WWE

Rhea Ripley, une championne pleine de confiance

Rhea Ripley, une championne pleine de confiance

Patric Laprade

Publié 29 avril
Mis à jour 29 avril

Kevin Raphaël et moi avons reçu nulle autre que la toute nouvelle championne féminine de Raw, Rhea Ripley, la semaine dernière aux Anti-Pods de la Lutte. Pour les raisons évidentes, l’entrevue s’est déroulée en anglais. Alors pour ceux et celles pour qui l’anglais est un défi ou si vous préférez lire le résumé plutôt que d’écouter l’entrevue de 30 minutes, je vous propose un résumé de cet entretien avec la très sympathique Rhea.

De son vrai nom Demi Bennett, Rhea est née à Adélaïde dans l’état de l’Australie-Méridionale, en Australie. Même si Adélaïde est l’une des grandes villes du pays, c’est dans l’état voisin de Queensland qu’elle s’est découverte une passion pour la lutte professionnelle. 

« J’ai commencé à lutter en 2012 quand j’avais 16 ans, nous dit-elle. Deux ans auparavant, j’étais à Queensland et j’ai vu un pamphlet pour un spectacle de lutte. On y est allés et j’ai vraiment aimé ça. Quand je suis revenue en Australie-Méridionale, je devais trouver une promotion de lutte. C’est à ce moment que j’ai commencé à assister aux événements de la Riot City Wrestling (RCW). J’ai assisté à tous leurs événements pendant deux ans avant d’y faire mes débuts. »

L’une des meilleures lutteuses de la scène indépendante à n’avoir jamais travaillé pour la WWE est l’Australienne Madison Eagles. Cette dernière a par contre entraîné ou aidé plusieurs lutteurs et lutteuses de son pays qui se sont fait un nom dans le monde de la lutte professionnelle, telles que Jessie McKay (anciennement Billie Kay), Cassie McIntosh (anciennement Peyton Royce), Indi Hartwell, Steph De Lander et Dakota Kai.

Mais Ripley n’a pas été l’une d’entre elles.

« J’aurais aimé être entraînée par Madison Eagles, avoue-t-elle. J’ai seulement lutté une fois ou deux contre elle et j’ai tellement appris que je ne peux imaginer ce que ça aurait été. »

« Non. De mon côté, j’ai été entraîné par deux frères, Chris et Matt Basso, à qui appartient la RCW, précise Ripley. Ils m’ont tellement appris. Je leur dois beaucoup de ma carrière. »

Comme tout le monde, le premier entraînement de lutte n’est pas évident. Surtout la première fois que tu prends une chute, que tu tombes sur le dos. D’ailleurs, Kevin et moi l’avons tous les deux vécus à nos dépends. Ce n’était pas différent pour Rhea.

« Je croyais que j’allais mourir, dit-elle en riant. J’ai pris mon premier bump sur des matelas de gymnase à l’extérieur. Cependant, je jouais au soccer depuis neuf ans, donc je savais que j’étais assez dure sur moi-même pour faire de la lutte. »

D’ailleurs, c’est le soccer qui l’a forgé comme athlète, avant qu’elle ne commence à faire de la lutte. Plusieurs des choses qu’elle a apprises en pratiquant ce sport lui ont été utiles par la suite.

« La rapidité, l’agilité, donner des coups de pied dans la face des gens, explique l’Australienne, à la blague, mais pas tant que ça! J’étais une bonne défenseur. Je sortais les adversaires du match. C’est ce que je faisais. Je donnais des coups au visage des gens! »

Assez d’adon pour quelqu’un qui a comme nom de thème d’entrée « Brutalité en action »!

« La brutalité a commencé à un jeune âge, dit-elle. J’étais violente quand j’étais jeune! »

Une fan du Miz! 

Comme la plupart des amateurs de lutte, Ripley avait son préféré. Elle ne savait juste pas qu’elle tombait directement dans les cordes de Kevin, alors je les ai laissés parler de leur lutteur favori, le Miz!

« J’avais beaucoup de plaisir à voir le Miz. Son attitude un peu snob, il trichait ou faisait une promo où il insultait carrément son adversaire, c’est ce qui m’a attiré vers lui comme lutteur. J’ai encore beaucoup de plaisir à le voir s’offrir en spectacle. Je ne sais pas s’il le sait cependant! Je ne lui ai jamais dit, à moins qu’il l’ait vu sur les réseaux sociaux! »

Après avoir passé cinq ans sur le circuit indépendant australien, elle a été signée par la WWE en 2017, faisant du même coup partie de la première classique Mae Young. Par la suite, au centre de performance, elle a poursuivi son entraînement avec Sara Amato, réputée pour être l’une des meilleures entraîneuses.

