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Tim Thomas revient de loin

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Éloigné de la société et du monde du hockey depuis qu’il a subitement annoncé sa retraite en 2014, l’ancien gardien de but des Bruins de Boston Tim Thomas tente de renouer avec le sport qu’il a pratiqué.

Depuis son annonce, Thomas s’est isolé et en est même venu à haïr le hockey, lui qui a entre autres souffert de problèmes de santé en raison des nombreuses commotions cérébrales qu’il a subies durant sa carrière. Il avait même coupé les ponts avec la grande majorité de son entourage, particulièrement ceux avec qui il avait partagé des liens étroits sur la glace. Ils incluent les joueurs qui faisaient partie de la formation des Bruins ayant gagné la coupe Stanley en 2011.  

En 2019, Thomas est brièvement réapparu sur la scène publique pour la première fois depuis qu’il avait quitté le monde du hockey, quand il a accepté de faire une entrevue avec les médias au sujet de son intronisation au Temple de la renommée du hockey des États-Unis.

«Il y a à peu près 16 mois, j’ai traversé de l’autre côté, si on peut dire, a indiqué celui qui est aujourd’hui âgé de 47 ans, au site The Athletic, plus tôt ce mois-ci. Le mieux je me porte, le plus j’essaie de trouver des choses intéressantes à faire. J’essaie de reconnecter avec des amis et des connaissances qui ont fait partie de ma vie.»

«Maintenant, je fais ce premier petit pas sur la scène publique. Ça fait partie d’une reconnexion dont j’avais de besoin.»

En virtuel  

Celui qui est devenu le plus vieux joueur à remporter le trophée Conn Smythe, remis au joueur le plus utile des séries éliminatoires, lorsqu’il avait 37 ans à la conquête des Bruins, a pu retrouver certains membres de cette équipe, l’été dernier. La formation du Massachusetts avait tenu des retrouvailles virtuelles auxquelles le portier américain s’est joint. Depuis ce temps, il a maintenu contact avec certains d’entre eux, dont l’attaquant Milan Lucic, à qui il a envoyé un message pour le féliciter pour son 1000e match dans la Ligue nationale.

La route du retour demeure tout de même encore longue pour Thomas.

«Quand tu es dans un endroit comme là où je me trouvais, où tu as de la difficulté à seulement réfléchir, [à ce moment] tu peux comprendre, a-t-il ajouté. Disons seulement que mes pensées devenaient trop négatives. [...] C’est un processus. Ça prend du temps, clarifier ton histoire quand tu n’es plus en mesure de réfléchir et devoir rebâtir cette capacité, pour finalement mettre toutes les pièces du casse-tête ensemble.»

«C’est quelque chose que j’aime mieux garder pour moi jusqu’à ce que je sois prêt à raconter mon histoire complète. Je ne peux pas vraiment raconter une histoire au monde sur ce qui m’est arrivé quand moi-même, je ne la comprends pas au complet.»

Une dose de hockey à la fois  

Ayant passé 10 saisons dans le circuit Bettman, principalement avec les Bruins de Boston, mais aussi avec les Stars de Dallas et les Panthers de la Floride, Thomas a tranquillement réintroduit le hockey dans sa vie.

Thomas, à l’image d’Auston Matthews et de Matthew Tkachuk, ainsi que plusieurs joueurs de la NBA, lanceront une ligne d’objets virtuels de collection mettant en vedette l’ancien «Ourson», afin de célébrer le 10e anniversaire de la victoire de la coupe Stanley. Pour l’athlète originaire du Michigan, c’était aussi une occasion de célébrer sa carrière, ce qu’il n’a jamais pu faire.

«Ça m’aide à apprécier mes expériences vécues, a dit Thomas. Lors de la dernière année, et pas seulement en raison des objets virtuels de collection, ça m’a beaucoup aidé à apprécier les expériences que j’ai vécues en raison du hockey, apprécier les relations que j’ai développées en raison du hockey. Quand tu es là où j’étais, tu dévalorises tout ce que tu as accompli et tu dévalorises tout ce que le hockey t'a permis de vivre.»

«Ça commence à changer. Je peux laisser le hockey faire partie de ma vie de nouveau.»

Thomas a même recommencé à regarder certains matchs dans le confort de son domicile, en compagnie de son fils.

«J’imagine que je suis un observateur occasionnel maintenant. Et plus je retrouve contact avec mes anciens coéquipiers, plus je sens que je reviens tranquillement dans ce monde, en quelque sorte.»