Crédit : Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

LHJMQ

Les Tigres à une victoire de la Coupe du Président

Publié | Mis à jour

Les Tigres de Victoriaville ne sont plus qu’à une victoire de réussir ce que la majorité des observateurs croyaient impossible. Grâce à une victoire de 3-1 jeudi, au match no 5 de la finale de la LHJMQ, les Félins ont pris les devants 3-2 dans la série et auront l’occasion de mettre la main sur la Coupe du Président, samedi après-midi.

Fidèle à son habitude, la troupe de Carl Mallette a fait preuve de résilience pour l’emporter.

Après avoir accordé le premier but du match aux Foreurs, l’œuvre de Jakob Pelletier, les Tigres ont marqué les trois suivants.

Antoine Coulombe a créé l’égalité en fin de première période, puis Nicolas Daigle a donné les devants aux siens après seulement 54 secondes d’écoulées à la troisième période.

Benjamin Tardif, avec son 11e des séries, a par la suite inscrit le but d’assurance.

«Je suis vraiment satisfait. C’était notre meilleur match de la finale, a reconnu Mallette. Ç’a été un effort collectif de 60 minutes, on a été discipliné et on a contrôlé ce qu’on pouvait contrôler. On est passé de la frustration à l’attitude positive, les 20 joueurs ont eu un rôle et ont eu du temps de glace et notre gardien de but [Nikolas Hurtubise] a fait les arrêts.»

Du côté des Foreurs, le message était diamétralement opposé.

«On a joué un mauvais match. C’est dur à expliquer, à 2-2 dans la série. Je m’attendais à une meilleure performance vendredi soir. Tout le monde, du premier au dernier, doit en donner plus samedi (samedi) si on espère un dénouement positif. La bonne nouvelle, c’est que c’est un 4 de 7, et j’ai la certitude qu’on va jouer notre meilleur hockey samedi», a mentionné l’entraîneur-chef des Foreurs Daniel Renaud.

Expérience

Les Tigres auront maintenant l’occasion de remporter une première coupe du Président depuis la conquête de 2002, lors de laquelle Mallette était le capitaine de l’équipe. Rappelons que dix fois dans l’histoire de la LHJMQ, la série finale était égale 2-2 après quatre matchs. À huit occasions, l’équipe qui a remporté le match no 5 a finalement soulevé le gros trophée.

«On a de l’expérience dans la chambre et on sait qu’on est loin d’avoir gagné la coupe. Il en reste une à aller chercher et ça va être la plus dure. Ce soir, on est arrivés le couteau entre les dents puisqu’on savait qu’on devait gagner le match 5. Il faudra se présenter de la même façon pour le match 6.»

Brigade défensive décimée

Le défenseur des Tigres Massimo Siciliano a raté le match de jeudi puisqu’il a été suspendu pour une rencontre après avoir frappé Nathan Légaré avec son propre casque à la fin du match no 4. De son côté, Jérémy Michaud a participé à la période d’échauffement, mais n’a finalement pas joué.

En leur absence, certains autres défenseurs des Tigres ont dû prendre les bouchées doubles, dont le jeune de 16 ans Pier-Olivier Roy qui, malgré son jeune âge, était sur la patinoire avec moins d’une minute à faire au match.

«On aime son calme et sa maturité hors glace et sur glace. C’est un gars adoré de ses coéquipiers et respecté. Même s’il a 16 ans, je n’ai aucun doute à l’envoyer sur la glace avec une minute à faire. Je suis très satisfait de ce que ma brigade a donné. Il faut aussi mentionner Antoine Desrochers qui a fait un solide travail.»

Le match no 6 aura lieu samedi après-midi. D’ailleurs, le match a été devancé à 14 h.

Entraîneur-chef de l’année... Sans un match joué !

Pier-Alexandre Poulin aurait certainement préféré un scénario différent pour sa première année comme entraîneur-chef au niveau junior AAA. Malgré le fait qu’aucune partie n’a été disputée, le Beauceron et pilote des Condors du Cégep de Beauce-Appalaches a trouvé un moyen de s’adapter, si bien qu’il a reçu jeudi le prix Darcy-Haugan/Mark-Cross remis au meilleur entraîneur junior de l’année.

Comment est-ce possible? En s’adaptant. Le frère de la joueuse étoile canadienne Marie-Philip Poulin, Pier-Alexandre a participé la saison dernière à la création du programme junior AAA à Saint-Georges-de-Beauce. Malheureusement, il n’aura jamais été en mesure de voir sa nouvelle équipe sur la glace dans le cadre d’un vrai match du circuit.

«Ça n’a pas été évident mais on a essayé de s’adapter au fur et à mesure. On a conservé toute l’année nos entraînements hors glace par Zoom et on a gardé les gars en bonne condition puisqu’on a cru jusqu’à la fin à une saison. Mes joueurs ont d’ailleurs toute mon admiration puisqu’ils ont fait tous les sacrifices jusqu’à la fin mars», a- t-il mentionné. Poulin et son équipe se sont ajustés en même temps que les mesures sanitaires.

«Au début, j’avais le droit à deux joueurs sur la patinoire en même temps, sans entraîneur. Donc je préparais mes entraînements, je rencontrais les joueurs 10 minutes avant et je leur expliquais les exercices. On faisait des entraînements de 30 minutes donc je pouvais passer huit joueurs en deux heures», raconte-t-il.

«Une chose est sûre, j’aurais échangé une saison normale contre mon prix d’entraîneur de l’année.»

Cheminement

Ça ne fait pas longtemps que Poulin est revenu au Québec. Après trois saisons à l’Université de Moncton, de 2009 à 2012, il est demeuré au Nouveau-Brunswick pour y diriger des programmes scolaires avant d’obtenir une offre de Hockey Canada afin de devenir le responsable des programmes scolaires au pays.

«Je dirigeais aussi des équipes mineures à Calgary et j’ai ensuite eu l’occasion d’être adjoint pendant une saison avec l’Université de Calgary. C’est là que j’ai réalisé qu’un poste d’entraîneur à temps plein me passionnait.»

C’est là qu’il a reçu l’offre du Cégep de Beauce-Appalaches pour devenir entraîneur et directeur général de l’équipe.

«C’est un très beau défi et j’ai hâte que ça commence pour vrai. Je rêve de notre premier match devant une foule. On veut se construire une base de partisans et créer des connexions avec le hockey mineur. Je veux que les jeunes joueurs pee-wee de la Beauce rêvent d’un jour jouer pour les Condors.»