est très agile et imaginatif avec la rondelle. Si j’avais à le décrire simplement, je dirais qu’il est un buteur pur. C’est un gars qui veut marquer et qui y parvient très souvent.

Le sympathique homme de hockey poursuit son analyse.

«Il excelle à trouver les ouvertures sur la patinoire. Il sait où se rendre pour inscrire des buts. Ça, tu l’as ou tu ne l’as pas. Mais pour lui, c’est inné. Il a également un tir sur réception très dangereux. Il peut marquer même si l’angle est restreint.»

Crédit photo : Photo Credit: KalPa / Meri Hyvärinen

Lorsqu’on demande à Maukonen s’il a en tête un joueur de la LNH dont le style est similaire à celui d’Oliver (gens visuels, cette question a été posée pour vous!), l’instructeur prend une pause de quelques secondes, puis lance avec conviction: «Steven Stamkos! Je vois plusieurs similitudes, dont l’habileté d’Oliver à se démarquer constamment près du filet ainsi que la vélocité et la précision de son tir sur réception. Je sais aussi que Stamkos est le joueur préféré d'Oliver. Il regarde plusieurs matchs du capitaine du Lightning et s’en inspire beaucoup.»

Liro Maukonen précise également que son ex-poulain a plus d’un tour dans son sac. 

«Il peut jouer au centre et à l’aile. Il est très polyvalent. Plusieurs croient aussi qu’il n’est qu’un buteur, mais il est aussi très habile pour créer des jeux. Je peux vous dire qu’il sait comment faire bien paraître ses partenaires de trio!»

Une première expérience professionnelle... remplie de succès!              

L’an dernier, Kapanen a aussi goûté au monde du hockey professionnel pour la toute première fois, disputant cinq parties en Mestis Liiga, le deuxième plus gros calibre en Finlande. 

Encore là, il a démontré qu’il possédait en lui quelque chose de spécial. En cinq matchs, il a récolté... cinq points! 

Benjamin Laurinkari, l’entraîneur du Jokipojat Joensuu, n’a pas peur des mots. Il avoue avoir été séduit par l’espoir des Canadiens. 

«Il a vraiment impressionné tout le monde lors de son audition avec nous. C’est un jeune homme très concentré, très travaillant. 

«Plusieurs membres de nos deux premiers trios se sont blessés lorsqu’il est débarqué au sein de l’équipe, donc il a eu une chance de se faire valoir et il n’a pas déçu. Il a rapidement démontré ses qualités avec la rondelle et son flair autour du filet.»

Laurinkari, en plus des évidentes capacités offensives de Kapanen, a retenu un autre aspect positif de son jeu, aspect qui lui servira assurément lorsqu’il tentera sa chance en Amérique du Nord. 

«Il est très dominant dans le cercle des mises au jeu.»

Une opinion partagée par Liro Maukonen.

«Je l’utilisais à toutes les sauces. Sur l’avantage numérique évidemment, mais aussi en désavantage numérique. En fin de match, peu importe le pointage, il était là. C’est le type de joueur que tu peux utiliser partout et qui t’aidera. Il jouait plusieurs grosses minutes.»

Être le meilleur: une obsession             

En général, plus un joueur progresse dans la hiérarchie du hockey professionnel, plus il doit travailler sur tous les petits détails de son jeu pour se démarquer de la compétition. 

Dire qu’Oliver Kapanen est conscient de cette réalité relève carrément de l’euphémisme. Bien sûr, le joueur de centre n’a pas que des qualités. Mais le temps qu’il consacre à l’amélioration de ses lacunes est aussi renversant que déconcertant.

«Je travaille fort tous les jours, martèle-t-il. J’essaie, à chaque nouvelle journée, de trouver une stratégie pour devenir meilleur. J'y pense tout le temps.»

En fin de saison l’an dernier, Liro Maukonen a confié à Kapanen qu’il devrait travailler sur ses premières enjambées, sur son explosion, s’il souhaitait vraiment atteindre ses objectifs. 

La réponse du jeune homme? 

«Je travaille depuis ce temps à améliorer ma puissance en général. Cela m’aidera à devenir plus explosif et plus fort. J’y consacre beaucoup de temps.

