Omnium banque Nationale

Le triomphe d’une revenante

Jessica Lapinski

Publié | Mis à jour

Il y a huit ans, Rebecca Marino annonçait qu’elle prenait sa retraite du tennis, épuisée de la cyberintimidation dont elle était victime et souffrant de dépression. Lundi soir, à l’Omnium Banque Nationale, c’est donc une joueuse qui revenait de très loin qui a éliminé la 16e favorite, l’Américaine Madison Keys, 6-3 et 6-3.

«Cette victoire signifie beaucoup pour moi. Ce fut une longue épopée. Pas seulement de revenir au jeu, mais aussi de revenir d’une longue blessure que j’ai subie [au pied, qui l’a tenue à l’écart fin 2019 et en 2020]», s’est réjouie Marino, lundi. 

«Je vais toujours me souvenir de l’énergie de la foule. C’était électrisant», a-t-elle ajouté.

Marino a longtemps été l’un des beaux espoirs du tennis canadien. En 2011, à seulement 20 ans, elle atteignait la finale du tournoi WTA de Memphis. En juillet de la même année, elle pointait au 38e rang du classement féminin, ce qui demeure encore aujourd’hui un haut fait d’armes pour une joueuse canadienne.

Mais deux ans plus tard, son cœur n’était plus au tennis. Pour se ressourcer, l’athlète de Vancouver a donc choisi de prendre une longue pause, qu’elle qualifiait à l’époque de «retraite».

«Je suis heureuse d’avoir pris cette saison à l’époque. Ça m’a permis de redécouvrir mon amour pour le tennis. Certaines personnes n’ont pas compris à l’époque, mais je suis vraiment fière de ce que j’ai fait», a confié Marino.

ENTREVUE MARINO -

Pendant sa pause, elle a troqué la raquette pour l’aviron. Puis, il y a trois ans, elle a choisi d’effectuer un retour progressif, surtout en double. Un retour qui l’a menée, à 30 ans, à sa première victoire dans le grand tableau à Montréal.

Loin du 220e rang 

Et quelle victoire! Dans ce duel de cogneuses, Marino n’avait pas l’air d’une joueuse classée au 220e rang mondial. Ce n’était pas une mince tâche, car l’Américaine qui se dressait devant elle est une ancienne membre du top 10, finaliste à Montréal en 2016 et aux Internationaux des États-Unis en 2017.

«Je savais que ce serait un match difficile. Keys a un puissant service et un puissant coup droit, mais je savais que j’avais aussi un puissant service et un puissant coup droit. Je suis heureuse d’avoir saisi mes opportunités.»

Marino a surpris en réalisant le bris d’entrée de jeu. Un point tournant dans ce match, selon la Canadienne, qui ne croit pas qu’elle s’en serait tirée aussi facilement si l’issue du premier jeu avait été différente.

Elle s’est ensuite causé une petite frayeur en perdant son service au début de la seconde manche, mais a rapidement répliqué, avant de filer avec cette importante victoire.

Marino affrontera une autre grosse cogneuse demain : l’Espagnole Paula Badosa, 31e au monde. Elle amorcera aussi son parcours en double aux côtés de sa jeune compatriote Leylah Fernandez. La paire se mesurera à la Française Elixane Lechemia et la Britannique Ingrid Neel.