Patric Laprade

Raquel Gonzalez: le couronnement du futur de la WWE

Raquel Gonzalez: le couronnement du futur de la WWE

Patric Laprade

Publié 09 avril
Mis à jour 09 avril

Le but premier de NXT lorsque la promotion a été créée était de permettre à de jeunes talents de gagner en expérience et en confiance en attendant de peut-être, un jour, faire le saut à Raw ou à SmackDown. 

Je me souviens d’avoir eu une discussion avec Terry Taylor qui me disait que justement, les erreurs étaient permises à NXT, erreurs qui n’auraient pas été vues de la même manière les lundis et mardis soirs. Même l’équipe technique qu’on utilisait, celle de l’Université Full Sail à Winter Park, en banlieue d’Orlando, était en apprentissage.  

On fait souvent le parallèle entre la Ligue américaine de hockey et la Ligue nationale en disant que NXT est en quelque sorte le club-école de la WWE, une comparaison qui n’est pas parfaite, mais à défaut de mieux, celle que les gens peuvent comprendre. 

Au fil des années et des signatures, des lutteurs et lutteuses d’expérience ont été signés et envoyés à NXT, un passage obligé pour la majorité des nouveaux venus ne s’appelant pas AJ Styles. 

Mais n’en reste qu’on retrouve au même endroit autant une lutteuse qui fait ce métier depuis 20 ans qu’un ancien joueur de football qui n’a débuté sa deuxième carrière qu’il y a à peine 12 mois. 

Mercredi et jeudi soirs, pour la première fois, NXT est revenue aux sources, est revenue à sa mission première, celle de développer les vedettes de demain. 

En effet, la promotion floridienne présentait NXT TakeOver: Stand & Deliver et s’il y a une personne qui est sortie du lot, c’est la lutteuse et nouvelle championne féminine de NXT et j’ai nommé Raquel Gonzalez. 

Mercredi soir, en finale de la première soirée, le meilleur des deux événements soit dit en passant, Gonzalez a détrôné la nippone Io Shirai, mettant ainsi fin à son règne de 304 jours.

Le match, sans être le meilleur de la semaine jusqu’à présent, a livré la marchandise, particulièrement Gonzalez, qui en était à son plus gros défi depuis son arrivée à NXT. 

Qui est Raquel Gonzalez?  

Ce qu’il faut savoir c’est que Gonzalez, qui mesure six pieds, était une joueuse de basketball universitaire pour Texas A&M, en route vers un bac en journalisme. 

Mais son père est un ancien lutteur du circuit indépendant. Rick « Desperado » Gonzalez, qui a aussi lutté sous le nom de « Speedy ». Malheureusement, je n’ai pas trouvé une page Wikipedia ou même un profil sur le site spécialisé Cagematch. Mais peu importe, son père a lutté pendant une quinzaine d’années et ce fut suffisant pour que sa fille y prenne goût. 

Entraînée à l’America's Academy of Pro Wrestling à Austin au Texas, elle a fait ses débuts en 2014 sous son vrai nom de Victoria Gonzalez. Mais son physique et son athlétisme l’ont vite positionné sur le radar de la WWE, qui l’a signée en mai 2016.

C’est alors que Sara Amato, entraineure à NXT, l’a prise sous son aile et Gonzalez a finalement fait ses débuts en janvier 2017. 

Un produit de la pandémie  

Toutefois, ses débuts n’ont pas été faciles. Luttant sous le nom de Reina Gonzalez, elle apprenait le métier, loin des caméras alors que ses présences télévisées se faisaient rares. En effet, avant la pandémie, NXT présentait plusieurs événements non-télévisés en Floride, permettant ainsi à plusieurs de gagner en expérience. Ce fut le cas pour la native de La Feria, Texas, une petite ville au sud de Houston, tout près de la frontière Mexicaine.  

Malgré ses présences à la classique Mae Young en 2017 et 2018, un signe tout de même que la compagnie voyait un beau potentiel en elle, c’est vraiment au début de la pandémie que les choses ont commencé à changer. Sous le nom de Raquel Gonzalez, elle est devenue une régulière des émissions présentées sur USA Network et Sportsnet à compter du mois d’avril 2020. 

Un an plus tard, elle remporte le titre ultime de sa division. 

Un accomplissement très mérité alors que l’athlète de 30 ans est la lutteuse, homme ou femme, à s’être le plus améliorée à la WWE dans les derniers 12 mois. 

Si elle n’était qu’une lutteuse avantagée par son physique et son gabarit, elle est devenue une bonne lutteuse, capable de livrer la marchandise le moment venu. Que ce soit son match face à Rhea Ripley ou son tandem avec Dakota Kai, une lutteuse de 13 ans d’ancienneté, Gonzalez est devenue une incontournable et quelqu’un qui devient intéressante à suivre par son cheminement et sa progression.  

