Canadiens de Montréal

«Le Rocket ne m'a jamais donné une réelle chance»

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Mars 2018. La saison régulière tire à sa fin dans la Ligue américaine et le Rocket de Laval, qui manquera les séries de toute façon, fait signer un contrat d’essai à Anthony Beauregard, un attaquant québécois de 5’’07 et 165 livres.

Le pari est intéressant. Le joueur de centre, alors âgé de 23 ans, vient de connaître une saison record avec les Stingers de Concordia dans le circuit universitaire canadien. 60 points... en 28 matchs!     

Mais pour une raison toujours obscure à ce jour, on s’obstine, du côté des entraîneurs du Rocket, à ne pas vouloir placer Beauregard dans une situation avantageuse lors des parties. Deux mots : quatrième trio.

À la fin de la saison, après avoir disputé dix matchs avec Laval, Beauregard quitte la Place Bell la tête pleine de questions... et n’est jamais recontacté par le CH. 

«Je n’ai jamais vraiment compris et je suis encore un peu amer face à tout ça, lance le hockeyeur d’entrée de jeu. Entre toi et moi, j’aurais vraiment voulu que le Rocket m’offre une meilleure opportunité. L'équipe ne m'a jamais donné une réelle chance de me faire valoir. Qui sait j’en serais où, aujourd’hui, si ça avait été le cas...»     

Aujourd’hui, justement, le jeune homme de 25 ans évolue dans la Premier «AA» Hockey League (anciennement nommée «Ligue East Coast») et domine outrageusement. 

Auteur de 65 points en 57 parties, le talentueux patineur trône au premier rang des pointeurs du circuit et parvient, match après match, à se démarquer d’une quelconque façon. Il présente également le meilleur différentiel de la ligue (+22).

Se retrouver dans la ECHL après avoir goûté à la Ligue américaine... 

Si certains hockeyeurs placés dans une situation similaire seraient tentés de se décourager, Anthony Beauregard, lui, a choisi de se servir de ses déceptions antérieures pour se motiver. 

En éternel optimiste qu’il est, le Québécois continue de faire confiance au processus et met l’accent sur ce qu’il peut contrôler : ses performances.

Long récit d’un passionné de hockey qui revient de loin... et qui n’a visiblement pas dit son dernier mot. 

Talent indéniable          

L’instinct offensif d’Anthony Beauregard a toujours été évident. Dans le midget AAA, l’attaquant a récolté 93 points en 83 matchs. Dans la LHJMQ (chez les Foreurs de Val-d'Or), on parle de 223 points en 207 matchs.

Son stage junior terminé, le jeune homme, qui n’a pas été repêché, se tourne vers la ECHL, où il joint le Fuel d’Indianapolis. 

Ses débuts professionnels, sans être éclatants, sont très respectables. Après 21 matchs, il compte 10 points, dont cinq buts. 

Mais en décembre, une idée commence à le travailler... 

«En parlant avec des coéquipiers plus vieux et des pères de famille que je connaissais, je me suis rendu compte que la plupart des gars qui évoluaient dans la ECHL étaient des jeunes qui sortaient des universités américaines. Ils détenaient tous des diplômes et avaient tous un plan B, advenant le cas où leur carrière de hockeyeur n’aboutisse pas. Moi, je n’avais rien de tout ça. 

«Au début du mois de janvier, après discussions avec mes proches, j’ai pris la décision de m’inscrire à l’université Concordia. J’ai quitté la ECHL et je me suis joint aux Stingers, dans la ligue universitaire canadienne. Ça me réconfortait un peu, car je pouvais étudier et jouer au hockey au sein d’une ligue compétitive.» 

L’école? Quelle école?          

Mais depuis qu’il est tout petit, Beauregard est convaincu d’une chose : son métier sera celui de joueur de hockey. D'ailleurs, quelques petits jours sur les bancs universitaires suffisent pour lui rappeler son éternelle et principale ambition. 

«Au fond de moi, je savais que le hockey, mon plan A, fonctionnerait. Après une semaine, je n’avais déjà plus la tête à étudier...»

Lorsqu’il repense à cette période de sa vie, Beauregard ne peut s’empêcher d’éclater de rire.

