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Séries de la LNH

«Honnêtement, c’est très gros»

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Plusieurs prétendent que la coupe Stanley se veut le trophée le plus difficile à remporter dans le monde du sport professionnel. Le chemin vers sa conquête est parsemé d’embûches et de quatre rivaux visant le même objectif. Mais une fois soulevée fièrement, elle est si envoûtante que les champions sont prêts à tout pour emprunter le même chemin.

C’est exactement le cas dans le vestiaire du Lightning de Tampa Bay. 

Exactement neuf mois après avoir soulevé la coupe au Rogers Place d’Edmonton en septembre dernier, au terme de 65 jours à vivre dans les «villes-bulles», la formation floridienne se retrouve à quatre gains d’un second rêve. Cette fois, les joueurs le vivraient avec leurs proches, devant leurs partisans.

Selon ses principaux artisans, les succès de l’équipe s’expliquent par le désir de vaincre, les leçons du passé et la culture dans le vestiaire.

Ce ne sont que quelques raisons d’une longue liste, car sur la glace, le Lightning porte bien son nom.

Véritable puissance offensive, sa production vient des quatre trios, comme l’ont signalé plusieurs joueurs dans les points de presse virtuels de dimanche après-midi.

La brigade défensive, guidée par Victor Hedman, est étanche devant la muraille Andrei Vasilevskiy, maintenant reconnu comme le meilleur gardien au monde.

Dans ce duel devant les filets, le Russe se frottera à celui qui portait cette couronne jusqu’à tout récemment, Carey Price.

Cependant, dans la LNH, défendre son titre n’est pas une mince tâche. Depuis 1990, deux franchises ont réussi l’exploit : les Penguins de 1992, les Red Wings de 1998... et les Penguins de 2017.

«Nous utilisons notre expérience vécue dans les séries éliminatoires de 2020 pour réaliser un autre rêve. Nous avions vécu une histoire formidable. C’est difficile de gagner cette coupe, mais une fois qu’on l’a déjà fait, on ne peut que la désirer à nouveau, a relaté le capitaine Steven Stamkos. C’était notre objectif toute la saison. Nous sommes en position pour répéter notre scénario.»

«Le travail n’est pas encore terminé, a-t-il ensuite précisé. Mais d’essayer à nouveau avec ce groupe, c’est très particulier.»

Le noyau du groupe est demeuré quasi intact. Les leaders ont tout de même accueilli de nouveaux visages dans la famille.

«C’est une mentalité de famille. On travaille tous pour chacun d’entre nous», a noté Patrick Maroon, qui participe à une troisième finale de la Coupe Stanley de suite après l’avoir remportée avec les Blues et le Lightning. «Une bonne chimie dans le vestiaire mène à de bonnes choses sur la glace.»

Bagages forts utiles 

Dans les nombreuses déceptions des dernières années, les joueurs du Lightning ont appris des leçons pour l’avenir. En fait, ils les ont observées en rétrospective.

Finalistes de la Coupe Stanley au printemps 2015, après avoir rencontré le Canadien sur leur passage au deuxième tour, ils s’étaient inclinés face aux Blackhawks de Chicago en six matchs.

L’année suivante, ils avaient plié en demi-finale, en sept matchs, devant les Penguins de Pittsburgh, lesquels avaient ensuite remporté la coupe.

En 2018, encore en demi-finale, ils avaient subi l’élimination à l’issue du match ultime contre les Capitals de Washington, aussi champions de la coupe ensuite.

Et en 2019, une surprenante sortie très hâtive avait sonné les cloches : les Blue Jackets avaient balayé la série de premier tour.

Cette troisième présence en finale en six ans prouve que les expériences du passé ont porté leurs fruits.

«Nous avons appris une tonne de choses», a lancé Alex Killorn, troisième pointeur des séries éliminatoires en vertu de ses huit buts et neuf aides. «On a gagné et perdu dans plusieurs contextes, dont des matchs cruciaux. On sait que ça ne peut pas toujours aller dans le bon sens. C’est un cliché, mais c’est tellement vrai : quand on gagne une coupe, on en veut une autre.»

Moment unique 

Pour les nombreux Québécois de l’alignement du Lightning, cet affrontement en finale contre l’équipe de leur enfance se veut un moment unique dans une carrière.

Une fois la rondelle déposée sur la glace, ils seront toutefois sans pitié.

«Honnêtement, c’est très gros», a affirmé l’auteur du but vainqueur contre les Islanders de New York, l’attaquant Yanni Gourde. «C’est un défi excitant. On a hâte de commencer. Il faut laisser ça de côté et se concentrer sur le hockey, car ce sera une bataille contre le Canadien. Ce sera dur.»

«Ce sera très spécial, mais notre plan, c’est de gagner», a rappelé le défenseur David Savard, natif de Saint-Hyacinthe.