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Canadiens de Montréal

Canadien-Jets : un duel de gardiens

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Puisqu’ils n’ont pratiquement jamais évolué dans la même association, il s’agira de la première confrontation entre le Canadien de Montréal et les Jets de Winnipeg, deux formations à qui peu de gens donnaient des chances de franchir le premier tour.

Le Tricolore tentera d’atteindre la demi-finale pour la première fois depuis 2014. Quant aux Jets, ils n’ont pas veillé aussi tard depuis 2018. Connor Hellebuyck et Carey Price sont au sommet de leur art. Si les deux gardiens continuent sur leur lancée du tour initial, on aura droit à un duel épique entre deux récipiendaires du trophée Vézina. La série de neuf matchs entre les deux formations en saison régulière a été à l’avantage des Jets. Ceux-ci ont remporté six de ces parties. Toutefois, trois d’entre elles se sont terminées en prolongation. 

Gardiens 

L’homme des grandes occasions

Après une saison difficile, on a revu le Carey Price des beaux jours. Celui qui élève le niveau de ses performances lorsque l’enjeu est grand. Avec le Canadien acculé au mur lors des trois derniers matchs face aux Leafs, il a maintenu une moyenne de but alloué de 1,83 et un taux d’efficacité de ,945. Il a donné des maux de tête à Auston Matthews et à Mitch Marner, auteurs d’un seul but (marqué par Matthews) en sept matchs. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé: Matthews a obtenu 35 tirs dans cette série.

Digne d’un Vézina

Connor Hellebuyck a retrouvé ses repères après une dure fin de saison. Au premier tour, il a dominé la Ligue nationale de hockey (LNH) avec une moyenne de but de 1,60 et un taux d’efficacité de ,950. Face aux canons Connor McDavid et Leon Draisaitl, c’est un exploit digne de mention. Il garde présentement les buts selon les standards qui lui ont permis de gagner le trophée Vézina et d’être élu sur la première équipe d’étoiles l’an dernier. Le défi du CH s’annonce plus coriace que celui que représentait Jack Campbell.

Défenseurs 

De grosses minutes

Dominique Ducharme a principalement joué à quatre défenseurs lors des deux derniers matchs. Puisque l’attaque des Jets est mieux répartie que celle des Maple Leafs, l’entraîneur-chef du Canadien devra mettre tout son monde à contribution. Shea Weber, Ben Chiarot, Jeff Petry et Joel Edmundson ne pourront pas jouer plus de 26 minutes chaque partie éternellement. Surtout après l’éreintante série dont le Canadien vient de se sortir. En passant, Alexander Romanov est encore frais et dispo.

Un beau mélange

Josh Morrissey et Neal Pionk sont ceux par qui s’amorce souvent l’attaque des Jets. Logan Stanley est une belle surprise. Un gros défenseur robuste dont la spécialité est de protéger son territoire. Derek Forbort est un autre colosse auquel l’entraîneur Paul Maurice se fie pour dégager le devant du filet.

Attaquants 

Les jeunes se distinguent

Limitée à quatre buts lors des quatre premiers matchs, l’attaque du Canadien a explosé en faisant scintiller la lumière rouge à 10 reprises lors des trois derniers. Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi en ont profité pour jouer les héros. D’ailleurs, le Finlandais domine la colonne des buteurs de l’équipe avec trois. Il est à souhaiter que Tyler Toffoli et Josh Anderson réussissent à toucher la cible à un rythme se rapprochant plus de celui qu’ils ont maintenu en saison régulière.

Sur trois trios

Contrairement aux Maple Leafs, l’attaque des Jets ne repose pas que sur quelques joueurs. Leurs trois premiers trios sont capables de contribuer. Kyle Connor a fait mal au Canadien en cours de saison avec 10 points, dont six buts. Il sera à surveiller, tout comme Mark Scheifele, Nikolaj Ehlers, Blake Wheeler, Andrew Copp, Paul Stastny et Pierre-Luc Dubois. Même Mathieu Perreault, limité à un rôle de soutien sur la quatrième unité, possède de bonnes aptitudes offensives. C’est ce qui s’appelle avoir de la profondeur.

Entraîneur 

Doutes dissipés?