«(rires) À Concordia, je me suis finalement inscrit en tant qu’étudiant libre, juste pour prouver au directeur de l’établissement que j’étais en mesure de fréquenter l’université.» 

Sur la glace, l’agile patineur se débrouille très bien. Il dispute 12 matchs avec Concordia et récolte 19 points. Ainsi se termine sa première année professionnelle. 

Crédit photo : Stingers de Concordia

Les mois passent et Beauregard, selon les normes en vigueur, doit alors choisir un programme scolaire en bonne et due forme s’il souhaite poursuivre son aventure hockey. 

«Parce que ça allait bien sur la glace, je me suis dit que j’allais opter pour un programme facile. J’ai choisi le certificat en Arts et Lettres. Je me sentais vraiment à ma place (rires).»

«C’était une vraie farce, honnêtement. Les cours que je prenais, c’était parce que j’avais des coéquipiers qui avaient pris les mêmes un an avant, donc je pouvais me fier sur leurs notes de cours. L’aspect scolaire, c’était la condition pour pouvoir jouer au hockey à Concordia, donc je n’avais pas le choix de m’investir, si on peut appeler ça comme ça...»

Saison record         

À l’aube de sa deuxième saison universitaire, Anthony n'a qu'une seule idée en tête : dominer et attirer les projecteurs sur lui. C’est exactement ce qu’il parvient à faire... avec brio. 

«Quand tu arrives dans le circuit universitaire canadien, tu te rends rapidement compte que les gars priorisent l’école au hockey. L’été, les gars travaillent et étudient plus qu’ils s’entraînent. Mais moi, c’était le contraire! Je m’entraînais comme un forcené. En arrivant au camp, j’étais en grande forme et l’entraîneur, Marc-André Élément, l’a vite remarqué. Dès le jour un, il m’a dit que j’allais être un joueur important. 

«Il m’a aussi assuré que j’allais avoir carte blanche sur la glace. Il voulait que je puisse exprimer mon talent offensif sans être contraint dans mes actions. Il me faisait jouer partout. Même en désavantage numérique. Ça m’a donné énormément confiance.»

Et à ce moment-là, «avoir confiance» est un euphémisme dans le cas de l’attaquant. Au terme d’un calendrier de 28 matchs, Beauregard présente une fiche de... 60 points, dont 19 buts! Il s’agit d’une récolte offensive record au sein du circuit universitaire canadien. Sans surprise, le petit ailier est sacré joueur par excellence de la ligue. 

Évidemment, un tel rendement attire l'attention et les équipes professionnelles ne tardent pas à se manifester. La première formation à téléphoner : le Rocket de Laval, club-école d’une certaine équipe nommée «Canadiens de Montréal».  

Au fond de lui, Beauregard est convaincu d’avoir gagné son pari. Mais la réalité le rattrape aussi brusquement que rapidement... 

«J’aurais voulu que le Rocket m’offre une meilleure opportunité»         

Encore aujourd’hui, le Québécois se rappelle très bien les minutes où il a reçu l’appel du CH. 

«Nous étions en train de disputer le championnat canadien. Après une défaite lors du premier match, j’ai reçu un appel de la part des dirigeants des Canadiens. Ils voulaient m’avoir à Laval avec le Rocket pour terminer l’année. Évidemment, j’étais super excité. 

«Pour plusieurs gars d’ici, c’est un rêve d’évoluer dans l’organisation du CH. En arrivant là-bas, je ne voulais qu’une chose : prouver aux dirigeants que j’avais les aptitudes pour évoluer à long terme dans la Ligue américaine.» 

Mais les choses ne se passent pas du tout comme Anthony l’espérait. 

Au sein d’une équipe en déroute qui croupit au dernier rang de la LAH, le Québécois se retrouve bien malgré lui confiné à un rôle de simple figurant sur la quatrième unité. C’est d’ailleurs sur ce trio qu’il dispute ses 10 matchs avec l’équipe; les dix derniers de la saison du Rocket. Jamais, clame-t-il, on ne lui donne ne serait-ce qu’une toute petite occasion de démontrer ses aptitudes. 

«Quand je suis arrivé à Laval, l’équipe était déjà assurée de rater les séries. Nous étions bons derniers au classement. J’aurais vraiment apprécié avoir un match, voire une présence sur un trio offensif avec des joueurs habiles et déjà établis. Mais ce n’est pas arrivé. Je ne jouais que quelques minutes ici et là.  

