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Crédit : AFP

LNH

Anthony Mantha : une sieste, un texto, un échange

Publié | Mis à jour

Anthony Mantha ne s’y attendait pas. Choix de premier tour des Red Wings de Detroit en 2013, il avait connu une seule organisation dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Le 3 novembre dernier, il avait également paraphé une entente de quatre ans et 22,8 millions $ avec les Wings.

Le 12 avril dernier, à la date limite des transactions, Mantha faisait sa routine d’avant-match. Il se préparait pour une autre rencontre avec les Red Wings, n’accordant pas trop d’attention à la frénésie des échanges dans la LNH.

«On n’avait jamais parlé de la possibilité d’une transaction, a dit Mantha en entrevue téléphonique au Journal. C’était une surprise totale pour moi. Je jouais ce soir-là en Caroline. J’ai fait ma sieste d’avant-match, comme je fais toujours et je me préparais à jouer pour les Wings. Quand je me suis réveillé, il était 15h30, c’était 30 minutes après l’heure limite pour les échanges. J’avais un message texte de Steve Yzerman où il me disait de lui téléphoner.»

«Je l’ai appelé immédiatement et il m’a annoncé que je venais d’être échangé aux Capitals de Washington, a-t-il continué. La conversation a duré environ une minute. C’était très court, c’était business. Il n’y avait pas de sentiments.»

Une conversation aussi courte peut paraître brutale, mais elle n’a rien d’anormal.

Les directeurs généraux de la LNH vous diront que c’est toujours mieux de rester loin des sentiments et d’y aller directement au but.

D’un extrême à l’autre

Pour Mantha, c’était le début d’une nouvelle aventure. Il fermait un chapitre de près de sept saisons au sein de l’organisation qu’on surnomme « Hockeytown ».

«C’est totalement différent pour moi, a-t-il raconté. On ne se le cachera pas. À Detroit, nous étions dans un mode de reconstruction. À Washington, je tombe dans une équipe où la mentalité est de se battre pour gagner la coupe Stanley. Je passe d’un extrême à l’autre.»

«D’un côté personnel et pour ma carrière, je trouve que ça peut juste être du positif. J’ai hâte de découvrir le jeu des séries, il s’agira d’une étape importante pour ma carrière. J’espère pouvoir aider l’équipe à passer d’une série à l’autre.»

Les Capitals ont réalisé la plus grosse prise à la date limite des transactions. Pour attirer Mantha à Washington, le directeur général Brian MacLellan a cédé l’ailier Jakub Vrana et un choix de 1er tour en 2021. Dans ce même pacte, MacLellan a réussi à se départir du contrat de Richard Panik en donnant un choix de 2e tour en 2022 aux Wings.

Quatre en quatre

À ses quatre premiers matchs à Washington, Mantha a fait honneur à sa réputation de marqueur. Le grand ailier de 6 pi 5 po et 234 lb a déjà marqué quatre buts en plus d’obtenir une passe. Il a touché la cible à ses quatre premières rencontres avec les Caps.

«Anthony montre de belles choses depuis ses débuts avec nous, a dit l’entraîneur Peter Laviolette après un revers de 6 à 3 contre les Bruins dimanche après-midi. Il est gros, il est rapide et il peut fabriquer des jeux. C’est un bon départ, mais j’aimerais croire qu’il y a encore plus qu’on peut ressortir d’Anthony.»

C’est justement le pari des Capitals. À Washington, Mantha pourrait amener son jeu à un autre niveau. Oui, il a déjà connu des saisons de 24 et 25 buts avec les Red Wings, mais on considère qu’il n’a pas encore atteint son plein potentiel.

Mantha est aussi de cet avis.

«Oui, je pense que je peux apporter mon jeu à un autre niveau. Mais pas juste pour les statistiques offensives, je veux aussi apprendre de mes nouveaux coéquipiers. Il y a de grandes vedettes avec les Capitals : Ovechkin, Backstrom, Carlson, Kuznetsov, Chara, Oshie... C’est impressionnant.»

«Même si je suis dans la LNH depuis assez longtemps, j’avais de grands yeux en rentrant pour une première fois dans le vestiaire des Capitals. C’est impressionnant au départ. Je joue maintenant avec Ovechkin. Avant, il pouvait marquer trois buts contre nous. Je trouvais que ça semblait facile pour lui. Maintenant, je peux voir tout ce qu’il fait au quotidien pour être aussi bon. Ovi est un gros bonhomme. C’est aussi un gars drôle, il a du plaisir à jouer au hockey. Il n’est pas juste un marqueur né.»

Les gants de Chara

Mantha a fait ses débuts avec les Caps le 13 avril, le lendemain de la transaction. Une rencontre contre les Flyers qu’il n’oubliera pas.

«Au départ, les Capitals n’avaient pas reçu mon équipement de la part de la compagnie Warrior. Pour ma première rencontre, j’ai pris des gants de Zdeno Chara. Je l’avais taquiné un peu en lui demandant s’il restait quelques buts dans cette paire de gants. Il m’avait dit qu’il ne le savait pas. Mais j’ai finalement marqué à mon premier match. Nous avons bien ri de ça.»

Avec les Capitals, Mantha profitera aussi à entendre une nouvelle voix en Laviolette, lui qui avait joué uniquement pour Jeff Blashill à Detroit et même pour une saison à Grand Rapids (2014-2015).