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Olympiques

J.O.: le Canadien Damian Warner rafle l'or!

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Non seulement Damian Warner est devenu le premier Canadien à récolter l’or olympique en décathlon, mais il a réussi l’exploit avec aplomb en amassant 9018 points, ce que seulement trois autres athlètes à travers le monde avaient réussi avant lui. Une autre histoire grandiose pour le Canada aux Jeux de Tokyo.

Au terme des 10 épreuves sur deux jours, Warner hérite du titre non officiel de meilleur athlète des Jeux, une mention habituellement décernée pour souligner la grande polyvalence des décathloniens.     

La performance de l’Ontarien de London est tout simplement renversante. Ses 9018 points constituent un record olympique et le cinquième meilleur résultat de l’histoire, tous événements confondus.

Au passage, il s’est offert un record du monde dans sa discipline sur 100 m (10,12 s), ainsi que des records olympiques au 100 m haies (13,46 s) et au saut en longueur (8,24 m).

«C’est fou! Lorsque j’étais en sixième année, j’ai écrit un projet pour l’école dans lequel je disais qu’un jour, je serais aux Olympiques. Qui aurait cru que je deviendrais médaillé d’or?», a-t-il réfléchi à sa sortie de piste, lors de son entrevue en zone mixte.

Trop fort 

Warner s’est positionné en tête dès la première épreuve du décathlon en établissant son record sur 100 m. Il n’a jamais cédé son avance, terminant au classement cumulatif des épreuves devant le Français Kevin Mayer (8726 points) et l’Australien Ashley Moloney (8649 points).

À l’épreuve finale du 1500 m, Warner avait pratiquement la médaille d’or en poche, à moins d’une catastrophe.

Il s’est contenté de se faufiler dans le peloton avant d’accélérer la cadence au dernier tour, dans l’espoir de terminer cinquième et de franchir la barre symbolique des 9000 points réservée aux plus grands du sport.

«En arrivant autour de 1200 m, j’étais à trois secondes du rythme que je désirais être. Je me suis dit : si tu veux tes 9000 points, c’est le temps d’y aller! J’ai tout donné ce que j’avais. Ce n’était pas beau, mais ça a fait le travail», a raconté le conquérant de 31 ans, qui est d’ailleurs devenu le médaillé d’or le plus âgé de l’histoire des Jeux en décathlon.

Son rival Kevin Mayer, qui détient le record du monde en décathlon avec 9126 points, en 2018, a tenu à rendre hommage au Canadien.

«Depuis 10 ans, je me dis qu’il peut gagner à chaque grand événement. Il l’a fait aujourd’hui et je suis fier de lui», l’a-t-il encensé.

De la patience 

Rien ne prédestinait Warner à un tel sort. Ayant grandi dans un quartier dur de London, il errait sans but à son école secondaire lorsque deux enseignants (Dennis Neilsen et Gar Leyshon), qui sont devenus par la suite ses entraîneurs, l’ont remarqué.

Il a d’abord été recruté sur l’équipe de basketball avant de découvrir l’athlétisme.

En 2012, Warner avait étonné avec une cinquième place aux Jeux de Londres, avant de faire encore mieux en 2016 à Rio avec le bronze.

Mais autant aux Jeux qu’aux championnats du monde, l’or continuait de lui échapper jusqu’à Tokyo.

«Le fait d’être ici, de remporter l’or et d’inscrire 9000 points, je ne pourrais rien demander de plus», a résumé le nouveau chouchou olympique.

Warner devient le seul décathlonien au Canada à avoir remporté deux médailles olympiques.

Un autre Canadien, Pierce LePage, de Whitby, a bouclé la compétition au cinquième rang avec un record personnel de 8604 points à sa première présence aux Jeux. 

  • Avant Warner en 2016 et jeudi, l’unique médaillé canadien en décathlon avait été David Steen, qui avait obtenu le bronze, à Séoul en 1988.

L’ÉPREUVE DE TOUTES LES ÉPREUVES

Le décathlon est considéré comme la compétition la plus exigeante des Jeux et pourtant, trop de gens ignorent l’effort surhumain que cet événement exige. Les 10 épreuves, tenues sur deux jours seulement, révèlent des athlètes d’exception parmi lesquels Damian Warner s’est avéré le roi de la montagne.

Cette discipline regroupe 10 épreuves d’athlétisme, soit quatre de course, trois de sauts et trois de lancers. Chaque performance amène un certain nombre de points selon un barème officiel par épreuve. Le classement final est déterminé par le cumulatif des points pour chaque décathlonien.

Le premier jour, les participants se soumettent au 100 m, au saut en longueur, au lancer du poids, au saut en hauteur et au 400 m.

Le deuxième jour est consacré au 110 m haies, au lancer du disque, au saut à la perche, au lancer du javelot et au 1500 m, qui prend des airs de véritable séance de torture après tant d’efforts accumulés.

Le vainqueur n’est donc pas spécialisé dans une discipline, mais doit exceller dans chacune d’entre elles.

Riche histoire

C’est en 1901 que la discipline a été approuvée par le CIO. Les premières épreuves olympiques ont eu lieu en 1904, à Saint-Louis, mais c’est seulement en 1912 que le décathlon a été incorporé officiellement aux Jeux, à Stockholm.

Le décathlon a été traditionnellement pratiqué par les hommes. Depuis 2004, certaines compétitions de décathlon sont toutefois sanctionnées par la Fédération internationale d’athlétisme. Les dames pratiquent plutôt l’heptathlon dans les grands rendez-vous internationaux, soit une compétition combinant sept épreuves.

Le souvenir de Jenner

Pour les Québécois qui ont vécu les Jeux olympiques de Montréal, le décathlon est encore associé à la performance de l’athlète américain Bruce Jenner, en 1976.

Jenner avait décroché la médaille d’or en établissant un record du monde avec 8618 points. Il était à cette époque un décathlonien invincible, avec un troisième record mondial en un an et demi.

En 2015, Jenner a fait la manchette en annonçant un changement de sexe. Femme trans, elle est maintenant connue sous le prénom de Caitlyn.