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Crédit : Capture d'écran TVA Sports

Canadiens de Montréal

Séries éliminatoires: le DG a de quoi sourire

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Marc Bergevin portait son complet rouge, le même que lors du cinquième match à Toronto, après l’élimination en quatre matchs contre les Jets de Winnipeg. Bergevin avait un immense sourire dans le corridor donnant accès au vestiaire du Canadien après le coup de balai en quatre rencontres.

Vêtu d’un veston rouge pétant, qui lui donnait les allures du Joker, le directeur général du Canadien a serré la main de chacun de ses joueurs. Auteur d’une passe sur le but gagnant de Tyler Toffoli en prolongation, Cole Caufield lui a même sauté dans les bras avant de retraiter dans le vestiaire.  

Il y a quelques semaines, on n’aurait jamais cru voir une telle scène. Bergevin se faisait critiquer pour des acquisitions en fin de saison et cette saison remplie d’attentes et d’espoirs semblait partir à la dérive.

Mais on connaît l’histoire. Le CH a refusé de mourir contre les Leafs avant de dominer complètement les Jets. Maintenant, Bergevin a le beau rôle. Il a construit une équipe capable de faire rêver une ville et une province. Pour la première fois depuis 2014, le Tricolore a atteint la demi-finale.

«J’en avais parlé après la série contre Toronto, mais Marc a construit cette équipe pièce par pièce, a dit Dominique Ducharme. Que ce soit avec des vétérans avant la saison ou des échanges à la date limite, il a apporté beaucoup à l’équipe. C’est tellement agréable de voir les choses aboutir pour une personne qui travaille fort et qui a tellement à cœur le Canadien.»

Au prochain tour, le CH aura encore un grand défi à relever avec une confrontation contre les Golden Knights ou l’Avalanche. L’équipe de Max Pacioretty et de Marc-André Fleury mène cette série 3 à 2.

«Le Journal» a ressorti les douze pièces ajoutées au casse-tête de l’équipe par Bergevin au cours des derniers mois.

2 septembre 2020: Épauler Carey Price  

Jake Allen

Un gardien numéro deux. C’était la première pièce du casse-tête recherchée par Bergevin. Le CH a réalisé un bon coup en cédant des choix de troisième et de septième tour au repêchage de 2020 aux Blues de St. Louis pour obtenir Allen et un choix de septième tour en 2020. Un peu plus d’un mois après son arrivée dans le giron de l’équipe, le gardien originaire du Nouveau-Brunswick a paraphé une prolongation de contrat de deux ans et 5,75 M$ (2 875 M$ pour les saisons 2021-2022 et 2022-2023).

Allen n’a pas joué une seule minute depuis le début des séries, mais il reste un élément clé du CH. Sans lui, il n’y aurait peut-être pas de présence en séries. Allen a participé à 29 des 56 matchs cette saison, soit quatre rencontres de plus que Price. Il a tenu le fort pendant les blessures de Price et il a fait le travail qu’on attend d’un bon gardien auxiliaire. En saison, il a affiché un taux d’efficacité de ,907, comparativement à ,901 pour Price.

12 septembre 2020: Renforcer la défense  

Joel Edmundson

Bergevin avait encerclé le nom d’Edmundson. Défenseur fiable avec les Hurricanes en 2020 et gagnant de la Coupe Stanley avec les Blues en 2019, Edmundson se retrouvait à quelques mois de l’autonomie complète. Bergevin a senti la bonne affaire. Il a cédé un simple choix de cinquième tour au repêchage de 2020 aux « Canes » afin d’obtenir les droits exclusifs pour négocier avec le gros défenseur. Quatre jours plus tard, Edmundson écrivait son nom au bas d’un pacte de quatre ans et 14 M$ (3,5 M$ par année) avec le Tricolore.

Les anglophones ont trouvé un bon surnom pour Edmundson: «Steady Eddy». En français, on dirait «Constant Eddy». Il est rapidement devenu un partenaire idéal pour Jeff Petry, terminant l’année à +28. Depuis le début des séries, le Manitobain est un membre crucial du top quatre à la ligne bleue.

