Crédit : PHOTO COURTOISIE / Mahoning Valley Sports

MLB

Mathieu Vallée : un Québécois dans la «MLB Draft League»

Benoît Rioux

Publié | Mis à jour

Le joueur de baseball québécois Mathieu Vallée l’affirme lui-même : il part de vraiment loin. Le problème est moindre pour le jeune homme de 20 ans originaire de Saint-Joseph-du-Lac, car il est justement reconnu pour sa grande vitesse.

Vallée court notamment la distance de 60 verges en 6,26 secondes, ce qui est extrêmement rapide et ce qui lui permet de voler des buts à profusion.

Après avoir passé les deux dernières années avec les Norsemen du collège Northeast Oklahoma (NEO), aux États-Unis, Vallée évolue depuis la fin du mois de mai dans la nouvelle «MLB Draft League», un circuit estival destiné aux espoirs éligibles au prochain repêchage.

Le hasard a bien fait les choses, car son entraîneur-chef chez les Scrappers de Mahoning Valley, dans l’État de l’Ohio, est l’ancien joueur du baseball majeur Coco Crisp.

«Il m’a dit que je lui ressemblais beaucoup dans mon style de jeu, a indiqué le Québécois, en parlant de son actuel gérant. J’ai l’occasion d’apprendre de lui, au niveau de son approche au bâton, mais aussi sur les buts.»

Crisp, qui a surtout joué pour les Athletics d’Oakland, les Indians de Cleveland et les Red Sox de Boston, a notamment réussi 309 buts volés dans le baseball majeur. En défensive, sa vitesse lui permettait d’évoluer au champ centre, justement la position naturelle de Vallée.

Dans le cas du Québécois, il a commis 37 larcins en 40 tentatives plus tôt cette année avec NEO. Vallée avait même obtenu 22 buts volés en seulement 13 parties avant de subir une dislocation de l’épaule quand un lanceur, méfiant, a voulu le retenir au premier but. Le Québécois s’est blessé en plongeant vers le coussin.

«Après ma blessure, je prenais moins de distance sur les buts, mon bras n’est pas revenu à 100% encore, mais ça s’améliore», a confié Vallée, qui compte par ailleurs 17 buts volés en 18 matchs avec les Scrappers.

Petit, mais très rapide

Si Vallée estime qu’il arrive d’un peu nulle part, le voltigeur fait allusion à sa poussée de croissance tardive, ce qui a nécessairement freiné ses opportunités dans les collèges américains.

«J’ai toujours été rapide, mais j’ai surtout gagné de la masse quand j’avais 17 et 18 ans, a noté l’ancien de l’Académie du baseball du Canada (ABC), qui regroupe les meilleurs joueurs du Québec. Encore aujourd’hui, je ne suis pas très gros à 165 livres, mais je continue d’ajouter de la masse musculaire, ce qui me permet de frapper la balle avec plus de puissance.»

Au-delà de ses buts volés, le jeune homme a ainsi conservé une excellente moyenne au bâton de ,434 à NEO, cette saison. Il a obtenu un impressionnant total de 50 points comptés, grâce notamment à 18 doubles et cinq circuits, en 40 parties.

Et dans la «MLB Draft League», Vallée a frappé 14 coups sûrs en 51 présences officielles (,275) jusqu’ici, ayant aussi soutiré 19 buts sur balles, ce qui fait grimper son taux de présence sur les buts, là où il est particulièrement dangereux, à ,507.

Merci à Édouard Savoie!

S’il commence à faire jaser les recruteurs en vue du prochain repêchage, Vallée insiste pour parler d’un autre Québécois qui a été son coéquipier à NEO : Édouard Savoie.

«C’est lui qui a poussé pour moi auprès de l’entraîneur en Oklahoma, parce qu’à ce moment-là, je n’avais aucune offre et je n’étais jamais considéré, a souligné Vallée. Édouard avait déjà joué une saison là-bas quand je suis arrivé [en 2020]. Je dirais qu’il a un peu sauvé ma carrière dans le baseball.»

Pour le repêchage, prévu du 11 au 13 juillet, Vallée ne se fait aucune attente. Selon le boni à la signature qu’on lui offrira, il pourrait tout aussi bien décider de poursuivre son parcours avec l’Université Dallas Baptist, au Texas, dans la NCAA. Ses efforts lui ont effectivement permis d’obtenir une bourse pour se joindre à cette université.