« J’étais dans la classe de Sara. Elle est tellement une bonne coach et tellement une belle personne. Quand tu la connais plus, elle s’ouvre davantage. J’ai vraiment appris à aimer Sara! »

« C’est à partir de ce moment-là que je suis devenu l’athlète que je ne pensais jamais devenir, poursuit celle qui a été la toute première championne féminine NXT UK. Quand je regarde la classique Mae Young, je pensais que j’étais bonne. C’est fou! Je suis maintenant plus confiante en moi. En quatre ans, j’ai amélioré ça. Mais je veux devenir plus forte, je suis au gym chaque jour, j’améliore ma rapidité, mon cardio, j’ai beaucoup changé depuis que je suis arrivé à NXT. »

Démanger d’Australie à 21 ans pour venir s’établir aux États-Unis n’est pas évident pour personne. Il y a un certain choc culturel. Ripley a surtout vu une différence dans la nourriture.

« La bouffe est tellement différente ici qu’en Australie, j’ai comme pris 10 kilos quand je suis arrivée! Pourtant, j’étais au gym deux à trois heures par jour. Mon corps ne réagit pas aussi bien au sucre produit par le sirop de maïs. Je mangeais la même chose, mais mon corps ne réagissait pas de la même façon. J’étais aussi loin de ma famille, ça n’a peut-être pas aidé. »

Si elle rêve un jour d’affronter Cesaro ou Triple H chez les hommes, son choix parmi les plus jeunes lutteuses s’arrête sur l’actuelle championne féminine de NXT.

« Je pense que je pourrais avoir un bon programme avec toutes les filles à NXT. Cela dit, j’aimerais bien avoir une rivalité avec Raquel Gonzalez à Raw ou à SmackDown. J’aime affronter quelqu’un comme Kacy Catanzaro, être la base et essayer de la faire super bien paraître avec des manœuvres spectaculaires », explique celle qui mesure 5 pieds 7, ce qui est grand pour la division féminine.

« Contre Raquel, je vais être honnête, je suis un peu plus petite qu’elle. J’utilise un arsenal différent. J’essaie de nouvelles affaires. C’est différent, parce que j’aime être la fille la plus grande dans le ring. Mais les quelques fois où c’est l’inverse, j’aime ça, ça me sort de zone de confort. »

« Elles n’ont pas à quitter, mais elles doivent nous laisser une place! » 

Lors de la semaine de WrestleMania, la WWE a justement misé sur la jeunesse du côté de sa division féminine en faisant trois changements de titre et en les donnant à Bianca Belair, Raquel Gonzalez et bien sûr, Ripley. Il s’agit d’un accomplissement que les trois championnes ont célébré ensemble lors du tout premier NXT présenté dans sa nouvelle case horaire du mardi soir.

« C’est devenu une réalité à NXT quand on était les trois dans l’arène. On a vraiment senti qu’on prenait le contrôle de la division féminine, qu’on prenait notre place, qu’on était cette nouvelle vague de lutteuses », raconte celle qui a aussi été championne féminine à NXT.

Lors des dernières années, la division féminine de la WWE a surtout tourné autour des cinq, six mêmes filles: Charlotte Flair, Sasha Banks, Becky Lynch, Bayley, Asuka et pendant un plus court laps de temps, Ronda Rousey.

« Bianca l’exprime d’une belle façon je trouve. Elles n’ont pas à quitter, mais elles doivent se tasser et nous laisser une place! Parce qu’on ne s’en va nulle part! On est ici pour rester! »

D’ailleurs, si Rhea a remporté son titre féminin de Raw le dimanche de WrestleMania face à Asuka, Belair remportait le titre de SmackDown la veille, en finale de la première partie de WrestleMania, une première pour un match féminin en simple.

« C’était spécial juste de voir comment les deux étaient contentes. Sasha a pu faire un trait sur quelque chose qu’elle voulait vraiment accomplir une fois dans sa carrière. Elles le méritent toutes les deux, ça c’est sûr! »

Puis, c’est alors que Kevin lui a parlé de coquerelles. Oui, oui, vous avez bien lu! En fait, mon collègue trouvait que lorsque Rhea fait son entrée, en piétinant, elle a l’air de vouloir tuer des coquerelles!

Sacré Kevin!

Ripley avait tout de même une explication.

« Je suis une grande fan du groupe de deathcore américain Suicide Silence. Leur ancien chanteur, Mitch Lucker, piétinait comme ça dans ses spectacles. Il est décédé en 2012, alors je voulais amener quelque chose de lui dans ma lutte, car sa musique a été importante dans mon adolescence. Je voulais trouver une façon de l’honorer. Et ça donne un look brutal qui sort très bien je trouve. Cependant, il arrive que je me fasse mal au pied tellement je piétine fort! »

La dureté du mental! 

