Eskimos c. Alouettes

Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Alouettes de Montréal

William Stanback a retrouvé sa deuxième famille

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Marqué par le décès de ses deux parents, à neuf jours d’intervalle, l’an dernier, le porteur de ballon William Stanback avait besoin de retrouver un esprit de famille, d’où son retour avec les Alouettes de Montréal cette saison.

«William, c’est comme mon fils. S’il m’appelle et qu’il est dans le trouble, je vais y aller», a témoigné le Québécois André Bolduc, l’entraîneur des demis chez les Alouettes, jeudi, lors d’une visioconférence tenue en marge du camp d’entraînement.

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La tragédie est survenue il y a un peu moins d’un an. Le père de l’athlète, William Sr., a succombé à un cancer de la vessie, le 21 juillet 2020. Neuf jours plus tard, soit le 30 juillet, sa maman Patricia rendait l’âme après avoir été victime d’une crise cardiaque.

«Ç’a été difficile, a évidemment reconnu jeudi l’Américain de 27 ans, qui avait d’ailleurs dû rater une partie du camp d’entraînement des Raiders de Las Vegas, dans la NFL, pour s’occuper des funérailles de ses parents. Aujourd’hui, je suis heureux d’être de retour avec les Alouettes. Je suis là où je voulais être.»

«Des liens incroyables»

Pendant cette période difficile, Bolduc fait partie de ceux qui ont appelé et échangé des messages-textes pour soutenir Stanback dans cette terrible épreuve.

«Ces gars-là deviennent comme mes amis, a confié l’entraîneur à propos de la relation qu’il établit avec ses joueurs. On crée des liens incroyables. C’est difficilement explicable.»

Bolduc était aussi là quand, le 23 août, les Raiders ont choisi de libérer Stanback. Les Alouettes allaient éventuellement lui soumettre un contrat de deux ans, à la mi-décembre, soit une dizaine de jours avant Noël.

«William, c’est un bon gars, un bon kid, a poursuivi le Québécois. Il a vécu beaucoup de choses et c’est bon pour lui de revenir dans un environnement familial, ce que l’entraîneur-chef Khari Jones peut offrir.»

Être là pour lui...

Durant son premier séjour avec les Alouettes, en 2018 et 2019, Stanback avait déjà créé des liens forts avec coéquipiers et entraîneurs. Ça peut paraître cliché, mais un club sportif devient pour un athlète une deuxième famille. On le constate pleinement avec l’exemple de Stanback, également appuyé par Jones, qui portait le titre de coordonnateur offensif aux débuts du joueur à Montréal.

«C’est dévastateur, ce que William a vécu, et la chose principale était qu’il sache que nous sommes là pour lui, a dit Jones. Nous sommes des partenaires, nous formons une famille.»

Un premier match émotif

Pour le soutenir et l’encourager, Stanback compte également sur sa conjointe et leurs deux enfants, un garçon prénommé Kingston Elia,s de même que la petite dernière, Charli Anne, née au cours de la dernière année. Sa femme était effectivement enceinte au moment de la tragédie.

«Je serai certainement émotif au cours du premier match alors que ce sera une première partie sans mes parents, a projeté Stanback, en vue du 14 août prochain contre les Elks, à Edmonton. Mon père adorait me voir jouer au football, ma mère aussi.»

Objectif: 1000 verges et plus...

De retour avec les Alouettes après une dernière année bouleversante, William Stanback n’entend pas moins en mettre plein la vue sur le terrain au cours de la prochaine saison.

«J’y vais pour franchir les 1000 verges et un peu plus», a affirmé le demi offensif, jeudi, en visioconférence.

Il s’agit là d’un objectif tout à fait réaliste pour Stanback qui, en 2019, avait totalisé 1048 verges de gains au sol en 14 matchs dans l’uniforme des Moineaux. Le porteur de ballon avait profité d’un match devant ses partisans, au Stade Percival-Molson, pour atteindre le plateau des 1000 verges, le 18 octobre 2019, dans une victoire de 27 à 24 contre les Argonauts de Toronto. Il était devenu le premier porteur de ballon des Alouettes à accomplir ce fait d’armes depuis Tyrell Sutton, en 2015.

«Je suis maintenant plus patient derrière la ligne de mêlée, a par ailleurs dit Stanback, qui indique avoir beaucoup appris durant son séjour dans l’entourage des Raiders de Las Vegas, dans la NFL, en 2020. Cela me permet de bien lire les blocs. Comparativement à il y a quelques années, c’est comme si le jeu avait ralenti devant moi.»

«Je suis satisfait de ce que j’ai fait sur le terrain, a par ailleurs noté l’athlète américain à propos de son passage avec les Raiders, qui l’avaient libéré au mois d’août 2020. Ç’a été une expérience fantastique, l’aventure d’une vie, mais il y a des choses qu’on ne contrôle pas.»

Un meneur dans le vestiaire

Le Québécois André Bolduc, entraîneur des demis chez les Alouettes, s’attend évidemment à voir Stanback bien faire pendant la prochaine saison. Au-delà de ses capacités à porter le ballon, il croit par ailleurs que celui-ci fera partie des bons vétérans dans l’équipe.

«On s’attend à un rôle différent pour lui, au niveau du leadership dans le vestiaire, a noté Bolduc. On veut aussi qu’il donne l’exemple, et ce, à l’entraînement, pas juste lors des matchs.»

Stanback dépasse les attentes depuis le début du camp d’entraînement, si bien que l’entraîneur précise qu’il doit le retenir.

«Je tiens le harnais, a-t-il imagé. Il est comme un cheval qui veut partir trop vite.»

En plus de Stanback, les Américains Cameron Artis-Payne et Anthony Jones comptent parmi les autres porteurs de ballon au camp des Alouettes. Le Canadien Jeshrun Antwi fait aussi partie du lot, mais il risque plutôt d’être employé sur les unités spéciales.