Ducharme a pris quelques décisions impopulaires au cours de la série face à Toronto: laisser Kotkaniemi et Cole Caufield de côté en lever de rideau, insérer Erik Gustafsson au sein de la formation, et non Romanov, à partir du cinquième match. Mais il a réussi à sortir le meilleur de ses joueurs dans une série qui semblait perdue. Il a également eu le meilleur sur son vis-à-vis en dictant les confrontations sur la surface de jeu. Il est en train d’assurer son poste pour l’an prochain.

Un vieux de la vieille

Paul Maurice est l’un des entraîneurs comptant le plus d’ancienneté dans la LNH. Ses 1656 matchs de saison régulière le placent au troisième rang des pilotes actifs derrière Joel Quenneville (1761) et Barry Trotz (1730). Un «coach» apprécié de ses joueurs, il a su s’adapter aux époques et aux différents styles de jeu. Toutefois, sa fiche en séries est peu reluisante. Ce n’est que la quatrième fois, en 23 saisons, que son équipe franchit le premier tour.

Momentum 

Une erre d’aller

Le Canadien a survécu grâce à une séquence de trois victoires. L’unité de désavantage numérique n’a accordé que trois buts en 23 occasions (87 %). Inerte en début de série (0 en 13), l’attaque massive a débloqué au cours des trois derniers duels avec une récolte de trois filets en six tentatives (50 %). Il faut battre le fer pendant qu’il est chaud !

Un coup de balai

Que les Jets aient éliminé les Oilers n’est pas nécessairement une grande surprise. Qu’ils l’aient fait en quatre rencontres est toutefois remarquable. Surtout après la fin de saison misérable qu’ils ont connue (3-9-0). Comme le Canadien face aux Leafs, ils ont connu du succès en prolongation au premier tour (trois victoires). Ils ont marqué trois buts en 10 supériorités numériques. Contre eux, vaut mieux demeurer discipliné.

Robustesse 

Pas que des coups d’épaule

Avant le début de la série face aux Leafs, Anderson avait annoncé qu’on assisterait à une guerre. Le Canadien a distribué une moyenne de 40,44 mises en échec par match, ce qui confirme la prédiction du 17. Mais la robustesse ne se calcule pas simplement par le nombre de coups d’épaule. Lors des trois derniers matchs, le Tricolore a été intense sur le porteur de la rondelle, ne lui laissant que peu de temps de réaction, il a coupé les lignes de passe, fait du ménage dans l’enclave et s’est sacrifié en bloquant des tirs.

Bâtis pour les séries

Habitués d’évoluer dans l’Ouest, les Jets ont été bâtis pour le jeu rude et le style abrasif des séries. Ils ne sont pas nécessairement actifs au niveau des mises en échec, mais leur gabarit leur permet d’attaquer le filet avec insistance et de créer leur propre espace lorsqu’ils sont en possession de la rondelle. Un seul de leurs 12 principaux attaquants mesure moins de 6 pieds (Mathieu Perreault à 5 pi 10 po). Ils misent sur deux attaquants de 6 pi 5 po, un de 6 pi 3 po et deux de 6 pi 2 po. Des joueurs qui, en plus, sont capables de se déplacer.

Impondérables 

Le niveau d’émotion

Le Canadien vient de disputer sept matchs en 12 jours. Ses joueurs n’auront qu’une journée de congé pour refaire le plein d’énergie. Le Tricolore sort également d’une série émotive. Les Leafs et le Canadien avaient beau ne pas s’être affrontés en éliminatoires depuis 1979, la rivalité entre les deux formations est toujours aussi vive. Parfois, après avoir vécu des émotions fortes, on retombe à plat. En revanche, le Canadien pourra de nouveau bénéficier de l’appui de 2500 partisans lors des matchs disputés au Centre Bell. Le genre de soutien sur lequel les Jets ne pourront compter.

Frais et dispos

Les Jets ont balayé leur série précédente contre les Oilers. Ils ont les deux pieds sur le pouf depuis le 25 mai. Tout le monde est donc en santé et plein d’énergie pour amorcer le deuxième tour. Reste à voir si cette longue période d’inactivité sera bénéfique ou si elle leur jouera des tours lors des premiers matchs.