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Kevin Owens et Sami Zayn, la fierté des Québécois!

Kevin Owens et Sami Zayn, la fierté des Québécois!

Patric Laprade

Publié 08 avril
Mis à jour 08 avril

Samedi, 10 juillet 2004.

Je suis au Spag de la rue Ontario à Montréal, maintenant appelé Bain Mathieu. À quelques coins de rues d’où j’ai grandi.  

Le mois précédent, au cinquième anniversaire de l’IWS, la promotion de lutte numéro un au Québec à l’époque, Kevin Steen avait battu El Generico pour devenir le tout nouveau champion de l’organisation montréalaise. Cependant, le match n’avait duré que moins d’une minute. 

En effet, plus tôt sur la carte, Steen avait battu Excess 69 pour devenir l’aspirant numéro un au championnat. Puis, Generico avait vaincu Pierre-Carl Ouellet pour remporter le titre pour la première fois. Sa plus grande victoire en carrière. Steen avait donc décidé d’utiliser son nouveau statut pour défier le nouveau champion et le battre en 53 petites secondes. 

Je vous en parle parce que c’était la première fois que je voyais Kevin Owens (Kevin Steen) face à Sami Zayn (El Generico) dans un match en simple. 

Depuis, j’ai vu ce match à New York, Orlando, Nouvelle-Orléans. Mais aussi à Gatineau, Québec et même St-Pascal-de-Kamouraska. 

À St-Pascal-de-Kamouraska, Kevin et Sami faisaient le premier match d’un événement que j’animais. Et dès la première séquence, le troisième câble s’est brisé. J’avais du divertir la foule pendant près de 15 minutes jusqu’à ce qu’on puisse remplacer le câble! 

À Montréal, au très réputé Bogeys World, au coin du boulevard St-Michel et de la voie de service de l'autoroute Métropolitaine, le père de Kevin, celui qu’on appelle affectueusement Papa Steen, de son vrai nom Terry, avait donné un coup d’atémi à Sami. J’étais juste à côté. Je m’en souviens comme si c’était hier.

Personne ne pouvait s’imaginer alors qu’ils allaient un jour s’affronter à WrestleMania. Pourtant, ce dimanche, le match aura bel et bien lieu, un rêve pour les deux Québécois âgés de 36 ans. 

« Au mois de septembre, j’avais proposé l’idée à Vince McMahon, puis je n’en ai pas réentendu parler, me disait Kevin, il y a quelques jours. Ce sont les dirigeants de la WWE qui nous sont revenus avec ça dernièrement. C’était inévitable et logique dans la suite des choses. De la façon que nos carrières se sont développés, un match un contre un à WrestleMania, c’est comme le couronnement de notre carrière. » 

« Ça ne m’avait pas encore frappé avant que je voie le graphique qui officialisait notre match, ajoute-t-il. Avoir un match un contre un à WrestleMania, c’est de plus en plus rare, de plus en plus difficile. Alors pour nous c’est un accomplissement spécial. Donc de le faire ensemble, ça veut encore plus dire quelque chose pour nous. C’est une grosse opportunité, il n’y a pas de doute là-dessus. »

En effet, depuis leur tout premier WrestleMania en 2016 à Dallas, seulement 33% des combats présentés sont des matchs en simple sans championnats en jeu. 

« Il y a tellement de rivalités qui n’ont jamais eu de matchs à WrestleMania, ajoute Sami. Certains lutteurs ont travaillé pour la WWE pendant plus d’une dizaine d’années sans jamais avoir l’opportunité de lutter dans un match en simple à WrestleMania. »

Faire partie de la petite histoire  

J’ai vu Kevin pour la première fois en février 2004, à St-Jérôme, dans un match contre Keven Martel, le neveu du « Modèle » Rick Martel, et considéré à l’époque comme l’un des meilleurs talents québécois. 

J’avais été impressionné et je me souviens d’avoir félicité Kevin après l’événement. 

