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Club de foot Montréal

CF Montréal: intensité et prudence

Dave Lévesque

Publié | Mis à jour

Il n’y a rien comme un bon vieux match de rivalité contre le Toronto FC pour finir le mois d’août en beauté, et c’est exactement ce qu’on aura vendredi, au Stade Saputo.

Pour une première fois depuis très longtemps, le CF Montréal sera dans le siège du favori pour cette rencontre avec sa sixième place au classement de l’Est.

Par opposition, Toronto se retrouve au dernier rang de la MLS avec une maigre récolte de trois victoires et seulement 15 points. On est bien loin de l’équipe qui a participé à trois finales en quatre ans entre 2016 et 2019.

Méfiance

Dans le contexte, Wilfried Nancy s’est montré prudent, d’autant plus que son équipe est invaincue à ses trois derniers matchs, pendant que le club torontois n’a pas gagné depuis le 25 juillet et en est à six rencontres sans victoire.

«J’apporte très peu d’attention au classement de Toronto parce que c’est un derby, ce qui veut dire que c’est un match différent, a insisté Nancy. Les deux équipes veulent gagner pour leurs partisans.»

Du côté des joueurs, même s’il y a beaucoup de nouveaux visages et que le dernier affrontement entre les deux équipes remonte au premier match de la saison, en avril, on est bien conscient de l’enjeu.

«Malgré le fait que les joueurs soient étrangers, ils savent qu’en venant ici, ils ont la mission de défendre la ville de Montréal», a insisté Zorhan Bassong qui est justement né à Toronto.

«On a tous le même objectif et on a envie de se battre les uns pour les autres. On le fait aussi pour les partisans, pour qui c’est important.»

Dans ce genre de rencontre, la tension est généralement élevée et c’est là que la gestion des émotions prend tout son sens.

«C’est le contrôle des émotions qui est le plus important, a soutenu Nancy. Je sais que je n’ai pas besoin de motiver les joueurs quand c’est un derby.»

Pour l’entraîneur-chef montréalais, l’essentiel est d’être en mesure de bien gérer les moments les plus tendus de la rencontre.

«Il faut canaliser nos émotions pour faire le bon geste au bon moment. Il faudra avoir la bonne agressivité au bon moment.»

Stress constant

Il faut dire que l’équipe n’excelle pas toujours dans le contrôle de ses émotions. Mais il faut aussi dire qu’elle doit constamment gérer des moments stressants.

En effet, les 16 dernières parties se sont décidées par une marge d’un but ou moins. De fait, seulement trois matchs cette saison se sont conclus sur un écart de deux buts.

«Je disais aux gars que j’ai hâte de vivre un match où je peux être tranquille assis sur mon banc pendant les dernières minutes», a lancé Nancy en rigolant.

«Le meilleur des scénarios serait de marquer le plus de buts possible, le plus tôt possible, pour être capable de gérer le match et de calmer le jeu afin que les fins de match soient plus faciles à gérer», a opiné Bassong.

Pas de marge

Dans un tel contexte, Nancy est conscient que chaque petit détail doit avoir son importance, surtout quand l’équipe est portée par l’adrénaline en fin de partie.

«Il faut tout faire à fond, on n’a pas beaucoup de marge. Quand je regarde le but que l’on prend en fin de match contre Philadelphie, ce sont des petits détails [qui comptent].»

«Est-ce que la balle aurait pu être dégagée plus loin ? Est-ce que si [Ahmed] Hamdi ne se jette pas, les choses sont différentes? On doit jouer toutes nos cartes à fond.»