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Canadiens de Montréal

Vingt joueurs, une équipe

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Yvon Lambert a gravé son nom quatre fois sur la coupe Stanley avec le Canadien, soit en 1976, 1977, 1978 et 1979. Mario Tremblay, lui, a cinq bagues : 1976, 1977, 1978, 1979 et 1986. Avec neuf sacres pour deux joueurs, ils ont assez d’expérience pour reconnaître les ingrédients d’une équipe gagnante.

«L’équipe gagne de plus en plus en confiance, a rappelé Lambert. Ils ont du plaisir sur la glace et on le ressent. Ils travaillent fort et ils veulent travailler ensemble. Si Price poursuit son travail, on ne sait jamais ce qui peut survenir. Je ne parierais pas contre Price. À mes yeux, ce sera 50-50 en finale. Le CH aura sa chance.»

«Le Canadien peut compter sur ses quatre trios, la menace vient de partout, a poursuivi Lambert. J’ai grandi comme ça avec le Canadien. C’était 20 gars pour une équipe. Je retrouve la même chose cette année. C’est une équipe soudée. C’est difficile de dire qui est la grande vedette, les 20 gars jouent bien.»

«À mon époque, il y avait Dryden, nos trois petits à la défense avec Robinson, Savard, et Lapointe! On avait aussi Shutt, Lemaire et Gainey. Et il y avait également un numéro 10 [Lafleur] qui savait jouer au hockey. Cette année, j’aime vraiment le mélange du Canadien. À part Price, il n’y a pas une grande vedette, mais tous les gars se donnent cœur et âme. C’est ça la clé.»

Sur une lancée

Aux yeux de Tremblay, le Tricolore a atteint une autre dimension depuis son retard de 1-3 au premier tour contre les Maple Leafs de Toronto.

«Je vois des ressemblances avec nos belles années, a affirmé celui qui portait le numéro 14. On dirait que les étoiles sont alignées pour cette équipe. On dirait qu’ils sont devenus invincibles depuis le 5e match contre Toronto. Il y a un système de jeu incroyable, mais aussi de la belle profondeur. Ducharme pogne la COVID, il se fait remplacer par Richardson et l’équipe gagne encore. C’est assez impressionnant. Luke a bien fait ça comme entraîneur en chef en relève.»

«Il n’y a pas un seul maillon faible dans l’équipe. Pour un coach, ça n’a pas de prix quand tu mises sur quatre trios aussi bien balancés.»

Heureux pour Danault

Si on regarde strictement les chiffres offensifs, Phillip Danault a seulement trois passes en 17 matchs depuis le début des séries. Mais c’est lui qui a mis la table pour le but de Lehkonen en prolongation lors du sixième match contre Vegas. C’est aussi lui qui a ralenti les Auston Matthews, Mitchell Marner, Blake Wheeler, Kyle Connor, Mark Stone et Max Pacioretty.

«Phillip est encore un héros obscur, a souligné Tremblay. Sa réelle valeur ne se lit pas sur une feuille de pointage. Il est tout simplement extraordinaire dans le souci des petits détails depuis le début des séries. Il gagne ses mises en jeu, il frustre les meilleurs attaquants des équipes adverses et il prend la bonne décision à 99 % du temps quand il a la rondelle sur son bâton.»

«J’étais heureux pour Phillip de le voir avec une grosse récompense. Quand tu es un très bon joueur défensivement, tu aimes quand même ça avoir un petit bonbon offensivement de temps en temps. Il a fait tout un jeu. Sa passe, c’était wow!»

Pour une première fois depuis 1993, le Tricolore est de retour à la grande danse.

«Quand je me suis couché jeudi soir, j’étais très, très content pour le Canadien, a dit Lambert. Je suis fier pour les gars. Je suis fier pour Geoff Molson, pour Marc Bergevin. Ça fait plaisir de voir cette équipe connaître du succès. Ça redonne un sourire à la population du Québec. C’est agréable aussi pour notre jeunesse. Ils découvriront enfin la réalité d’une finale avec le Canadien.»