«Je me répète, mais j’aurais adoré que les choses se passent autrement. Le Rocket ne m'a jamais donné une réelle chance. Qui sait j’en serais où aujourd’hui si ça avait été le cas. Au bout du compte, ça reste une expérience que je n’oublierai pas. Mais c’est sûr que je suis un peu amer...»

Actuel agent de Beauregard, Nicola Riopel, de l’agence «Propulsion», est également très déçu de la façon dont son client a été traité par le Rocket. 

«On aurait dû lui donner un essai crédible. Il avait 23 ans et venait de brûler le circuit universitaire canadien en établissant un record de 60 points en 28 matchs. Je ne peux pas croire qu’il était trop vieux, trop lent, ou pas assez intelligent... Il aurait mérité une vraie audition sur un trio offensif.»

Anthony termine son épopée lavalloise avec une fiche d’un but et une aide en dix parties.

Lorsque l’entraîneur Sylvain Lefebvre le rencontre à la fin de la saison, il y va étonnamment (considérant la façon dont il avait choisi de l’utiliser!) de plusieurs compliments à son endroit.

«Il m’a dit qu’il comptait me garder à l’œil, car il avait bien aimé mon rendement. Mais quelques semaines plus tard, tout le personnel hockey du Rocket a été limogé. Les jours ont passé et je n’ai eu aucune nouvelle de l’organisation après coup...»

Un nouveau départ... gâché          

Désireux de jeter rapidement aux oubliettes son rendez-vous manqué avec le Rocket et voulant se refaire une confiance, Beauregard reçoit quelques appels d’équipes de la ECHL. Avec la façon dont il a été utilisé à Laval, il n’est pas surpris de constater que les formations de la LAH ne se bousculent pas aux portes pour ses services. 

Anthony arrête finalement son choix sur le Beast de Brampton. Cette formation est réputée pour entretenir un bon lien avec les Sénateurs d’Ottawa et les Canadiens. Voilà une occasion rêvée, pense-t-il, de se faire remarquer rapidement. 

Mais les choses ne se passent pas comme prévu, alors qu'il est, dès le début de la saison, muté à l'aile par l'entraîneur.

Affecté par ce changement de position et par la façon dont il est utilisé et perçu par les instructeurs, Beauregard connaît une saison difficile: 28 points en 67 matchs. Après une première expérience dans la Ligue américaine, c’est beaucoup trop peu. 

L’été 2019 arrive et l’heure est aux gros changements pour l'attaquant. Très déçu par la tournure que prend sa carrière, il remercie son agent et se tourne vers celui qui deviendra l’un de ses plus fidèles acolytes dans sa quête de rédemption : Nicola Riopel. 

Le début d’un temps nouveau         

Comme l’évoque très bien la chanson de la jadis pétillante Renée Claude (décédée en mai 2020), l’association d’Anthony avec Nicola Riopel marque, pour le patineur, «le début d’un temps nouveau».

Réputé pour être très près de ses clients, Riopel, un ancien gardien étoile de la LHJMQ, connaît déjà Beauregard pour l’avoir côtoyé sur la Rive-Sud de Montréal quelques années auparavant. 

«Anthony Beauregard, je savais très bien c’était qui, précise l’agent. On vient du même coin et nous nous étions déjà vus quelques fois, avant même que je lance mon agence. Je savais qu’il était très talentueux. 

«Quand il a eu besoin d’un agent, je crois qu’il a été attiré par le fait que je suis quelqu’un qui travaille de façon très étroite avec ses joueurs. Je n’hésite pas à mousser leurs exploits sur les réseaux sociaux.»

Crédit photo : Nicola Riopel - Agence Propulsion

D’entrée de jeu, Riopel suggère à son nouveau client de tenter l’expérience européenne. 

«Nicola avait joué à Dundee (Écosse) quand il était gardien de but et il connaissait l’environnement et l’entraîneur, Omar Pacha, qui était aussi un Québécois, se rappelle Beauregard. Un soir, quelque part en juillet, nous nous sommes assis ensemble. Un peu comme l’avait fait mon entraîneur universitaire, Omar m’a clairement signifié qu’il comptait m’utiliser à profusion et dans les meilleures dispositions possibles pour me faire bien paraître.»