6 octobre 2020: Muscler l’attaque  

Josh Anderson

Jeff Petry l’avait dit lors de son bilan après l’élimination du CH au premier tour des séries contre les Flyers. Il souhaitait voir l’arrivée de plus gros attaquants. Bergevin a écouté un de ses meneurs en bougeant avec Jarmo Kekalainen et les Blue Jackets de Columbus. À quelques heures seulement du premier tour du repêchage, le DG du Tricolore a échangé Max Domi, qui ne cadrait plus dans les plans de l’équipe, et un choix de troisième tour pour Josh Anderson. Il n’y a personne qui a pleuré le départ de Domi.

Anderson, qui revenait d’une opération à l’épaule gauche et qui avait marqué seulement un but en 26 matchs l’an dernier à Columbus, s’est rapidement enraciné avec sa nouvelle équipe. Deux jours après son acquisition, il a accepté un contrat de sept ans et 38,5 M$ (5,5 M$). Au départ, on croyait à un pari assez audacieux de la part du CH, mais pour l’instant, c’est un bon investissement. Anderson a contribué à changer l’image de l’équipe avec une présence d’un réel ailier en puissance.

12 octobre 2020: Trouver un marqueur  

Tyler Toffoli

Bergevin a souvent dit que le 1er juillet (9 octobre pour cette année de pandémie) est la journée où les DG réalisaient le plus d’erreurs. Trois jours après l’ouverture du marché des joueurs autonomes, l’ancien défenseur a frappé dans le mille avec l’acquisition de Tyler Toffoli pour quatre ans et 17 M$ (17,25 M$).

Toffoli a plus que rempli les attentes à sa première saison à Montréal avec 28 buts et 44 points en 52 matchs. Sur une saison traditionnelle de 82 matchs, l’ancien des Canucks et des Kings aurait pu atteindre le plateau des 40 buts pour une première fois. Après 11 matchs en séries, l’ailier de 29 ans se retrouve encore au sommet des marqueurs de l’équipe avec 10 points (4 buts, 6 passes). En plus de sa production offensive, il est aussi un joueur important en infériorité numérique.

23 décembre 2020: De la profondeur à l’attaque  

Michael Frolik

Frolik est la plus petite pièce du casse-tête de Bergevin. Il est aussi la définition du mot profondeur. Le Tchèque de 33 ans a montré une grande patience cette saison en participant uniquement à huit matchs. Il a passé son temps sur l’escouade des réservistes sans jamais se plaindre de son sort. Il n’a toujours pas joué en séries. Sur le plan salarial, il a coûté 750 000 $, mais son salaire n’était pratiquement jamais comptabilisé sur le plafond puisqu’il n’était pas dans le groupe principal.

28 décembre 2020: Ajouter un leader  

Corey Perry

Il était minuit moins une pour Perry. À quelques jours seulement de l’ouverture des camps dans la LNH, Perry a dit oui à un contrat d’un an et 750 000 $ avec le Tricolore. Dollar pour dollar, il s’agit d’un coup de génie de la part de Bergevin. Finaliste avec les Stars l’an dernier, l’Ontarien a contribué au changement de culture dans le vestiaire de l’équipe. Malgré son statut d’ancienne gloire avec une bague de la Coupe Stanley, un trophée Hart et un trophée Maurice-Richard à ses beaux jours avec les Ducks, Perry a regardé les cinq premiers matchs de l’année de la passerelle de presse. Il a laissé son ego de côté pour le bien de l’équipe et quand il a eu la chance de jouer, il a montré qu’il avait encore sa place dans la LNH.

En séries, Perry est l’un des meilleurs attaquants de l’équipe dans un rôle d’ailier droit du quatrième trio. Il a déjà récolté six points (3 buts, 3 passes) en 11 matchs.

24 février 2021: Prodiguer un électrochoc à l’équipe  

Dominique Ducharme

Bergevin a de grandes ambitions pour cette saison. Après trois revers d’affilée et seulement deux victoires à ses huit derniers matchs, le Canadien congédie Claude Julien et Kirk Muller pour les remplacer par Dominique Ducharme et Alexandre Burrows. Bergevin explique son choix en disant qu’il avait besoin d’une nouvelle voix pour diriger l’équipe. Adjoint à Julien depuis la saison 2018-2019, Ducharme obtient sa première chance dans un rôle d’entraîneur en chef (par intérim) dans la LNH. Il débarque dans une drôle de situation ayant très peu de temps sur la glace pour instaurer son nouveau système pour ses joueurs.

