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Euro 2020

Euro 2020: l'Angleterre se paie l'Allemagne

Publié | Mis à jour

La route de l’Angleterre va se poursuivre à l’Euro grâce à une victoire de 2 à 0 durement obtenue contre l’Allemagne dans un stade Wembley de Londres survolté, mardi.

Les Anglais ont mis du temps avant de soulager leurs partisans puisqu’ils ont inscrit leurs deux buts dans le dernier quart d’heure de jeu.

Luke Shaw a repéré Raheem Sterling dans la surface et lui a refilé le ballon, que celui-ci a poussé du bout du pied pour inscrire son troisième du tournoi à la 75e minute sur le premier tir cadré anglais de la demie. Il était alors l’auteur de tous les buts de son équipe jusque là.

Puis, six minutes plus tard, Shaw a intercepté un ballon allemand en milieu de terrain et a remonté pour trouver Jack Grealish sur la gauche; ce dernier a centré pour Harry Kane, qui n’a pas raté sa tête pour enfin se délivrer et ouvrir son compteur.

Les Anglais n’ont toujours pas accordé de but en quatre rencontres et ils ont maintenant rendez-vous avec l’Ukraine en quart de finale samedi.

Première

Le sélectionneur anglais, Gareth Southgate, affichait un large sourire en conférence de presse, et pour cause.

«C’est une énorme victoire, a-t-il commencé. L’Angleterre n’avait pas été en mesure de battre l’Allemagne dans un match à élimination directe depuis la finale [de la Coupe du monde] ici en 1966.

«Nous n’avons pas été en mesure de faire une demi-finale suivie d’un quart de finale [dans des tournois successifs] depuis 1968, alors ces joueurs continuent de réécrire l’histoire et ils ont une autre chance de le faire puisque nous avons atteint la demi-finale du championnat européen seulement une fois», a poursuivi Southgate.

Le gros du travail reste à faire pour les Anglais. Tout le pays espère les voir gagner, ce qu’ils n’ont pas fait depuis la fameuse Coupe du monde de 1966.

«C’est un moment dangereux avec les sentiments qui animent le pays, a reconnu Southgate. Nous savons que le défi qui nous attend est immense.»

Des regrets

Les Allemands vont certainement nourrir des regrets en repensant à ce match qu’ils avaient en main. Kai Havertz avait un but au bout du pied, mais Jordan Pickford a étiré le bras gauche.

Le vétéran Thomas Muller, blanchi en trois éditions de l’Euro, avait le but égalisateur au bout du pied quand il s’est échappé entre le but de Sterling et celui de Kane, mais il a trop croisé sa frappe et a raté la cible de peu.

Cette défaite allemande conteste également l’idée que le groupe F portait bien son nom de «groupe de la mort», car les trois équipes qui ont participé aux huitièmes de finale ont été éliminées, le Portugal tombant aux mains de la Belgique et la France s’inclinant face à la Suisse.

«C’est une énorme déception pour nous parce que nous voulions en faire beaucoup plus dans ce tournoi. C’est le genre de match où il faut profiter du peu de chances qu’on a.»

«Nous avons eu l’occasion de battre une équipe très forte, a ajouté le gardien Manuel Neuer. Nous avons échoué et sommes très déçus.»

Cette équipe aura un peu moins d’un an et demi avant la prochaine Coupe du monde pour se réinventer et trouver des solutions, mais le sélectionneur Joachim Low est optimiste dans une optique à plus long terme.

«Certains de ces joueurs seront à leur meilleur lors de l’Euro 2024. Ils seront plus matures, plus expérimentés et plus impitoyables.»

Départ

Mais ce n’est pas Lowe qui sera à la barre de l’équipe aux prochains tournois, parce qu’il tire sa révérence après 15 ans.

«Après 15 ans à ce poste et toutes les responsabilités que ça implique, prendre une pause est nécessaire. Il viendra un temps où j’aurai l’énergie pour réaliser autre chose, mais pour le moment je n’ai pas de plans concrets.»

Fin de match dramatique

Dans le dernier match des huitièmes de finale, on a fait durer le plaisir jusqu’à la fin et l’Ukraine a marqué dans les arrêts de jeu de la prolongation (120 +1) pour se sauver avec une victoire de 2 à 1 contre la Suède, à Glasgow.

Solides défensivement depuis le début de la compétition, les Suédois ont eu un petit moment de flottement, et Artem Dovbyk en a profité pour se glisser entre les deux arrières centraux pour marquer d’une tête plongeante.

Les Ukrainiens avaient ouvert la marque sur un but d’Oleksandr Zinchenko (207e) et la Suède avait égalé la marque par l’entremise d’Emil Forsberg juste avant la fin de la première demie (43e).

Ne pas perdre

Plus la rencontre avançait, et même avant les prolongations, plus il était évident que les deux équipes faisaient tout en leur pouvoir pour ne pas perdre, ce qu’a confirmé l’entraîneur-chef ukrainien, Andriy Shevchenko.

«Les deux équipes ont très bien joué, aucune d’elles ne voulait perdre et c’est pourquoi nous avons eu cette fin dramatique.»

Puis il s’est permis une phrase qui semblait tout droit sortie de l’époque soviétique de l’Ukraine.

«Avec cette performance et notre dévouement, l’équipe a mérité l’amour de tout le pays.»

Dur

Dans le camp suédois, on digérait mal la défaite après avoir terminé au premier rang d’un groupe difficile dans la phase précédente.

«C’est dur, a admis le milieu Emil Forsberg. Je crois que nous avons été la meilleure équipe. Nous méritions mieux que ça.» Les Suédois ont joué les vingt dernières minutes avec un homme en moins en raison d’un carton rouge et ç’a paru.

«C’est difficile de jouer en désavantage numérique en prolongation. Nous nous sommes battus en équipe en refusant d’abandonner», a insisté Forsberg.

Le héros du jour

Artem Dovbyk

L’Ukraine et la Suède étaient dans les arrêts de jeu de la prolongation et se dirigeaient vers une séance de tirs au but quand il est apparu de nulle part pour piquer une tête vers le filet suédois qui a permis à son équipe de passer en quart de finale.