Crédit : Photo Didier Debusschère

Football

Un joueur des Carabins tout près du rêve de la NFL

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Toutes les embûches imaginables ont été laissées sur la route vers la NFL de Pier-Olivier Lestage en temps de pandémie, mais malgré l’aspect sinueux du parcours, il cogne à la porte du rêve. «Samedi, c’est l’une des plus grosses journées de ma vie qui m’attend», entrevoit le joueur de ligne offensive des Carabins.

Le repêchage de la NFL prend son envol jeudi soir, mais c’est deux jours plus tard que Lestage devrait enfin être fixé sur son avenir. Ce sera la journée des rondes 4 à 7, mais surtout, au terme de celles-ci, bon nombre de joueurs obtiennent leur opportunité par le biais d’un contrat à titre de joueurs autonomes.

«J’essaie de ne pas me faire trop d’attentes. Aux yeux de la NFL, je suis un joueur canadien qui n’a pas joué en 2020 parce que notre saison a été annulée. Je pars de loin. La porte risque de s’ouvrir après le repêchage. Si je fais partie d’une équipe de la NFL après le jour 3 de l’événement, peu importe la façon, ce sera mission accomplie pour moi», a confié Lestage en entrevue avec «Le Journal de Québec».

Malgré le contexte sanitaire qui a grandement limité la visibilité qu’il aurait pu obtenir en temps normal, le garde est d’avis qu’il a su tirer le meilleur d’une situation complexe.

Il a notamment été en mesure de s’exposer aux recruteurs lors de sa présence au Tropical Bowl, en janvier à Orlando, en plus du College Gridiron Showcase, au Texas.

«Ça a été compliqué pas mal et je suis content que le processus achève. Dans toute l’incertitude, ce n’était pas évident de constamment maintenir le cap, mais je suis satisfait malgré tout des opportunités qui m’ont été données.»

«J’ai pu répondre à beaucoup de questions à mon sujet. Les équipes de la NFL aimaient déjà mes vidéos. Le fait que j’aie pu rivaliser avec le talent américain leur a démontré mon niveau de jeu et tout le sérieux que j’ai mis dans ma préparation», a-t-il expliqué.

Un bon mentor

En plus d’avoir pu obtenir un peu de visibilité aux États-Unis, Lestage n’a pas lésiné sur sa préparation en besognant avec Paul Alexander, un entraîneur d’expérience qui a notamment dirigé la ligne offensive des Bengals de Cincinnati de 1994 à 2017 et qui lui a prodigué de judicieux conseils. Son réseau de contacts ne peut certainement pas nuire.

«On a gardé contact et il a été d’un appui incroyable dans le processus. L’une des choses qu’il m’a dites et que je m’assure de retenir c’est qu’on s’en fout que je sois repêché ou non. Tant que tu réussis à te rendre dans la NFL, c’est le football qui va parler après», a résumé le garde de 6 pi 3 po et 295 lb, qui s’est également familiarisé avec la position de centre dernièrement.

«Le fait de pouvoir jouer deux positions augmente ma valeur», a-t-il fait valoir.

De l’intérêt

À la lumière des discussions avec différentes équipes qui ont eu lieu dans les derniers mois, Pier-Olivier Lestage se sent d’attaque.

«Je pense que j’ai de bonnes chances d’obtenir un contrat. Plusieurs équipes ont discuté avec moi et certaines ont démontré pas mal d’intérêt. On ne sait jamais comment ça va tourner. Si je signe, tant mieux. Sinon, il y aura la Ligue canadienne de football (LCF) pour réaliser mon rêve de jouer au football professionnel.»

Lestage est représenté par Sasha Ghavami, qui compte aussi Laurent Duvernay-Tardif et Antony Auclair parmi ses clients.

Bruno Labelle s’attend à avoir sa chance

À l’approche du repêchage, l’ailier rapproché Bruno Labelle se voit bien vivre une histoire comme celle qui a commencé pour Antony Auclair en 2017. Plus que jamais, il croit en ses chances d’évoluer dans la NFL l’automne prochain.

Au printemps 2017, même s’il avait été ignoré à l’encan annuel de la NFL, Auclair avait décroché un contrat comme joueur autonome avec les Buccaneers et il a fait son nid dans le gros circuit depuis.

Pour sa part, Labelle a disputé les cinq dernières saisons dans l’uniforme des Bearcats de l’Université de Cincinnati.

Doté d’un bon gabarit (6 pi 4 po, 248 lb), il a capté 20 passes dont deux pour des touchés, mais surtout, il s’est imposé comme un bloqueur de qualité.

À l’image d’Auclair avant lui, il estime avoir fait le nécessaire pour convaincre les recruteurs qu’il a sa place dans la NFL.

«Je ne suis pas le genre de gars qui "flashe" dans les sommaires de matchs. J’ai quand même un rôle très important au niveau du bloc et c’est ce qui me donne une opportunité de graduer au niveau professionnel. Il y a un bon marché pour des ailiers rapprochés qui bloquent. Les équipes en cherchent et quand tu es capable de faire le travail et d’être constant, tu peux connaître une très longue carrière», a mentionné Labelle lors d’un entretien, en spécifiant qu’il se voit rapidement dans la NFL.

«Tout à fait! Si tu ne crois pas en toi-même, personne d’autre ne va croire en toi. Ce n’est pas de l’arrogance, mais de la confiance.»

De bonnes discussions

Lors de son «Pro Day» le 31 mars, l’ancien des Nomades du Collège Montmorency affirme avoir eu de bons commentaires de la part de plusieurs des 29 équipes présentes. Depuis, les discussions avec certains clubs sont allées un peu plus loin, mais Labelle préfère ne pas s’emballer.

«Certaines équipes m’ont parlé plus que d’autres, mais je ne pense pas que ce soit un grand indicateur de qui peut me regarder vraiment. Ça reste de l’inconnu. Il ne faut pas se créer d’attentes avec ça. C’est agréable d’avoir de bonnes conversations avec certaines équipes, mais toutes les portes restent ouvertes. Je ne suis pas stressé de nature et je laisse les choses aller. N’importe quelle équipe qui va me donner l’opportunité de jouer, je serai content», a-t-il indiqué.

Si la NFL ne lui ouvre pas ses portes, Labelle est classé 16e espoir en vue du repêchage de la LCF, et il explorerait volontiers cette avenue.