Canadiens de Montréal

«Il va manquer du temps. Beaucoup de temps»

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Comme c’est le cas chaque fois qu’un joueur demeure inerte sur la patinoire, on a craint le pire pour Jake Evans. Au fil des ans, le Canadien a eu sa dose d’incidents du genre: Richard Zednik, Max Pacioretty, Lars Eller. Dans les circonstances, Evans s’en est bien tiré.

Évidemment, l’attaquant de 25 ans a subi une commotion cérébrale à la suite de cette percutante mise en échec de Mark Scheifele. Toutefois, son état a été jugé suffisamment stable pour éviter qu’il soit hospitalisé.

Voyez le point de presse de Dominique Ducharme en vidéo principale.                  

«Il va mieux. On a deux docteurs avec nous. Ils ont pris soin de lui, hier soir. Ils n’ont pas senti le besoin de l’amener à l’hôpital, a expliqué Dominique Ducharme, jeudi, au lendemain de l’incident. Il va manquer beaucoup de temps. Mais, présentement, c’est difficile de juger combien.»

La situation d’Evans est d’autant plus délicate qu’il n’en est pas à sa première blessure du genre. Depuis septembre 2018, c’est la quatrième fois qu’il reçoit un coup à la tête qui nécessite au moins une visite dans la chambre noire.

La première fois, le 7 septembre 2018, il avait également été évacué de la surface de jeu sur une civière.

«Chaque commotion est inquiétante. Parfois, tu peux en subir seulement une et c’est une de trop», a indiqué l’entraîneur du Canadien, à juste titre.

Gagner pour Jake  

Il y avait beaucoup de frustration dans l’air, malgré la victoire, mercredi soir. Les joueurs du Canadien en avaient gros sur le coeur et s’en promettaient face à Scheifele, advenant une peine trop clémente du service de la sécurité des joueurs à son égard.

D’ailleurs, Ducharme a tenu à réduire le sens des propos de Joel Edmundson qui, dans les instants suivant la rencontre, avait assuré que ses coéquipiers et lui allaient «rendre la vie misérable», à l’attaquant des Jets.

«Ce que Joel a voulu dire, c’est que le jour où il mettra le pied sur la glace contre nous, on va être dans sa face. On va être dur sur lui, mais à l’intérieur des règles», a déclaré Ducharme tenant également à souligner l’effort de Nikolaj Ehlers qui tentait de protéger Evans de l’échauffourée qui se déroulait près de lui.

Une douzaine d’heures plus tard, la nuit ayant porté conseil, la grogne s’était un peu apaisée. Même si la douleur demeurait relativement vive.

«La meilleure façon de se venger, c’est de gagner les prochains matchs. On veut que Jake puisse jouer de nouveau avec nous», a soutenu Paul Byron.

«On va gérer la situation comme il faut. On a un objectif, c’est celui de gagner la série», a également mentionné l’entraîneur du Canadien.

Les émotions dans le tapis  

Sans surprise, la mise en échec de Scheifele a provoqué une véritable tornade sur les réseaux sociaux. Violence gratuite, geste prémédité, voie de fait: l’instant d’une soirée, l’Ontarien de 28 ans est devenu le pire être humain de l’histoire de l’humanité.

Dans des propos plus posés et sensés, Ducharme a de nouveau condamné le geste de Scheifele.

«Quand un joueur s’approche et qu’il n’a pas le bâton sur la rondelle, c’est une indication [de ses intentions]. Notre sport en est un physique. C’est important qu’il le demeure, mais avec une raison. La raison, c’est de séparer le joueur de la rondelle, de couper des routes, de l’empêcher d’avancer, mais jamais de le blesser.»

Encore plus qu’en saison régulière, le volet émotif est très important en séries éliminatoires. Au sortir de la série de sept rencontres face aux Leafs, au cours de laquelle sa troupe a comblé un retard de 3-1, Ducharme craignait que ses joueurs aient de la difficulté à retrouver le même niveau d’émotion. Ce n’est plus le cas.

«Disons qu’ils viennent de nous allumer», a-t-il lancé.