La douleur n’est pas un problème pour Ripley, que ce soit une douleur physique ou mentale.

L’Australie a vu plusieurs lutteuses faire le saut vers les États-Unis. Si du côté des hommes, on pense notamment à Buddy Murphy, qui a longtemps lutté pour la RCW également, et à Bronson Reed, du côté féminin, la liste est longue: Billie Kay, Peyton Royce, Indi Hartwell, Dakota Kai, qui vient de Nouvelle-Zélande, mais qui a commencé à lutter en Australie, Steph de Lander qui vient tout juste de signer avec NXT, Toni Storm, sans oublier celles à l’extérieur de la WWE comme Tenille Dashwood, Shazza McKenzie et Charli Evans.

Et pour Ripley, c’est cette dureté qui les caractérise.

« On est toughs. On est dures. On a beaucoup à prouver en provenant de l’Australie. Même les hommes. Personne de l’Australie ne se faisait donner de chances avant. Et pour une femme, c’était encore plus difficile. Les gens nous voyaient comme une pause toilette. Et je détestais ça! Alors on a travaillé tellement fort et c’est ce qui nous a amenés aux plus hauts sommets. »

Suite au récent congédiement de Billie Kay et de Peyton Royce, Ripley devient la seule Australienne à Raw ou à SmackDown, une raison supplémentaire pour la lutteuse de demeurer motivée.

« Je suis déçu que Billie et Peyton ne seront plus là avec moi, car elles ont travaillé tellement fort et elles ont mérité toute l’attention qu’elles ont eue. Mais on n’arrêtera pas tant qu’on n’aura pas ce qu’on veut! » dit-elle avec une confiance en elle qui déborde.

Confiance qui a été mise à l’épreuve dans la dernière année. Si le tout s’est bien terminé avec sa victoire à WrestleMania, un an auparavant, les choses étaient différentes.

Elle avait perdu son titre NXT face à Charlotte Flair à WrestleMania 36, son premier WrestleMania et malheureusement, le premier sans amateurs en présentiel. Puis, au lieu de demeurer à Raw ou à SmackDown, elle est retournée à NXT deux mois plus tard, où elle a eu une année en dents de scie. L’année 2021 l’a ramené dans le giron de la WWE, tout d’abord au Royal Rumble, puis à Raw et finalement à WrestleMania.

Une situation qui n’a pas été facile à gérer pour la championne.

« Ça a été une montagne russe d’émotions. Il y a eu des hauts, mais il y a eu des bas. C’est vraiment la dureté de ton mental qui fait la différence. Je trouve que la lutte est plus mentale que physique. Dans la dernière année j’ai eu des difficultés et ma confiance en a pris pour son rhume. Je suis passé par toute une gamme d’émotions. Mais c’était à moi de m’en sortir. Je grandissais comme humain et j’avais encore des choses à résoudre. Mais quand il y a des bas, il va y avoir des hauts aussi. J’étais à Raw et je ne faisais rien, puis ensuite il y a eu les vignettes. Ok, ça s’en va vers une bonne direction que je me disais. Il faut faire confiance au processus. Il a fallu que je me dise que je suis ici pour une raison. Je suis vraiment bonne à ce que je fais et même si je veux rester humble, c’est important de me le rappeler, de me rappeler que je mérite ma place ici, que je suis assez bonne. »

En finale d’un spectacle en Australie 

En terminant, avec une année 2021 qui a bien débuté, qu’est-ce qu’on peut souhaiter à Rhea Ripley?

« Je ne sais pas, répond-elle candidement. Je suis intriguée de voir ce que le reste de l’année me réserve. Je ne veux pas avoir d’objectifs parce que quand tu te fixes des buts et que tu les atteints, il y a un vide après et tu ne sais plus quoi faire. Je veux vraiment voir où Rhea Ripley peut aller. Mais c’est sûr que de faire la finale d’un événement en Australie pourrait vraiment être fantastique. Ce serait vraiment cool! Sinon, souhaitez-moi de dominer la division féminine de la WWE! »

Pas si pire pour quelqu’un qui ne veut pas se fixer d’objectifs!

Pour écouter l’intégrale de l’entrevue avec Rhea Ripley aux Anti-Pods de la Lutte, vous pouvez le faire en cliquant ici https://www.tvasports.ca/2021/04/22/rhea-ripley-une-championne-en-confiance

De plus, Rhea s’était aussi entretenue avec Kevin Raphaël à son podcast Sans Restriction, dans une entrevue plus en surface, qui s’adresse à l’amateur de sport plus qu’à l’amateur de lutte. Vous pouvez l’écouter ici. https://baladoquebec.ca/sans-restriction/109-rhea-ripley-wwe-superstar

Vous pouvez également suivre Rhea sur les réseaux sociaux. Sur Twitter et Instagram et sur Facebook.