Crédit photo : Hockey DB

«J’ai, dans les derniers mois, pris part à de nombreuses séances de patinage sur la glace. J’ai concentré mes efforts sur la technique, mais aussi sur l’efficacité, l’explosion. En gymnase, j’ai mis l’emphase sur des exercices de force pure. J’ai aussi, selon moi, un cardio beaucoup plus affuté que l’an dernier. J’ai passé plusieurs longues heures à courir et j’en vois les résultats aujourd’hui.»

Maukonen n’est pas du tout surpris par la façon dont son ex-athlète a réagi.

«Il vient d’une famille où le hockey a toujours été au centre des priorités, donc il a eu droit à une éducation sportive très raffinée. Il sait quoi faire pour être à son meilleur. Il se comporte constamment en professionnel.

«Au sein de notre équipe, il était adjoint au capitaine, car il a démontré, de par ses agissements, que chaque minute consacrée à soi-même est ultimement importante pour le groupe. Ce n’est pas un gars qui parle beaucoup. Mais tu n’as qu’à le regarder pour comprendre comment te comporter. Il était l’un de nos grands leaders.»

Un objectif clair              

Oliver Kapanen participe actuellement au camp d’entraînement du club de KalPa en Liiga finlandaise (le meilleur calibre au pays). Son objectif est clair : il veut commencer la prochaine saison au sein de ce circuit en y affrontant des hommes. Il confie d’ailleurs être assez confiant d’y parvenir. 

«Jusqu’ici, j’ai pris part à un match hors-concours et j’étais très nerveux au début. Jouer dans cette ligue représente pour moi un rêve de petit garçon, donc je voulais bien faire. Mais plus le match avançait, plus je retrouvais mes repères. Je crois avoir pu démontrer ce que j’étais en mesure d’apporter à l’équipe. Globalement, je pense vraiment avoir ce qu’il faut pour entamer la saison en Liiga. Je m’attends à demeurer ici.»

L’attaquant estime avoir besoin «d’un an ou deux» avant d’être en mesure de tenter sa chance en Amérique du Nord. 

«Je veux être clair avec toi : je veux d'abord démontrer que je peux dominer en Finlande. Quand je traverserai l’Atlantique, je veux être prêt à 100% et laisser une solide impression à tout le monde.»

«Vous me verrez marquer avec un chandail des Canadiens sur le dos»             

Évidemment, et la question est extrêmement pertinente à ce stade-ci de votre lecture, plusieurs se demanderont si Kapanen, malgré sa confiance en lui, ses objectifs clairs et ses indéniables habiletés, parviendra vraiment à se faire une place à Montréal dans le futur. 

Après tout, il ne serait pas le premier espoir rempli de talent (et de bonne volonté) à ne pas livrer la marchandise. 

En attendant une réponse définitive, les différents intervenants sondés dans le cadre de ce reportage se font très encourageants. 

«Je crois qu’il pourra, si tout se met en place, marquer sur une base régulière dans la LNH, lance Benjamin Laurinkari. Il sait quoi faire pour performer et il a le talent pour y arriver.»  

Liro Maukonen abonde globalement dans le même sens. 

«Je le vois sur l’un des deux premiers trios dans la LNH. Il a le profil pour. C’est, je le crois vraiment, une projection réaliste dans son cas. Oliver est un joueur complet, donc il pourrait aussi trouver sa niche sur une troisième unité, mais avec le talent qu’il a, je le vois davantage sur un trio offensif.

«En plus de son éthique de travail irréprochable, il a aussi prouvé à de nombreuses reprises qu’il savait très rapidement s’adapter à un nouveau circuit, à un nouveau calibre de jeu. C’est un indicateur de succès assez révélateur, selon moi. Le changement de calibre ne l’intimide pas, il le motive.»

Sami Kapanen constate la même chose que les deux anciens instructeurs de son neveu. 

«Il a tout pour devenir un brillant joueur élite! Ce ne sont pas tous les joueurs qui ont cette aisance près du filet et c’est certainement une arme qu’il pourra utiliser à son avantage lorsqu’il tentera sa chance au Canada.»

Celui qui a pris part à plus de 800 matchs dans la LNH mentionne toutefois que même si les carences sont rares dans le jeu d'Oliver, il doit porter une attention particulière à un aspect bien précis.

