Séries de la LNH

Le Lightning veut finir le travail à Montréal

Jonathan Bernier

Publié | Mis à jour

Vous vous souvenez de votre dernier jour à l’école secondaire? Celui au terme duquel votre groupe d’amis des cinq années précédentes éclatait pour prendre des directions différentes? 

C’est un peu ce que s’apprêtent à vivre les joueurs du Lightning de Tampa Bay.

Ci-dessus, voyez les points de presse du Lightning la veille du match no 4.  

Qu’elle remporte la coupe Stanley pour une deuxième année de suite ou qu’elle se fasse surprendre par une remontée du Canadien de Montréal, la formation floridienne devra faire des choix au cours de l’entre-saison.

En raison de l’opération subie par Nikita Kucherov, l’hiver dernier, Julien Brisebois a pu se soustraire à ces décisions déchirantes, même s’il a dû placer le nom de Tyler Johnson au ballottage. Toutefois, le directeur général québécois n’aura pas toujours cette «chance».

«On ignore à quoi va ressembler notre équipe l’an prochain. Est-ce qu’on sera encore tous ensemble, a lancé Jon Cooper, bien au fait de la réponse. Les gars sont conscients de ce qu’ils auront l’occasion d’accomplir en signant une autre victoire.»

C’était vendredi, au terme de la troisième victoire du Lightning. Deux jours plus tard, Steven Stamkos a abondé dans le même sens, prouvant cet état d’esprit est bel et bien présent dans le vestiaire de l’équipe.

«On n’a pas besoin d’en parler, on comprend la situation. À l’ère du plafond salarial, on ne jouera probablement plus ensemble l’an prochain», a indiqué le capitaine du Lightning.

Une dynastie? 

Cette dernière journée d’école pourrait être couronnée d’un grand bal pour les joueurs du Lightning. En remportant une deuxième coupe Stanley consécutive, l’organisation pour flirter avec l’étiquette de dynastie. Un diplôme qu’ils pourront tous se vanter de détenir. Autant ceux qui resteront que ceux qui devront s’exiler.

«Dans plusieurs années, quand les gens vont regarder derrière et qu’ils parleront des grandes équipes, j’espère que le Lightning de Tampa Bay sera mentionné dans ce groupe avec les Chicago, Los Angeles et Pittsburgh», a espéré Cooper.

«Gagner plusieurs titres, c’est grandiose pour une organisation. Ça démontre que les valeurs qu’elles véhiculent sont récompensées. Mais, il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’y arriver», a ajouté l’entraîneur, cachant difficilement son excitation.

Cela dit, Cooper est au fait du danger qui guette sa troupe, même s’il faudra un miracle pour que le vent change de côté. En avant trois victoires à une, l’automne dernier en grande finale, le Lightning avait dû retarder ses festivités en raison d’une victoire des Stars de Dallas, en prolongation lors du cinquième match.

«L’an dernier, on avait eu l’occasion d’éliminer les Islanders de New York une première fois (en finale de l’Est), on ne l’a pas fait. Ce fut la même chose avec les Stars en finale. Ça ne garantit en rien le résultat du match de [lundi soir], mais nos joueurs ont appris de ces expériences. Ils approchent ce genre de matchs d’une façon différente», a assuré Cooper.

D’ailleurs, cela n’a pas empêché les Islanders de survivre un match de plus, il y a quelques semaines, en provoquant la tenue d’un septième match grâce à un gain en prolongation.

Le moment présent 

L’an dernier, le Lightning a soulevé la coupe Stanley dans la bulle d’Edmonton, devant des gradins vides. Cette année, ils pourraient le faire devant 3500 spectateurs au Centre Bell, dont quelques dizaines seront assurément de leur côté.

Yanni Gourde a confirmé que des membres de sa famille seront sur place dans l’espoir de le voir vivre un moment spécial. Conscient de cette possibilité, le patineur de St-Narcisse a refusé de s’emballer devant cette perspective.

«Ça ne change pas mon approche pour le match. Je vais être concentré sur ma première présence. Tout part de là. Quand tu penses trop loin, tu oublies ce que tu dois faire pour bien jouer. Au lieu d’attaquer la "game", tu te défends», a-t-il expliqué.

On a eu beau tenter de lui tirer les vers du nez, de lui sortir un peu d’émotions, rien n’y fit. Gourde est demeuré de glace.

«Oui, je suis excité, mais je ne veux pas voir plus loin que le début du match. Je suis désolé d’être plate dans mes réponses, mais je pense que c’est la meilleure approche», a-t-il soutenu.