«J’ai donc choisi de quitter pour Dundee. Je n’avais pas eu une année très agréable dans la ECHL et je n’avais pas vraiment envie d’y retourner. Je me disais aussi qu’une grosse année offensive de ma part allait attirer l’attention de certaines équipes. Je savais, au fond de moi, que ma touche ne s’était pas évaporée...»

Retour en force... interrompu par la COVID-19         

Dès le premier match de la saison, l’entraîneur des Stars de Dundee tient parole et utilise Beauregard à toutes les sauces. 

«Il m’a fait jouer plusieurs grosses minutes et j’ai répondu aux attentes. J’ai été très constant au chapitre de ma production offensive, cette année-là.» 

Et comment! 

Fort d’une récolte de 46 points en 48 matchs, l’attaquant termine au premier rang des pointeurs de son équipe. 

Au-delà de ses performances sur la glace, il file le parfait bonheur en Europe. 

«J’ai eu la chance de pouvoir m'y rendre avec ma copine. Il y avait aussi cinq Québécois au sein du club. Nous avions beaucoup de plaisir.»

Il signe pour une autre saison à Dundee, mais un adversaire nommé «COVID-19» entre alors en jeu. En juillet 2020, le patineur doit prendre une décision déchirante. 

«Quand l’été s’est pointé, on n’avait encore aucune certitude quant à la tenue d'une saison 2021 dans la Ligue élite britannique. En août, mon entraîneur m’a appelé et il m’a dit qu’il voulait que je joue au hockey. Il m’a donné la permission de regarder les options ailleurs.

«Entre temps, l’instructeur du Thunder de Wichita (ECHL) s’est montré très intéressé à mes services. J’ai choisi d’effectuer un retour dans cette ligue-là parce que je voulais jouer, mais aussi parce que je me sentais prêt à y faire des ravages et à prouver ma véritable valeur.»

Et c’est exactement ce qu’il fait... 

L’explosion          

À ce moment-ci de votre lecture, vous avez assurément compris qu’Anthony Beauregard est un hockeyeur rempli de talent. Lui-même en est parfaitement conscient. 

L’objectif ultime, toutefois, est de le prouver aux bonnes personnes... au bon moment. 

À son arrivée à Wichita, une ville de l’état du Kansas, Beauregard connaît malheureusement un lent départ.

«Je n'ai pas très bien débuté, avoue-t-il. Quelque chose comme un point en dix matchs. Mais mon entraîneur s’est assis avec moi à un moment donné et il m’a dit qu’il croyait toujours en l’impact que je pouvais avoir sur son groupe. Il m’a demandé d’avoir du plaisir à jouer. C’est là que tout a débloqué.»

Encore la fameuse histoire de la confiance... Comme à Concordia et Dundee! 

Galvanisé par cet échange avec son coach, Anthony explose. 

À l’heure actuelle, tel que mentionné en introduction, il occupe le premier rang des pointeurs de la ECHL. Une impressionnante récolte de 65 points en 57 matchs. Et preuve de son implication globale, il présente également le meilleur différentiel du circuit : +22. 

Objectif clair      

Avec la saison qu’il connaît, Anthony Beauregard met vraiment toutes les chances de son côté pour effectuer un retour dans la Ligue américaine. 

D’ailleurs, le Québécois, dans un contexte «normal», aurait bien pu obtenir une nouvelle opportunité dans la LAH dès cette saison. Mais avec la pandémie qui a bouleversé le sport professionnel en entier ces derniers mois, le contexte est justement tout, sauf «normal».

«Certaines équipes de la LAH se sont montrées intéressées à ses services, lance Nicola Riopel. Il brûle la ECHL et ça attire l’attention. Mais la situation, soyons francs, n’est pas du tout favorable cette année. Les équipes canadiennes ne voulaient pas prendre le risque de devoir lui faire passer une quarantaine de 14 jours. Dans une saison écourtée, les dirigeants se disaient que ça ne valait peut-être pas la peine. 

