Canadiens de Montréal

Brisebois: Price a sa place au Temple

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Julien BriseBois voue une admiration sans bornes pour le Canadien, cette organisation au sein de laquelle il a fait ses classes avant de relever un nouveau défi avec le Lightning de Tampa Bay.

Nommé directeur général de la formation de la Floride en septembre 2018, ce natif de Greenfield Park, sur la Rive-Sud de Montréal, n’a pas caché sa fierté d’être confronté à Marc Bergevin, qui occupe le même poste avec le Tricolore.

Deux Québécois

Pour une rare fois, deux directeurs généraux québécois vont s’affronter en finale de la coupe Stanley. La première rencontre sera disputée ce soir au Amalie Arena, le domicile du Lightning. «Notre premier point en commun, Marc et moi, a dit BriseBois en visioconférence dimanche, c’est que nos deux équipes se sont taillé une place pour la grande finale. Et je suis convaincu qu’il vous dirait la même chose. Nous avons aussi en commun de pouvoir compter sur des propriétaires sérieux, des partisans passionnés, un groupe d’entraîneurs chevronnés et des joueurs dévoués», a-t-il renchéri. «Quand je suis arrivé à Montréal [d’abord en 2001, comme conseiller juridique], j’étais jeune et surtout choyé. En toute honnêteté, j’ai plus appris que participé aux décisions de l’équipe à l’époque», avoue BriseBois. «J’ai eu le privilège de côtoyer des légendes de cette dynastie que représente le CH.»

Voisin d’un monument

Pendant son intervention, Julien BriseBois, aujourd’hui âgé de 44 ans, a cité quelques noms célèbres qu’il a croisés à Montréal. Et certes pas les moindres. «Bob Gainey est arrivé quelques années après mon embauche, s’est-il rappelé, et il m’a beaucoup influencé. Je me souviens aussi de Guy Carbonneau, Roland Melanson, Pierre Mondou et Réjean Houle notamment. Bon nombre de joueurs qui ont marqué les années 1970 étaient encore dans l’entourage de l’équipe.» BriseBois a aussi eu l’honneur de croiser ce monument que fut Jean Béliveau, dont le nom est inscrit dix fois sur la Coupe Stanley. «Mon premier bureau au Centre Bell était à côté du sien, a raconté BriseBois. Il n’était pas présent tous les jours, mais le fait de lui parler à quelques occasions a été pour moi un atout précieux.» Si BriseBois n’est pas le seul Québécois à faire partie du Ligthning, il reconnaît que toute une province sera derrière le Canadien, cette formation qui n’a pas soulevé le précieux trophée depuis 1993. «Il n’y a pas beaucoup d’équipes où on compose des chansons pour elles, a-t-il fait remarquer. En finale, on sait qu’on aura huit millions d’adversaires.»

Le Lightning tente de devenir la troisième équipe de la LNH à remporter deux coupes Stanley consécutives en 23 ans après les Penguins (2016 et 2017) et les Red Wings de Detroit (1997 et 1998).

Deux gardiens au sommet de leur art

Julien BriseBois n’est pas surpris des succès de Carey Price, certes l’un des grands artisans de la première présence du Canadien en finale de la coupe Stanley depuis 1993. «Il n’a pas été un choix de première ronde en 2005 [cinquième au total] pour rien», a affirmé le directeur général du Lightning de Tampa Bay. «Seize ans plus tard, il confirme son potentiel. S’il prenait sa retraite maintenant, il aurait une carrière digne du Panthéon de la renommée du hockey. C’est la réalité.» BriseBois faisait partie de l’organisation du CH quand elle a sélectionné le gardien originaire de la Colombie-Britannique, âgé aujourd’hui de 33 ans. «Le Canadien doit prétendre que Price est le meilleur gardien au monde, a-t-il relaté. Nous, pour les mêmes raisons, on dit aussi qu’Andrei Vasilevskiy est le meilleur. On est chanceux de l’avoir de notre côté.» Tant BriseBois que son homologue Marc Bergevin se montrent d’accord sur un point: les deux gardiens qui vont s’affronter en finale sont au sommet de leur art.

Un effort d’équipe

Si Jon Cooper a lui aussi fait les éloges de son gardien, il a aussi tenu à souligner que Vasilevskiy n’était pas le seul à avoir contribué au parcours fructueux de sa formation. «Le cœur de notre succès, c’est justement de ne pas compter uniquement sur notre gardien, a affirmé l’entraîneur en chef du Lightning. Chaque élément de notre équipe a son importance. Si un joueur connaît une mauvaise rencontre, d’autres doivent prendre la relève.» Mais il est certain que Vasilevskiy a apporté sa contribution.

Gourde... un joueur dévoué

En toute franchise, BriseBois s’est dit surpris de la progression de Yanni Gourde, que la formation de la Floride a acquis comme joueur autonome en 2014, quand Steve Izerman était directeur général. «On ne sait jamais si un jeune joueur va connaître le succès espéré, a déclaré BriseBois. Dans le cas de Yanni, je ne pensais pas, honnêtement, qu’il serait le joueur qu’il est aujourd’hui. Mais il est tellement dévoué à son sport et il ne cesse de m’impressionner. Sans l’ombre d’un doute, il est maintenant un rouage important au sein de notre équipe.»

Le Canadien et le Lightning ont rendez-vous lundi soir pour le premier duel de l’ultime série de la campagne 2020-2021.