2 mars 2021: Secouer Carey Price  

Sean Burke

Une semaine après le départ de Julien, Stéphane Waite subit le même sort. Bergevin congédie l’entraîneur des gardiens au début de la troisième période dans un match entre le CH et les Sénateurs au Centre Bell. Sean Burke remplace Waite comme mentor pour Carey Price et Jake Allen. Burke hérite même d’un titre plus prestigieux, celui de directeur des gardiens. Price affichait une moyenne de 2,96 et un taux d’efficacité de ,893 en date du 3 mars. Il a terminé l’année à 2,64 et ,901. Mais c’est surtout en séries que Price est redevenu Price.

26 mars 2021: Ajouter un autre leader  

Eric Staal

Le CH greffe un autre ancien gagnant de la Coupe Stanley à sa formation et obtient du renfort à la position de centre. Pour attirer Staal à Montréal, Bergevin paye un prix très raisonnable avec un choix de troisième tour et un choix de cinquième tour en 2021. Kevyn Adams, le DG des Sabres, accepte également de retenir 50 % des 3,25 millions du contrat à Staal.

Âgé de 36 ans, Staal a marqué en prolongation à ses débuts avec le CH pour ensuite s’endormir jusqu’à la fin de l’année. Il a déçu avec 3 points (2 buts, 1 passe) en 21 matchs et un dossier de -10. Le numéro 21 a fait oublier sa fin de saison difficile depuis le début des séries avec déjà 7 points (1 but, 6 passes) en 10 matchs. Ducharme a eu la main heureuse en l’utilisant au centre de Joel Armia et Perry.

27 mars 2021: Miser sur la jeunesse  

Cole Caufield

C’était une question de temps. On se doutait qu’il ne retournerait pas avec les Badgers du Wisconsin pour une troisième saison. Surtout pas après la conquête du trophée Hobey-Baker et la récolte de la médaille d’or avec les États-Unis au Championnat du monde junior.

Caufield a fait ses premiers pas chez les professionnels avec le Rocket de Laval, obtenant quatre points (3 buts, 1 passe) en seulement deux matchs. Avec plusieurs blessés au sein du grand club, il grimpe sur l’escouade des réservistes le 2 avril. Après quelques semaines à patienter, le petit ailier droit joue son premier match dans la LNH le 26 avril. Il marque son premier but (en prolongation) à son quatrième match. En séries, Caufield n’a pas joué les deux premiers matchs. Mais il a rapidement trouvé une façon de devenir indispensable à l’équipe.

11 avril 2021: Ajouter de la profondeur en défense  

Jon Merrill

Un choix de cinquième tour en 2021 et un espoir qui n’a rien d’un espoir en Hayden Verbeek. Bergevin n’a pas ouvert son hypothèque pour obtenir du renfort à la ligne bleue avec Jon Merrill, des Red Wings. Merrill a joué un rôle essentiellement de sixième défenseur en fin de saison. Il s’est blessé lors du cinquième match contre les Maple Leafs et il s’absentera pour encore quelques jours.

12 avril 2021: Dénicher un défenseur aux habiletés offensives  

Erik Gustafsson

À la date limite des transactions, Bergevin confirme sa théorie qu’une équipe n’a jamais trop de défenseurs avec l’acquisition d’Erik Gustafsson. Comme Merrill, le prix à payer reste faible : un choix de septième tour en 2022 et les Flyers payent 50 % de son salaire (3 M$). En uniforme pour seulement cinq matchs en fin de saison, Gustafsson a remplacé Brett Kulak lors du cinquième match contre les Leafs au premier tour. Depuis ce temps, le CH a gagné sept matchs d’affilée.

On ne parlera pas de l’effet Gustafsson. Mais dans un rôle limité à dix minutes par match et avec des responsabilités à la pointe en supériorité numérique, le Suédois fait le travail.