«Aussi, plusieurs joueurs issus des universités américaines et de la Ligue junior de l’Ontario (qui n’a pas tenu de saison en raison de la COVID-19) ont rapidement été approchés par les formations de la Ligue américaine. On a très vite pu compter 15 à 18 attaquants par équipe. Il y a présentement un surplus de joueurs dans la LAH.»

L’agent tient toutefois à mettre en lumière la sublime progression de son client, qu’il illustre à l’aide d’un exemple plutôt évocateur. 

«Le dirigeant d’une équipe américaine de la LAH m’a récemment confié qu’Anthony était le premier sur sa liste si un membre de l’un ses deux premiers trios se blessait.» 

Pas si mal pour un joueur qui avait peiné à Brampton (ECHL) deux ans auparavant...

S’il est prêt à accepter «l’excuse COVID» pour cette saison, Beauregard, lorsqu’on lui demande quel serait le scénario rêvé pour lui en vue de la prochaine saison, ne joue pas à l’autruche. 

«J’aimerais vraiment avoir une nouvelle chance dans la Ligue américaine. J’ai aujourd’hui 25 ans et je considère maintenant avoir une grande expérience. Je sais que j’ai les aptitudes pour y performer.»

Une autre possibilité?          

Convaincu du talent de son client, Nicola Riopel n’a quand même pas le choix d’envisager tous les scénarios imaginables. C’est d’ailleurs l’un des grands axes de son mandat d’agent. 

L’ancien gardien des Wildcats de Moncton avoue craindre que Beauregard, en se montrant trop patient, soit encore une fois victime des contrecoups sportifs et administratifs de la COVID-19.

«Il peut être patient et attendre jusqu’à la fin août pour une offre de la LAH qui viserait la prochaine saison (début en octobre prochain). Mais si l’offre rêvée ne se présente pas, la saison en Europe sera sur le point de débuter et il risque de se retrouver les mains vides. Je ne veux pas que ça arrive.»

Si Riopel parle de l'Europe, c’est qu’il y a présentement, avance-t-il, des dizaines d’offres de partout à travers le monde pour Anthony. 

«Actuellement, j’ai pour lui des offres de plusieurs formations européennes qui seraient prêtes à lui verser un salaire quatre fois plus élevé que ce qu’il touche cette année dans la ECHL. Avec tous les à côtés et la conversion en euros, on parle d’un salaire quasi équivalent à un 100 000$ dans la LAH. Je crois qu’Antho doit aussi penser en fonction du long terme et de la qualité de vie qu’il souhaite avoir. Mon travail, c’est aussi de lui illustrer tout ça...  

Crédit photo : Capture d'écran - ECHL

«Avec les qualités de joueur de hockey qu’il a, Anthony pourrait jouer en Europe pendant très longtemps et y connaître beaucoup de succès, en plus d’être très bien sur le plan humain. La possibilité de toucher beaucoup plus d’argent qu’un joueur de la LAH est bien réelle et les conditions de vie sont sublimes. Moins de matchs, tu dors à la maison, tu visites l’Europe au grand complet pratiquement gratuitement... Une carrière en Europe, ça peut vraiment être fantastique.»

S'il affiche clairement une préférence pour la LAH, Beauregard ne cache pas qu'il a aussi un intérêt pour le Vieux Continent. 

«Je sais que plusieurs équipes (Suède, Slovaquie, Suisse, Allemagne) sont intéressées. J'ai bien aimé mon passage en Europe alors je ne ferme aucune porte.»

Et pour ceux qui pensent que l’Europe est en soit une finalité, Nicola Riopel s’empresse de citer le cas de Chris DiDomenico, un ancien de la LHJMQ qui a transité par l’Europe... avant de faire ses débuts dans la LNH.

«C’est le meilleur exemple prouvant que l’Europe peut avoir beaucoup de positif sur une carrière. Ça peut assuréement servir de tremplin pour un joueur talentueux comme Antho. Avant de goûter à la LNH, DiDomenico a joué en Italie, en deuxième division suisse, puis en première. Il a tellement impressionné là-bas que Guy Boucher n’a pas hésité à lui donner une chance dans la grande ligue.»

«Une chance». Voilà la seule chose, au fond, que demande Anthony Beauregard. 

Parce qu’avec le flair offensif qu’il possède, le risque, avouons-le, pourrait rapporter très gros à l’équipe qui tentera le coup avec lui.