Euro 2020

La vision qui a sauvé l'Italie

La vision qui a sauvé l'Italie

Patrice Bernier

Publié 14 juillet
Mis à jour 14 juillet

L’Euro 2020 est maintenant chose du passé et c’est l’Italie qui, au final, a pu lever à bout de bras le précieux trophée réservé au vainqueur de la compétition. Cet «Euro Trip» de 51 matchs, disputés dans 11 villes, a ainsi couronné la Squadra Azzurra au terme d’un tournoi haut en couleur.

La victoire des Italiens en tirs de barrage marquait la septième rencontre de la compétition ayant besoin de plus que les 90 minutes réglementaires, signe d’un tournoi relevé et serré. De plus, jamais dans l’histoire de l’Euro plus de buts n’auront été marqués, avec total de 142, pour une moyenne de 2,72 réalisations par match, au terme des 4800 minutes jouées.

Ainsi, l’Italie a réalisé un sans-faute avec 10 victoires lors de la phase qualificative et six gains lors du tournoi. Mais elle revient de très loin après avoir frappé un mur en 2018 en étant exclue de la Coupe du monde. Elle s’est relevée des bas-fonds grâce à une exécution sans faille des joueurs et la vision d’un homme pour faire évoluer une mentalité.

Cet homme, c’est Roberto Mancini, le sélectionneur italien qui a relevé le défi de transformer une sélection avec un ADN défensif en équipe portée vers l’avant. Mancini, alors avec la Sampdoria de Gênes, s’est servi de son échec en 1992 à Wembley, en finale de la Ligue des champions, pour relancer une Squadra Azzurra désuète en compagnie de son personnel technique, également des anciens de Gênes. Mancini a réussi à transposer une vision manifestement plus collective et offensive comparativement à une solidité et une rigueur défensive qui était la marque de commerce de l’Italie par le passé.

Et il faut donner crédit au sélectionneur italien qui a utilisé la presque totalité de son effectif, signe que la collectivité était au rendez-vous. Et ce n’est pas banal que les équipes qui ont réussi à se rendre loin dans le tournoi aient également employé la même tactique.

Le côté sombre de l'Euro   

Toutefois, il y a un côté sombre à cette finale. Les trois jeunes joueurs de l’Angleterre qui ont raté leur penalty ont été victimes d’attaques discriminatoires et racistes. Et déjà avant le match, c’était désolant de constater qu’il y avait déjà un peu de grabuge de partisans anglais qui tentaient de forcer leur entrée dans un stade déjà bondé à capacité maximale. Puis, à la fin du duel, on a vu des images de partisans anglais s’en prendre à des fans italiens.

Même si la frustration et la colère des partisans anglais étaient palpables, il ne faut pas oublier que l’Angleterre a terminé quatrième de la dernière Coupe du monde en 2018, troisième de la Ligue des nations en 2019 et maintenant deuxième de l’Euro 2020. Il y a du positif à tirer. Mais au lieu de ça, on s’attarde sur Saka, Sancho et Rashford.

Et ça me désole de remarquer qu’on n’est pas très rapide sur les réseaux sociaux à bloquer et condamner ces attaques virulentes et vicieuses pour des athlètes qui n’étaient là que pour faire leur boulot.

En terminant, je vous présente mon XI du tournoi, donc le meilleur gardien ainsi que les défenseurs (3), milieux de terrain (4) et attaquants (3) qui se sont le plus illustrés. Vous pouvez écouter mes explications dans la vidéo ci-dessus.

Miller, une bonne affaire   

Un dernier mot pour souligner le nouveau contrat qu’a obtenu le jeune défenseur canadien Kamal Miller avec le CF Montréal. Il s’agit là d’une bonne affaire et je ne serais pas surpris de le voir, d’ici un an ou deux, être transféré dans un autre championnat, européen fort probablement.