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«Je ne me sens pas déclassé» - Pier-Olivier Lestage

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Pier-Olivier Lestage est encore bien loin du but avec les Seahawks de Seattle, mais le joueur de ligne offensive montréalais se sent en contrôle et pas dépassé par les événements à ses débuts avec l’équipe qui lui a offert un contrat à titre d’agent libre après le repêchage.

L’ancien des Carabins est à Seattle depuis quelque temps et il a fait ses premiers pas sur le terrain avec les autres recrues de l’équipe. Jusqu’au 20 juin, la familiarisation se poursuivra aux installations des Seahawks, avant qu’il puisse se mesurer aux vétérans lors du camp d’entraînement, quelque part autour du 20 juillet.

«Je me sens à ma place. Je ne me sens pas déclassé à aucun niveau, a mentionné celui qui évolue au poste de garde, lors d’un entretien téléphonique auquel "Le Journal" a participé. C’est sûr que si je me compare à tous les gars qui sont au camp, j’ai plus de travail à faire. J’ai des ajustements à apporter par rapport aux règlements canadiens. Je pense que je m’améliore à chaque jour. Ça ne prendra pas beaucoup de temps pour que je sois au même niveau que tout le monde et que je sois un joueur de football américain, plutôt qu’un joueur canadien qui essaie de devenir américain», a-t-il ajouté.

Enfin, le football!

Pandémie oblige, Lestage a été tenu à l’écart du terrain pendant de très longs mois. La saison universitaire canadienne ayant été annulée en 2020, il a dû tout miser sur l’entraînement physique en préparation du processus de recrutement.

Il ne s’est donc pas fait tordre un bras pour enfiler casque et épaulettes à son arrivée sur la côte Ouest américaine.

«C’est super le "fun". Ça faisait vraiment longtemps que je n’avais pas joué au football, donc j’étais content de remettre l’équipement après ne pas avoir joué pendant un an et demi.»

«C’est sûr qu’il y a eu un moment où je me suis dit : ok, je suis là, je suis vraiment dans la NFL. C’est une partie de mon rêve qui se réalise même s’il reste encore beaucoup à faire. On est super bien traités et les "coachs" sont vraiment excellents. Je ne pourrais pas demander mieux», a réagi Lestage.

Des ajustements

Évidemment, l’adaptation au football américain ne se fait pas sans heurt, même si globalement, la progression va bon train.

«La chose la plus importante en ce moment, c’est que je suis habitué au Canada qu’il y ait une verge à la ligne de mêlée entre l’offensive et la défensive. Ça te laisse plus de temps pour réagir et attaquer ton adversaire par rapport aux États-Unis, où le joueur que tu dois bloquer est directement dans ta face. Je dois effectuer mon deuxième pas plus rapidement et lever les mains plus vite», a noté le gaillard de 6 pi et 3 po et 305 lb.

Actuellement, c’est à titre de garde que Lestage peaufine son entraînement. Il a toutefois laissé savoir à son entraîneur de position qu’il aimerait bien démontrer sa polyvalence en développant également ses aptitudes au poste de centre.

«Pour jouer centre, il faut cependant que tu connaisses le livre de jeux de A à Z et c’est pour ça que pour le moment, je joue plus au poste de garde. Quand je serai plus à l’aise avec le livre de jeux, peut-être que j’aurai plus de répétitions comme centre. C’est sûr que la position de centre serait un bon "fit" pour moi en raison de mon gabarit.»

Réaliste quant aux éloges de Pete Carroll

Dès ses premiers pas avec les Seahawks, Pier-Olivier Lestage s’est attiré les éloges de l’entraîneur-chef Pete Carroll. Si le Québécois accepte volontiers les fleurs, il refuse toutefois d’en faire toute une histoire.

Carroll avait salué quelques qualités de Lestage après son premier entraînement avec l’équipe, notamment son intelligence, son enthousiasme à la tâche et ses aptitudes athlétiques.

Venant d’un entraîneur avec un vaste bagage, les compliments sont assurément bienvenus, mais pas de là à se croire parvenu.

«J’ai entendu ce qu’il a dit et c’est sûr que c’est flatteur. En même temps, je ne me fais pas trop d’idées avec ça. C’était sûr qu’il n’allait pas dire que je le décevais. La question a été posée et il n’était pas pour dire quoi que ce soit de négatif à mon sujet.»

«C’est sûr que c’est encourageant de voir que Pete Carroll est excité de m’avoir recruté, mais il faut quand même que je travaille vraiment fort pour faire ma place et c’est ce que je suis en train de faire», a affirmé avec sagesse l’athlète de 23 ans.

Carroll avait pris part au processus de recrutement avec Lestage et avait même discuté avec lui. Tous les entraîneurs en chef ne franchissent pas un tel pas, surtout à l’égard d’un joueur canadien qui n’a pu disputer sa dernière saison universitaire.

«Dans mes bandes vidéo, ils ont remarqué que j’étais un très bon athlète, un gars capable de jouer dans l’espace et qui joue avec un centre de gravité assez bas. Ce sont des choses que les entraîneurs recherchent. Le fait que j’aie évolué contre le calibre canadien constituait un point d’interrogation, mais ils voient mes qualités athlétiques ressortir», a souligné Lestage.

Une étape à la • À lire aussi: «J’étais stupéfié, émotionnellement paralysé»fois

Que ce soit comme garde ou éventuellement comme centre, le joueur natif de Saint-Eustache sait pertinemment qu’il peut faire sa place au sein d’une ligne offensive qui ne regorge pas de talent à Seattle. Loin de lui cependant l’idée de se croire au-dessus de la mêlée.

«Seattle était en haut de ma liste parce que je voyais rapidement des possibilités, mais je ne peux pas me mettre en tête tout de suite de viser un poste de partant. Ce serait brûler les étapes.»

«Il faut d’abord me familiariser avec le livre de jeux et apporter des ajustements sur mon jeu par rapport aux différences dans les règlements. Ensuite, je pourrai viser des objectifs comme un poste sur la formation régulière. Je dois commencer par me mettre au niveau», a-t-il réfléchi avec modestie.