«Lors de sa dernière expérience avec l’équipe nationale (il a été blanchi en quatre matchs), j’ai trouvé qu’il jouait trop pour ne pas faire d’erreurs. Il en est pratiquement venu à laisser de côté son principal outil, l’offensive. Oliver ne doit pas oublier qu’il doit d’abord, en tant que centre offensif, générer de l’attaque. C’est parfait de bien vouloir défendre, mais il doit savoir trouver l’équilibre entre les deux. C’est ce qui lui manquait lors de sa dernière audition avec la Finlande. À retenir pour le futur!» 

Le principal intéressé, lui, semble juste... confiant. Son analyse des années à venir est plutôt révélatrice à ce sujet. 

«Je sais qu’un jour, vous me verrez marquer plusieurs buts avec un chandail des Canadiens de Montréal sur le dos.»

Voilà. Vous l’aurez lu ici.

Un joueur de centre imposant, aussi efficace offensivement que défensivement... Il faut avouer que cela réglerait bien des problèmes, à Montréal. 

En fait, n'ayons pas peur des mots. Un scénario où Kapanen deviendrait vraiment un solide pivot pouvant évoluer sur l'une des deux premières lignes (comme l'ont prédit Maukonen, Laurinkari et Sami Kapanen) pourrait tout changer. Nick Suzuki serait alors appuyé par un joueur de centre efficace sur les mises en jeu et capable de produire (Oliver Kapanen). 

Jesperi Kotkaniemi, qui montre jusqu'ici d'intéressants flashs, mais dont l'identité précise reste toujours à définir, aurait moins de pression sur les épaules. S'épanouirait-il davantage sur une troisième unité? N'oublions pas non plus Jake Evans et Ryan Poehling. 

Voilà un portrait qui donne franchement envie d'avancer le temps. Mais vous aurez remarqué que les dernières lignes ont été rédigées au conditionnel. L'aboutissement d'un tel scénario dépend évidemment de plusieurs facteurs...

Oliver ou Kasperi?              

Avec le lien de parenté qui les unit et l’audacieuse affirmation de l’espoir du CH (vous référer à l'introduction), Oliver et Kasperi verront leurs performances comparées pour de nombreuses années. 

S'il avait justement à se prononcer sur la prédiction de son neveu (on comprend le conflit d'intérêts!), quelle analyse en ferait Sami Kapanen?

«Je veux d'abord préciser que la plus grande différence entre Oliver et Kasperi est au niveau de l’entregent. Kasperi est beaucoup plus porté à aller vers les gens naturellement. Il veut, peu importe où il se trouve, se faire remarquer et prendre part à la fête. Oliver, lui, n’est pas quelqu’un qui va d'instinct vers les gens. Il est bien dans le calme et la quiétude.»

Ah bon! Mais c'est quand même Oliver qui a lancé les hostilités ici, Sami... 

«Décidément, être gêné ne veut pas dire manquer de confiance en soi, répond du tac au tac le jadis explosif attaquant. Mais entre toi et moi, je crois qu’il n’aurait jamais dit ça s’il avait été dans une pièce avec toute la famille (rires)! Blague à part, il est extrêmement talentueux. C’est une bonne chose qu’il soit confiant en ses moyens. 

«Dans quelques années, oui, il va compétitionner avec Kasperi selon moi. Mais à savoir qui sera vraiment le meilleur, seul l’avenir nous le dira! Kasperi a eu une excellente saison à Pittsburgh l’an dernier.»         

Liro Maukonen, l'entraîneur d’Oliver chez les U20, risque une réponse beaucoup plus incisive. 

«Je crois qu’Oliver sera meilleur que son cousin. Ce sont deux joueurs différents. Kasperi est plus rapide, mais Oliver est un joueur beaucoup plus complet. Je crois qu’il a le potentiel pour être encore plus dominant que Kasperi.» 

Si ces projections ne relèvent que de l'hypothèse à l'heure actuelle, un fait demeure néanmoins. Les Canadiens ont entre les mains un espoir débordant de confiance issu d'une lignée d'excellents joueurs de hockey. Et cet espoir, Oliver Kapanen, a indéniablement les aptitudes pour briller chez les pros. Comme son oncle et... son cousin.