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Football universitaire RSEQ

«Du jamais-vu dans notre ligue»

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Un camp d’entraînement amène toujours son lot de défis. Imaginez devoir en tenir un avec la moitié des joueurs qui en sont à leur première année.

C’est ce que vivent présentement la majorité des équipes de football du circuit universitaire québécois, dont les Carabins de l’Université de Montréal (UdeM).

«D’avoir la moitié de mes joueurs qui en sont à leur première année, c’est tout un défi et du jamais-vu dans notre ligue», a clamé l’entraîneur-chef des Bleus, Marco Iadeluca, rencontré après l’une des séances des siens cette semaine.

«Toutes les équipes sont un peu dans le même bateau. Depuis le début, je répète aux gars que notre défi est de savoir comment nous allons être en mesure de former une équipe rapidement. Nous avons énormément de talents individuels, mais nous devons maintenant construire le collectif.»

Rappelons que la dernière saison a été annulée en raison de la pandémie. Par conséquent, les classes des recrues de 2020 et de 2021 amorcent leur parcours en même temps.

L’apport des vétérans

Afin de construire son «collectif» rapidement, Iadeluca compte sur un groupe de vétérans n’ayant pas attendu qu’on leur demande pour passer à l’action.

«Les nouveaux ont l’air matures et déjà prêts. Je pense qu’une grosse partie du mérite revient au groupe de vétérans, a analysé le quart-arrière Dimitri Morand. Pendant le gros de la pandémie, où nous ne pouvions pas nous rencontrer, les vétérans ont pris la peine de faire plein de petits gestes pour apprendre à connaître les plus jeunes.»

Par petits gestes, Morand a expliqué que des réunions virtuelles ont été organisées par les étudiants-athlètes parallèlement à celles tenues par les entraîneurs et les préparateurs physiques. Ainsi, les nouveaux venus ont été invités à s’ouvrir à leurs nouveaux coéquipiers.

«Nous nous sommes dit que quand la saison allait arriver, qu’elle arriverait très rapidement. Il fallait trouver un moyen d’instaurer une chimie rapidement et je crois que nous avons réussi», a fièrement dit Morand.

Un privilège

Iadeluca se trouve par ailleurs très privilégié de pouvoir compter dans ses rangs des athlètes qui ont décidé de reprendre leur dernière année d’admissibilité en 2021. C’est notamment le cas des joueurs de ligne offensive Jean-Maxime Desrosier et François Bessette, ainsi que du joueur de ligne défensive Philippe Lemieux-Cardinal.

«Ce sont des gars qui en ont vu et qui en ont joué, de grosses parties dans l’uniforme des Carabins. Ils ont vu neiger. C’est réconfortant pour de jeunes joueurs d’évoluer aux côtés de vétérans comme ceux-là.»

«C’est toujours plaisant et un privilège d’avoir des gars qui ont beaucoup d’expérience», a affirmé le pilote de l’UdeM.

«Préparer les leaders de demain»

Mardi soir, au camp d’entrainement des Carabins de l’Université de Montréal, Philippe Lemieux-Cardinal a pris un petit moment pour aller discuter avec d’anciens coéquipiers venus assister à l’exercice de leur alma mater.

L’entraîneur de la ligne défensive, Gladymir Charmant, lui a alors lancé : «Hé papy! Lâche les gars de ton âge et va rejoindre les petits jeunes».

Ce nouveau sobriquet, le vétéran l’a obtenu parce qu’il est l’un des rares joueurs à avoir décidé de revenir au niveau universitaire pour disputer sa dernière année d’admissibilité, lui qui en avait été privé par la pandémie de COVID-19 en 2020.

«L’an dernier, on nous a donné l’option de repousser notre année d’admissibilité pour le repêchage de la Ligue canadienne de football (LCF) d’une saison. Niveau préparation physique, ce n’était vraiment optimal pour moi et je ne me sentais pas à l’aise de faire le saut chez les pros», a exprimé le talentueux chasseur de quarts-arrière.

«Aussi, le fait que nous avons perdu la coupe Vanier au cours de la dernière campagne m’a laissé un goût amer en bouche. Les étoiles étaient alignées pour que je revienne. C’était la bonne décision pour moi.»

Un mentor

En prenant la décision de revenir chez les Carabins, Lemieux-Cardinal voulait également redonner ce qu’il avait reçu dans ses premières années avec le club montréalais.

«Je veux jouer le rôle de mentor et inculquer les valeurs de l’équipe aux nouveaux venus. Je souhaite les aider dans leur cheminement et préparer les leaders de demain», a-t-il dit.

«Quand j’ai commencé mon parcours universitaire, nous avions Jonathan Boissonneault-Glaou qui était aussi bon sur le terrain qu’à l’extérieur. C’était mon voisin de casier et il m’a pris sous son aile. Il m’a appris à être un Carabin. Je vais pouvoir faire ça avec les jeunes cette année», a ajouté Lemieux-Cardinal, tout en vantant les mérites de son ancien coéquipier Benoît Marion à ce propos.