Une future vedette de la WWE 

Évidemment, ce ne sont pas tous les lutteurs et lutteuses de NXT qui se font appelés par le grand club. Il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. Puis, ce n’est pas tout le monde en provenance de NXT qui connait du succès à la WWE, alors que pour chaque Kevin Owens, il y a un Bo Dallas ou un Tye Dillinger. Parfois, remarquez, c’est peut-être un mal pour un bien.

Mais Gonzalez a quelque chose que peu de femmes ont dans l’univers de la WWE : un physique imposant. Comme disait si bien Enzo, « you can’t teach that ». La grandeur, ça ne s’apprend pas. Tu l’as ou tu ne l’as pas. Elle a un physique que Vince McMahon va adorer. Et dans sa catégorie, seules Nia Jax et Tamina lui font compétition et je m’avance en disant qu’elle leur est déjà supérieure. 

De plus, des 10 championnes de NXT qui sont passées avant elle, seule Io Shirai, contre qui Gonzalez vient de remporter le titre, n’a pas encore fait le saut vers Raw ou SmackDown. Et ce ne serait pas surprenant que d’ici peu, ce soit fait. 

En excluant la championne déchue, le taux de placement est de 100%, meilleur que dans un cours d’agent immobilier! 

Est-ce qu’elle sera en mesure de suivre la destinée des Paige, Sasha Banks, Bayley, Charlotte Flair, Asuka et Rhea Ripley, l’avenir nous le dira, mais une chose est sure, Raquel Gonzalez se trouve très haut dans mon classement des meilleurs prospects dans l’organigramme de la WWE. Si elle peut éviter les blessures et malgré qu’elle soit rendue à 30 ans, qui n’est pas nécessairement vieux, mais dans un sens un peu pour quelqu’un qui n’a pas 10 ans d’expérience sur la scène indépendante derrière la cravate, elle devrait connaître de bonnes années lucratives à la WWE. 

Walter contre Tomasso Ciampa, loin devant les autres! 

Si NXT TakeOver nous a habitué à des matchs classiques, que ce soit les Owens-Balor, Banks-Bayley ou Cole-Gargano, les deux soirs de Stand & Deliver n’aura pas eu ce genre de match cinq étoiles qu’on va encore parler dans cinq ans. 

Cependant, Walter contre Tomasso Ciampa est ce qui est de plus proche et est sans l’ombre d’un doute le meilleur match des douze qui nous ont été présentés.

Un match violent à souhait, d’une intensité incroyable, un combat extrêmement physique comme Walter est capable de nous en donner. Il avait l’adversaire idéal en face de lui en Ciampa. Plus petit en gabarit mais tout aussi intense et physique, on savait que c’était pour faire des flammèches et le match ne nous a pas déçus. 

Évidemment, Walter a conservé son titre NXT UK, lui qui est champion depuis 735 jours, ou si vous aimez mieux, un peu plus de deux ans. Un match que je vous suggère fortement si vous avez le temps de regarder qu’un seul combat. 

Dans les autres combats qui ont retenu mon attention, mentionnons bien sur la finale de mercredi entre Gonzalez et Shirai, le match d’échelles entre Jordan Devlin et Santos Escobar, MSK contre GYV contre Legado Del Fantasma, de même qu’Adam Cole contre Kyle O’Reilly, quoique ce match m’a quelque peu déçu. Je pense qu’ils auraient eu avantage à nous donner un bon match de lutte et non pas un match non sanctionné. Mais ce sont mes attentes qui étaient élevées, trop peut-être, car je ne peux dire que le match n’était pas bon, loin de là. 

Voici, en rafale, les résultats des deux soirs, de même que le spécial NXT UK: Prelude. Du côté de l’Angleterre, un produit que je n’ai malheureusement pas tout le temps de suivre, j’ai bien aimé la jeune Émilia McKenzie. 

