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«Dalko», l’homme à la meilleure balle rapide

«Dalko», l’homme à la meilleure balle rapide

François Paquet

Publié 28 juin
Mis à jour 28 juin

J’aime beaucoup les biographies sportives. Que ce soit en livre papier ou audio, j’aime connaître l’histoire des anciens joueurs professionnels. Évidemment, la plupart des livres parlent de grandes vedettes et de joueurs qui ont transcendé leur sport. Mais parfois, on tombe sur des petits bijoux, comme l’histoire de Steve Dalkowski.

Sans avoir de preuves irréfutables, Steve Dalkowski est considéré comme le lanceur ayant eu la meilleure balle rapide du baseball professionnel. Selon la légende et les différentes recherches qui ont été effectuées, la balle rapide de «Dalko» aurait touché 108 milles à l’heure. Mais ce qui rend l’histoire encore plus folle, c’est que non seulement Dalkowski était un alcoolique, mais il n’avait pratiquement aucun contrôle sur ses lancers. Les chiffres qu’il a mis au tableau ne seront probablement jamais égalés.

Steve Dalkowski est né à New Britain au Connecticut en 1939. Dès son adolescence, il est devenu une attraction pour tous les amateurs de baseball des environs en raison de la qualité de son bras. Non seulement il y avait plus de spectateurs quand c’était lui sur la butte, mais il y avait aussi beaucoup plus de dépisteurs. Et après avoir consulté les offres de plusieurs équipes, Dalkowski a accepté l’offre des Orioles de Baltimore. Et c’est là que commence une longue histoire de hauts et surtout de bas pour celui que plusieurs surnommaient Dalko.

Il faut dire que la légende de Steve Dalkowski dépassait largement le terrain, en raison de ses abus. Reconnu comme un alcoolique, il arrivait régulièrement que les coéquipiers et entraîneurs de Dalko aient à le ramener à son appartement aux petites heures de la nuit. Parfois à se chamailler dans un bar, parfois au poste de police, mais tout le temps en état d’ébriété. Il faut comprendre que Dalkowski n’était pas une mauvaise personne, mais simplement quelqu’un qui aimait le baseball et bien s’amuser. Mais le problème c’est qu’il n’y avait jamais de limite à la fête et aux beuveries.

Même s’il n’était pas quelqu'un de nécessairement costaud à 5 pi 11 po et 175 lb, Steve Dlakowski était avantagé par le fait qu’il possédait une balle rapide du tonnerre, mais aussi par le fait qu’il était lanceur gaucher, une denrée rare dans le monde du baseball. À partir du moment où il a commencé sa carrière pro en 1957, tout le monde était convaincu qu’il ne pouvait pas rater son coup, mais à une condition, c’est qu’il trouve une façon de placer plus de lancers au-dessus du marbre. Au fil de sa carrière, Dalko a côtoyé des dizaines de gérants, d’instructeurs de lanceurs et de spécialistes du baseball qui ont tenté de l’aider physiquement et mentalement pour l’aider à lancer plus de prises. Et malgré toutes sortes de techniques et de conseils, personne n’a jamais vraiment réussi à régler le problème. Alors chaque match sur la butte était une aventure.

Pourtant sur les lignes de côté, tout se passait bien. Il lançait des prises et le sifflement de sa rapide faisait tourner les têtes et frémir l’adversaire. Mais dès qu’un frappeur se pointait dans le rectangle, les problèmes commençaient. Lancer dans le grillage, buts sur balles, mauvais lancers et quelques frappeurs atteints. Dalkowski a avoué après sa carrière que c’est le stress qui a mené à sa perte sur la butte. Il était devenu une espèce de bête de cirque que les amateurs venaient voir, pour le meilleur ou pour le pire. Comme ce mémorable match sans points ni coup sur, alors qu’il avait réalisé 18 retraits au bâton et accordé autant de buts sur balles!!! En 1962, alors qu’il jouait pour la formation de Stockton dans la classe C, il a maintenu un dossier peu reluisant de 7-15 avec une moyenne de points mérités à 5,15. Mais le plus fascinant, c’est qu’en 170 manches de travail, il avait retiré un incroyable total de 262 retraits au bâton, tout en concédant... 262 buts sur balles! Ayoye!

Cette saison représente un peu la carrière de Dalkowski. En neuf saisons dans les mineures, il a conservé un dossier de 46-80 et une moyenne à 5,28. Si ces statistiques sont peu impressionnantes, elle reste tout simplement hors du commun pour le reste puisqu’en 956 manches lancées, il a réussi plus de 1300 retraits au bâton, mais aussi accordé 1256 buts sur balles!

Malgré tous ses problèmes, Dalkowski est venu bien près de percer la formation des Orioles au début des années 60. Mais une blessure au coude droit a changé le cours de sa carrière et de sa vie. Et évidemment, les diagnostics précis et les opérations de type Tommy John n’existaient pas à cette époque. Il a donc continué sa carrière dans la douleur et sa consommation d’alcool a augmenté et la spirale vers le bas a commencé.

Lorsque sa carrière a pris fin au milieu des années 60, Dalkowski n’avait que 26 ans. Incapable de trouver une autre passion dans sa vie, il n’a jamais été en mesure de trouver le bonheur autrement que dans la boisson. Passant sa vie d’un petit travail à l’autre, il n’a jamais été capable de se mettre de l’argent de côté et de se trouver une place dans la société. L’histoire nous dit que dans ses dernières années de sa vie, il vivait pratiquement comme un itinérant.

Steve Dalkowski est décédé en avril 2020 à l’âge de 80 ans après avoir contracté la COVID. Il laisse derrière lui toutes sortes de légendes, comme cette fois où il avait défoncé le grillage derrière le receveur avec sa rapide. Ou cette autre histoire selon laquelle il avait arraché l’oreille d’un joueur avec une rapide égarée. Toutes des histoires avec une part de vérité, mais grandement exagérées avec le temps. Mais comme les histoires ont survécu avec le temps, Dalko a inspiré l’histoire du personnage Nuke Laloosh dans le film Bull Durham, ce jeune lanceur au grand potentiel, incapable de lancer une prise, et incarné par Tim Robbins. La différence c’est que contrairement à Laloosh, Dalko n’aura jamais trouvé la bonne personne pour l’aider à lancer des prises et à atteindre son rêve de jouer dans les majeures.

Je vous invite fortement à lire Dalko : The Untold Story of baseball’s fastest pitcher et aussi à consulter ses incroyables statistiques sur le site de baseball-reference. Bonne lecture.