Pour ce qui est de Rami (Rami Sebei, le vrai nom de Generico/Zayn), je l’avais vu à son deuxième match en carrière, à la Fédération de Lutte Québécoise de Paul Leduc, en mars 2002. Sous le nom de Stevie McFly, il luttait avec des souliers de quilles. C’était une autre époque! J’avais aussi été témoin de son tout premier match dans son personnage d’El Generico, le 14 juillet 2002, au célèbre Skratch de Laval. Il pouvait faire des choses incroyables, que personne d’autre ne faisait au Québec.

Je savais donc qu’ils étaient deux talents exceptionnels. 

En 2004, toutes les promotions de lutte au Québec se les arrachaient. Que ce soit l’EWR à Québec, la MWF à Valleyfield ou la CPW à Gatineau, tout le monde voulait trouver une façon de capitaliser sur ces deux lutteurs.  

Puis, suite à la popularité qu’avait acquise le lutteur Sexxxy Eddy à l’été 2004 au « Tournament of Death » présenté par la CZW dans l’état du Delaware, cette dernière voulait ramener Eddy et elle s’est entendue avec l’IWS afin d’y avoir un match 100% IWS. Ce match du 11 septembre 2004 entre Steen, Generico, Eddy et Excess 69, présenté au populaire ECW Arena, a volé le show et sera plus tard voté match de l’année à la CZW. 

Fort de ce succès, une autre organisation du circuit indépendant américain, Jersey All-Pro Wrestling, s’est montrée intéressée. C’est à un de leur événement, une semaine plus tard, le 18 septembre 2004, que le lutteur californien Super Dragon a offert à Steen et Generico de venir lutter pour sa promotion, la Pro Wrestling Guerrilla, ou si vous aimez mieux, PWG. Le 13 novembre 2004, les deux s’affrontaient dans ce qui fut le début d’une longue histoire d’amour entre la promotion de Los Angeles et les deux Québécois. 

C’est d’ailleurs à la PWG, des années plus tard, qu’un certain William Regal a découvert Kevin et l’a recommandé à la WWE. 

« Un de mes matchs préférés c’est le tout premier à la PWG en 2004, pour tout ce que ce match nous a amené, raconte Sami. Il y a aussi eu celui en Angleterre en 2006. On pensait que c’était notre meilleur match à ce moment-là. Et je ne peux pas oublier le match d’échelles en 2011, notre dernier match un contre un à la PWG. »

Rivalité de l’année en 2010, tout un exploit

Il y a donc eu la période Québec, la période PWG et une dernière pour les deux avant d’arriver à NXT, la période ROH. 

Le 16 avril 2005, Kevin, Rami et moi voyagions ensemble pour la première fois, vers Dorchester, au Massachusetts, alors que ROH y présentait un événement. Les gars commençaient tout juste à être utilisés plus régulièrement. Mais à la fin de l’été 2005, on ne les croyait pas prêts et la ROH a arrêté de les faire venir.  

J’étais abasourdi. 

Les gars ne se sont pas découragés par contre et ils ont continué à se faire un nom, que ce soit à la PWG, au Japon ou ailleurs. 

Si bien que le 17 février 2007, je me trouvais encore du voyage avec eux, direction Philadelphie. ROH leur donnait une seconde chance, un match par équipe contre les frères Briscoe. Cette fois-ci, non seulement les admirateurs, mais aussi les dirigeants seraient conquis. Ce fut le début d’une longue association entre eux et la ROH, association qui les a vus autant faire équipe que s’affronter. 

C’est aussi durant cette période que j’ai beaucoup voyagé avec eux. On pouvait faire Montréal-New York ou même Montréal-Philadelphie la même journée, pour sauver une chambre d’hôtel ou question de revenir plus rapidement au Québec. Habituellement, je conduisais une grosse partie du temps sur l’aller et Kevin le faisait sur le retour. Je m’endormais rapidement le soir! Et Rami n’avait pas de permis. Et même quand il a eu son permis, Il dormait tellement dur qu’il était souvent très difficile de le réveiller!