NXT TakeOver: Stand & Deliver, première partie 

· Zoey Stark a battu Toni Storm

· Pete Dunne a défait Kushida

· Branson Reed a vaincu Leon Ruff, Isaiah Scott, Cameron Grimes, Dexter Lumis et LA Knight pour devenir l’aspirant numéro un au titre Nord-Américain 

· WALTER a battu Tomasso Ciampa pour conserver le titre NXT UK

· MSK ont défait GYV et Legado Del Fantasma pour devenir les champions par équipe 

· Raquel Gonzalez a vaincu Io Shirai pour devenir la championne féminine

NXT TakeOver: Stand & Deliver, deuxième partie 

· Killian Dain et Drake Maverick ont battu Breezango pour devenir les aspirants numéro un aux titres par équipe 

· Santos Escobar a défait Jordan Devlin dans un match d’échelles pour remporter le titre mi-lourd unifié 

· Shotzi Blackheart et Ember Moon ont vaincu Candice LeRae et Indi Hartwell pour conserver les titres par équipe

· Johnny Gargano a battu Bronson Reed pour conserver le titre Nord-Américain

· Karrion Kross a défait Finn Balor pour remporter le titre NXT

· Kyle O’Reilly a battu Adam Cole dans un match non sanctionné

NXT UK: Prelude 

· Tyler Bate a battu Noam Dar pour devenir l’aspirant numéro un de la coupe Heritage

· Meiko Satomura et Emilia McKenzie ont défait Kay Lee Ray et Isla Dawn

· WALTER a vaincu Rampage Brown pour conserver son titre NXT UK

Raymond Rougeau et Jean Brassard, c’est terminé avec la WWE 

Dans le registre des mauvaises nouvelles, nous en avons appris une cette semaine alors que Peacock, qui gère maintenant la chaîne de la WWE, a décidé de ne pas renouveler les commentateurs internationaux pour les événements spéciaux (PPV). 

Pour la compagnie, présente uniquement aux États-Unis, elle n’y voyait pas la plus-value. Seuls les Espagnols, un marché très important chez nos voisins du sud, ont été sauvés par ces coupures. 

C’est donc dire qu’après un peu plus de trois ans, les Québécois Raymond Rougeau et Jean Brassard ne feront plus les commentaires en français, qui étaient disponibles sur la chaîne de la WWE. Rappelez-vous, avant la pandémie, on nous présentait les commentateurs à la caméra lors de ces événements. 

Pour Raymond Rougeau, il s’agit d’une forte déception. 

« Je ne suis pas fâché de la décision, mais je suis terriblement déçu, me disait-il. Je suis déçu parce que j’aimais ça. J’aimais partir pour une fin de semaine, aller manger avec Jean et faire les commentaires ensuite. C’était une belle façon de briser la routine. Mais les commentaires plus précisément, c’est ce qui va me manquer le plus. Si jamais toi ou Kevin prenez des vacances à TVA Sports, faites-moi signe! » 

Même son de cloche pour Jean Brassard, qui depuis le mois d’août dernier, à cause de la pandémie, faisait cavalier seul en direct des bureaux de la WWE à Stamford au Connecticut. Jean habite à New York, qui n’est pas très loin.  

« Avec le cœur lourd je dois vous annoncer que dû à la restructuration via le Peacock Network, Raymond et moi ne ferons plus partie des équipes de commentateurs de la WWE à partir d'aujourd'hui même, a écrit Jean sur sa page Facebook. Donc, effectivement, je ne serai pas avec vous pour WrestleMania XXXVII en fin de semaine. Je sais que Raymond se joint à moi pour vous remercier de toutes ces années magnifiques passées en votre compagnie pour vous informer, vous divertir et vous faire vibrer au son des cordes du ring autant que nous. Raymond a été le meilleur partenaire de travail du monde et notre amitié est devenue précieuse au cours des années. Nos rencontres mensuels vont nous manquer à tous deux énormément. »

L’offre francophone diminue 

Jean et Raymond ont travaillé ensemble pendant plusieurs années à la fin des années 1990, avant de revenir ensemble en juin 2017.

Leur aventure prend fin pour une seconde fois, quelques semaines après que RDS n’ait pas renouvelé son émission mensuelle de lutte de deux heures, elle qui présentait la Ring of Honor et la promotion montréalaise IWS. 

Je trouve ça très particulier. 

En 2017, alors qu’il n’y avait plus de lutte en français au Québec depuis 2015, trois tandems sont apparus en quelques mois. 

En juin, Raymond et Jean, tandis qu’en octobre, Benoit Cossette et Stéphane Morneau prenaient les commandes de la lutte ROH/IWS et Kevin Raphaël et moi prenions celles de Raw à TVA Sports. 

Trois ans et demi plus tard, nous sommes les seuls survivants. 

C’est donc une autre perte pour la lutte québécoise, qui voit son offre francophone diminuée une fois de plus.

À lire demain  

Ce soir, SmackDown présente un épisode spécial WrestleMania, avec entre autres un match quadruple menace pour les titres par équipe et la bataille royale hommage au Géant Ferré (André the Giant). J’imagine qu’on va aussi avoir des nouvelles de Kevin Owens, Sami Zayn ainsi que de Logan Paul. Je vous en parlerai donc davantage dans mon blog de demain, en plus de faire mes prédictions pour le premier soir de WrestleMania.