Patrice Bernier

Faire briller Mihailovic

Faire briller Mihailovic

Patrice Bernier

Publié 30 avril
Mis à jour 30 avril

Avec une fiche d’une victoire et d’un match nul, le CF Montréal connaît certainement un début de saison positif, d’autant plus que l’équipe pointe au sommet du classement dans l’Est en vertu de ses quatre points acquis sur une possibilité de six.

La «bande-annonce» dont je parlais, il y a une semaine, au sujet du jeu de l’équipe contre Toronto, se valide : le film est bon et risque de contenir sa part de péripéties enlevantes jusqu’à la fin de la saison!   

Au chapitre des bonnes nouvelles, il y a l’attaque, qui est productive. Six buts, dont un sur coup de pied arrêté. Dans une ligue où l’accent est davantage mis sur l’offensive, c’est intéressant de voir que le Club de Foot répond présent. Et on parle d’une attaque efficace alors qu’elle a marqué sur 66% de ses tirs cadrés (6 en 9).

Le facteur Mihailovic

Cela dit, il y a encore certaines évolutions à observer dans le jeu offensif de l’équipe. Si on regarde la colonne des buts projetés («expected goals»), la moyenne des deux matchs est de 0,8. L’équipe a marqué six buts et la moyenne de buts projetés par match est en dessous d’un! 

Ce que ça veut dire, c’est que le CF Montréal ne se procure pas assez d’occasions au but. Plusieurs des buts marqués viennent de tirs effectués de l’extérieur de la surface. Mason Toye et Zachary Brault-Guillard ont marqué de cette façon, samedi dernier, contre Nashville. C’est bon signe dans la mesure où les joueurs ne semblent pas hésiter à frapper de loin quand l’opportunité se présente, mais on n’est pas assez souvent dans la zone payante (surface de but), où le pourcentage de réussite est bien plus élevé. 

D’ailleurs, cinq des six buts marqués proviennent de revirements provoqués, mais le CF Montréal n’a pas marqué une seule fois en déstabilisant un adversaire bien organisé. 

Cela nous amène vers la relation entre les milieux de terrain défensifs Samuel Piette et Victor Wanyama et le milieu offensif Djordje Mihailovic. Dans le match contre Toronto, les deux premiers ont rejoint Mihailovic à cinq reprises et contre Nashville, six fois. Si l’on compare ces chiffres avec ceux de Nashville, justement, il y a une disparité importante. Leur milieu offensif, Hany Mukhtar, a reçu le ballon douze fois de la part des milieux défensifs Dax McCarty et Anibal Godoy lors du seul match contre Montréal. D’autres exemples? Lucas Zelarayan, du Crew de Columbus (prochain adversaire du CFMTL), a été rejoint onze fois par Artur et Perry Kitchen dans un seul match. Est-ce que ce sont les milieux défensifs qui ne cherchent pas Djordje, ou est-ce plutôt celui-ci qui ne se met pas assez en position propice pour être trouvé?

Oui, les équipes ont différentes philosophies de jeu et Montréal n’a pas à faire comme Nashville ou Columbus. Toutefois, ces tendances sont indéniables. Elles indiquent qu’il importe de donner le ballon plus régulièrement et plus rapidement au joueur qui doit créer, afin que les occasions se multiplient. C’est l’évolution que j’espère voir se produire du côté de Montréal. Mettre Mihailovic plus régulièrement dans des situations où il peut donner la dernière passe, ou tout simplement mener l’offensive. 

L’attaque ne doit pas devenir prévisible. Nous avons un «dix», un joueur qui démontre des qualités intéressantes, donnons-lui plus la chance de trouver la solution! 

Crédit photo : Josie Norris / The Tennessean via Imagn Content Services, LLC

Des ajustements derrière  

En défense, il faut revenir à l’agressivité que l’équipe a démontrée contre Toronto, il y a deux semaines. On l’a vue à Nashville au départ de la rencontre. Ensuite, on a cessé d’être agressifs. 

On peut parler comme on veut de l’occasion ratée par Romell Quioto à la 47e minute, qui aurait pu «tuer le match» pour les Montréalais, mais on a ensuite vu que les principes mis en place cette année, qui impliquent entre autres de défendre vers l’avant, d’être plus agressifs, ont graduellement cessé d’être appliqués. La défense doit plutôt maintenir le cap à ce sujet, car l’équipe s’est vite retrouvée acculée au pied du mur et Nashville a pu faire centre après centre et répéter les actions qui leur ont permis de marquer leurs deux buts. 

Un autre défi  

Maintenant, le CF Montréal se prépare à affronter le Crew de Columbus, un match qui sera d’ailleurs présenté à TVA Sports samedi, en après-midi. 

Columbus est champion en titre de la Coupe MLS, donc c’est évidemment un autre bon test pour la troupe de l’entraîneur Wilfried Nancy. C’est une équipe qui s’est solidifiée, d’ailleurs, en faisant l’acquisition notamment de Kevin Molino, qui était un joueur-clé pour Minnesota United la saison passée, spécialement lors des éliminatoires. On a aussi ajouté Bradley Wright-Phillips. On n’en parle pas beaucoup, mais l’Anglais est maintenant le sixième meilleur buteur de l’histoire de la MLS, il cherche toujours une coupe et il a retrouvé ses instincts, la saison dernière, lors de son séjour avec le LAFC. 

Enfin, n’oublions pas que le Crew compte désormais sur un certain Evan Bush à titre de gardien substitut! 

Tout ça indique que Columbus a continué de bâtir sur ses succès de 2020 et entend rester une force dans la MLS. 

Le Crew a aussi une sorte de «carte cachée» en Luis Diaz, un ailier costaricain très rapide. Sachant que la défense du CFMTL se fait parfois prendre de vitesse, il faudra le surveiller. Diaz est incisif, il crée de l’espace pour les autres vedettes de Columbus. 

Finalement, je vous invite à écouter le dernier podcast «XI MTL», dans lequel je reviens plus en détail, entre autres, sur l’importance que Djordje Mihailovic doit prendre dans le jeu montréalais.

À samedi!