CITATIONS            

Dominique Ducharme  

«Il (Jake Evans) va mieux, on a deux docteurs avec nous et ils ont pris soin de lui hier soir. Ils n'ont pas senti le besoin de l'amener à l'hôpital, ce qui est une bonne nouvelle. Il va manquer du temps, beaucoup de temps, mais c'est dur de juger pour le moment.»

«Oui il (Evans) a une commotion. Chaque commotion est inquiétante. Quand ça affecte le cerveau... tu peux n'en avoir qu'une et elle sera de trop. On n'a pas été très chanceux avec ça cette année, je trouve.»

«Il (Evans) était émotif. Pour un joueur, c'est un peu un choc, ce qui est arrivé. Je pense aussi aux gens qui regardent à la télé, sa famille, sa copine. Oui il était émotif.»

«On va laisser la ligue faire son travail, on va voir ensuite. Le jour qu'il va mettre le pied sur la glace contre nous, ce que Joel (Edmundson) voulait dire, c'est qu'on va être dans sa face, on va jouer dur contre lui, mais on a une série à gagner.»

«S'il (Scheifele) revient sur la glace contre nous, on va le jouer comme hier, encore même plus serré»

N. Ehlers qui a protégé Evans durant la mêlée: «je le connais bien, je l'ai coaché pendant deux ans, j'apprécie ce qu'il a fait»

«On a un objectif, c'est de gagner. On est venus ici pour gagner des matchs et une série.»

Émotions: «ils viennent de nous allumer encore plus»

Artturi Lehkonen: «il va être disponible demain et on va voir quelle sera notre décision»

Alexander Romanov: «ils sont tous une option. On n'en est pas là. On joue demain soir. On prendra des décisions.»

«Quand un joueur s'approche comme hier et qu'il n'arrive pas le bâton sur la rondelle, déjà c'est une indication de l'intention, selon moi. Notre sport est physique et doit le demeurer, mais avec une raison. Séparer le joueur de la rondelle (...) mais jamais pour blesser.»

Jeff Petry  

«On sait ce qui est arrivé hier soir. La meilleure façon de nous venger est de gagner la série. On va se concentrer à jouer de la même façon que lors de nos trois derniers matchs et les faire payer.»

«Evans est un gars qui a travaillé fort pour avoir ce qu'il a. Il est une partie importante de notre équipe et de son trio (...) il va nous manquer.»

«Je l'ai vu rapidement après le match. Je ne l'ai pas vu ce matin. Je me suis levé tôt et j'étais ici pour prendre soin de mon corps. Je n'ai pas vu grand-monde ce matin.»

«On ne connaît pas encore l'issue, s'il (Scheifele) sera parti ou de retour. Son trio a des habiletés, ils bougent bien la rondelle, ils font des jeux. On ne peut pas changer de façon de défendre contre eux. On leur met la pression, on leur enlève du temps.»

Romanov: «tu regardes sa façon de travailler, toute l'année, il est le premier sur la glace et il travaille sur ce qu'il doit améliorer. Le message à tout le monde est d'être prêt, tu ne sais jamais ce qui peut arriver. De la façon dont il a travaillé tout l'année, je ne pense pas qu'il se relâche en ce moment. (...) Quand il aura sa chance, il sera prêt.»

Paul Byron

«Un scénario, quand tu fais un "wraparound", il n'y a aucune chance de se protéger. (...) Le coup était salaud et on verra ce que le Département de sécurité fera.»

«La meilleure façon de répondre c'est de gagner. Jake a été bon pour nous, il avait pourchassé la rondelle et compté un but important pour nous.»

«Je ne pense pas que tu vas frapper un gars pour le blesser (...) mais il faut être responsable de nos actions et être imputable.»

«Les gars dans l'équipe, ils l'aiment (Evans), sa personnalité, ce qu'il apporte tous les choses. C'est facile de lui parler, il apporte beaucoup d'énergie positive (...) je pense qu'il a été excellent avec Phil, la façon dont il pourchassait la rondelle.»

«Je l'ai vu hier avant de partir et ce matin. Hier il était mal en point (...) il a une commotion en ce moment, il n'est pas à son mieux.»

«La meilleure façon de nous venger, c'est gagner les matchs. On veut que Jake revienne avec nous, c'est un joueur important. Gagner est la meilleure façon de leur faire payer.»