Crédit : AFP

Omnium banque Nationale

Le grand barbu aux chandails «tie-dye» attire les regards

Publié | Mis à jour

Un géant de 6 pi 11 po, une grosse barbe, des chandails «tie-dye», une commandite de la marque Red Bull et une attitude flamboyante. 

Reilly Opelka a attiré les regards des partisans torontois pour ses performances sur le terrain, qui l’ont menées en finale de l’Omnium Banque Nationale, à Toronto, mais l’Américain a charmé des amateurs de partout à travers le monde pour plusieurs autres raisons.

L’athlète de 23 ans, 32e raquette de l’ATP, comme plusieurs autres jeunes joueurs, tente à sa manière de briser les tabous entourant le monde du tennis, afin d’en faire un sport moins conservateur.  

«Nos droits télévisuels sont complètement merdiques, avait-il dit, lors d’une entrevue avec Racquet Magazine au mois de mai 2020. Une autre chose c’est que les joueurs n’ont aucune liberté. L’ATP me met à l’amende chaque fois que je bois un Red Bull sur le terrain. Je bois toujours des Red Bull sur le terrain. Elle me met à l’amende pour n’importe quoi. Ils te disent même de quelle grosseur peuvent être tes logos.

«Leur seul c’est argument c’est de dire : "c’est un sport de gentilhomme", mais regardez les joueurs de la PGA. Le golf est encore plus un sport de gentilhomme que le tennis et les athlètes ont l’air de pilotes de NASCAR. Le fils de mon entraîneur, Jay Berger, est Daniel Berger, un golfeur de classe mondiale. Ils aiment tous leur organisation, ils aiment leurs dirigeants, ils sentent qu’ils sont derrière eux. On ne peut définitivement pas dire la même chose en tant que joueur de tennis.

«Je laisserais les joueurs porter des images de marque de manière illimitée. Si quelqu’un veut mettre un logo sur toi, qu’il en soit ainsi.»

Durant cette même entrevue, Opelka avait largement critiqué la gestion de l’ATP dans le dossier de la pandémie de la COVID-19.

«Ils [les dirigeants] n’auraient pas pu gérer ça d’une moins bonne façon. Nous sommes complètement laissés dans le néant, nous ne savons pas ce qui se passe, avait ajouté Opelka à l’époque. Les dirigeants n’ont même pas diminué leur salaire. Les dirigeants de la WTA l’ont fait, les filles de la WTA ont reçu des bourses pour une défaite en première ronde à Indian Wells. J’ai loué une maison très onéreuse pendant deux semaines. J’ai été dans le rouge là-bas. Je ne crois pas que ça parait bien quand les dirigeants font plus d’argent que Roger Federer avec ses bourses dans une année. Encore une fois, je ne comprends pas leur raisonnement. Nous avons été laissés dans le noir.»

Un meilleur retourneur  

Durant la pandémie, Opelka a trimé dur pour perfectionner une facette de son jeu, soit son retour de service. À presque sept pieds, Opelka possède un puissant service, mais il souhaitait passer à l’étape suivante. Il a donc travaillé en regardant Novak Djokovic.

«Je faisais mon pas de préparation beaucoup plus tôt auparavant, ce qui faisait en sorte que j’étais sur les talons, a mentionné Opelka. J’atterrissais trop rapidement et je perdais beaucoup de rythme en raison de ce petit pas. Si vous regardez présentement, je fais mon pas plus tard, plus au moment où mon adversaire frappe la balle sur son service.

«J’ai beaucoup regardé Djokovic, à quel point il coordonne son petit pas, comment il ouvre son pied. Quand les joueurs servent contre lui, que ce soit sur son coup droit ou son revers, si vous regardez une vidéo au ralenti, dès qu’il atterrit durant son pas de préparation, son pied tourne vers le service. Son premier mouvement est incroyable, sa rapidité et la précision du mouvement de son pied. Quand il retourne, il a une excellente posture et ce pas de préparation est crucial. Il le fait mieux que quiconque.»