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Euro 2020

Dolberg et Schick font taire les sceptiques

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Trop irrégulier, trop fragile... Patrik Schick et Kasper Dolberg entendent les mêmes reproches depuis leurs débuts, mais ils ont pris du galon à l'Euro, où leur duel promet pour le quart de finale République tchèque-Danemark, samedi à Bakou.

« Incroyable » Schick

Un joueur qui se prête aussi facilement aux jeux de mots ne peut pas être mauvais. Buteur chic, avec son lob de 49 m contre l'Écosse, il en est déjà à 4 buts dans le tournoi, lointain écho du Milan Baros meilleur buteur de l'Euro-2004 (5 buts), où les Tchèques étaient allés en demies.

« C'est un joueur incroyable et ce ne sont pas les derniers buts qu'il va marquer ici », avait prédit Jaroslav Silhavy après le doublé contre l'Écosse.

Trois mois plus tôt, le sélectionneur était furieux contre Schick (25 ans), bêtement exclu pour un coup à Tyler Robert, entraînant une défaite au pays de Galles (1-0), en qualifications au Mondial-2022. Et les critiques sur son inconstance avaient refleuri...

Car avant cet été où il crève l'écran, et guide même sa sélection, avec 4 de ses 5 buts, il a souvent refroidi les espoirs nés de quelques gestes fabuleux, comme un but en jongles avec la Sampdoria en 2017, face à Crotone.

Schick tape dans l'œil de la Juventus, mais une très légère anomalie dans ses examens cardiaques conduit à l'annulation du transfert.

L'AS Rome mise la plus grosse somme de son histoire (40 millions d'euros) sur lui, mais il ne marque que 8 buts en 58 matches et deux saisons, sans jamais se départir de cette image de joueur élégant, mais décevant.

Schick se relance au RB Leipzig puis au Bayer Leverkusen, marque plus qu'à la Roma, mais pas assez pour un buteur (23 buts en 64 matches) et reste cet espoir jamais vraiment épanoui, qui a connu quatre clubs en cinq ans.

« Difficile de dire combien d'anciens coéquipiers je vais croiser à l'Euro, mais ce sera beaucoup », rigole-t-il avant de jouer contre Yussuf Poulsen, croisé à Leipzig..

De nombreuses petites blessures ont aussi freiné sa progression, mais avec la sélection il fait preuve de sa plus grande régularité, avec 15 buts en 30 matches. Les Danois sont prévenus.

« Iceberg » Dolberg

Dolberg n'est pas mal pour les jeux de mots non plus. Les supporters Niçois peuvent l'appeler « Kasper le fantôme » quand il disparaît un peu trop longtemps des tableaux d'affichage.

Et c'est arrivé en deux saisons. Comme Schick, le Danois (28 sélections, 9 buts), lui aussi plus gros transfert d'un club (20,5 millions d'euros pour passer de l'Ajax à Nice), peut briller par ses absences.

Après une première saison niçoise correcte, avec 11 buts en 23 matches, dont quelques-uns très importants, notamment le doublé dans le derby contre Monaco (2-1) décisif pour l'Europe, Dolberg a vécu un deuxième exercice plus pâle.

On peut même parler d'une saison galère: cambriolé, blessé à la cheville, à la hanche puis aux adducteurs, touché par le Covid-19 à deux reprises et même victime d'une crise d'appendicite!

« C'est humain de douter quand on traverse de telles épreuves. On en vient à penser que le monde entier est contre soi », lâchait-il.

Au final, 25 matches de L1, 6 buts, 2 passes décisives, un peu maigre pour « Iceberg », son surnom depuis l'Ajax.

« Kasper est très éloigné de l'image renvoyée au public », raconte l'Autrichien Flavius Daniliuc, un de ses proches du vestiaire de Nice. « Il est aussi très fort mentalement. Il a traversé de sacrées galères ».

Dolberg (23 ans), 2 buts à l'Euro, a moins brillé que Schick, il a signé un doublé contre le pays de Galles (4-0) en 8e de finale mais aussi un gros raté contre la Russie (4-1).

Mais il en a peut-être gardé sous le pied. « Il a cette capacité à rester dans le match, même avec peu de ballons, toujours calme et lucide », note Dante, le capitaine niçois. « A l'arrivée, il marque ses buts, tranquille comme dans son jardin et puis rentre chez lui, normal ».

Qui rentrera le plus heureux de Bakou, la « République Schick » ou le « Dolbergmark » ?