En 2010, leur rivalité à Ring of Honor était si forte qu’elle avait remporté le prix de rivalité de l’année dans les prix du Wrestling Observer Newsletter. C’est encore à ce jour la seule fois de l’histoire que le prix a été accordé à une rivalité qu’on pouvait suivre sur les indépendantes. Elle avait devancé des rivalités telles que Shawn Michaels contre l’Undertaker, Rey Mysterio contre CM Punk ainsi que John Cena contre Nexus, trois rivalités qui avaient pourtant beaucoup plus de visibilité. 

« L’un de nos matchs préférés, ça a été un last man standing en mars 2012 en Floride pour la ROH, se souvient Sami. C’était la fin de semaine de WrestleMania, qui se déroulait à Miami, et Canyon Ceman venait de se faire engager par la WWE. L’un de ses rôles était de découvrir de nouveaux talents. Il était au "show" et c’est le match qui m’a permis de me faire signer. »

La période Ring of Honor s’est terminée par un match d’échelles à New York le 16 décembre 2012, le dernier voyage que j’ai fait avec les deux en même temps. Je me souviens encore qu’en route vers la Grosse Pomme, Rami nous parlait qu’il venait de signer son contrat avec la WWE. 

C’était tout à fait incroyable! 

En 2004, il était impossible pour des lutteurs de la scène indépendante de faire le saut à la WWE. La compagnie n’engageait pas, ou très peu, de lutteurs qu’elle n’avait pas entrainés de a à z. Sans compter que leur physique n’était pas ce que la WWE recherchait à l’époque. Et c’est sans oublier qu’ils venaient du Québec. Personne de la scène locale ne s’était fait signer par la WWE en plus de 10 ans. 

Pourtant, en 2013, Sami faisait ses débuts pour NXT et un an et demi plus tard, Kevin allait le rejoindre. Évidemment, les deux s’y sont affrontés à quelques reprises, avant de graduer avec la WWE, là où ils ont aussi eu leurs parts de matchs.  

Entre 700 et 800 matchs!  

Ce n’est donc pas un mensonge de dire que j’ai vu ce combat plus souvent qu’à mon tour, que ce soit en personne ou à la télé. 

De leur côté, les gars estiment s’être affrontés entre 700 et 800 fois. 

« Tous nos matchs ne se trouvent sur Cagematch », précise Kevin. 

Alors après autant de matchs, comment peuvent-ils surprendre la foule sans nécessairement présenter du réchauffer?

Premièrement, il y a la dynamique qui est différente. Cette fois-ci, Kevin sera le gentil et Sami, le méchant. 

« Depuis que Rami est heel, on a fait ce combat que quelques fois. C’était au mois d’août 2019, en Colombie, au Pérou, au Panama, rien qui est passé à la télévision ou qui a été vu par un important auditoire », explique Kevin. 

De plus, depuis la pandémie, le personnage de Sami Zayn est lui aussi complètement différent. Du héros que tout le monde aimait à NXT, il est maintenant un complotiste, quelque chose qui est très 2021. 

« Ça a commencé quand je suis revenu en 2020, explique le principal intéressé. Durant mon absence due à la COVID, la WWE m’avait enlevé le titre Intercontinental et quand je suis revenu, mon personnage trouvait qu’il devait encore être champion et c’est là que j’ai commencé à parler de conspiration contre moi, que tout le monde était contre moi. »

« Vince a accroché sur un aspect du personnage, poursuit-il. Il a dit une fois : ‘Tu es le genre de personne avec le complexe d’être toujours persécuté.’ Il a dit ça juste une fois, mais c’est resté. Mais là, le personnage est presque rendu à faire une dépression nerveuse! J’ai beaucoup de plaisir à faire ce personnage. J’ai beaucoup de liberté dans ce que je peux faire. Au niveau des entrevues plus particulièrement, je suis surement en train de faire le meilleur travail de ma carrière. »

Il y a aussi l’implication du Youtubeur Logan Paul qui vient changer la donne, quelque chose qui ne stresse aucunement les deux Québécois.

« Je ne pense pas que ça va enlever quoique ce soit à notre match, explique Sami, une opinion partagée par Kevin d’ailleurs. Ça permet d’ajouter quelque chose à notre match. On en a eu tellement, que ce sera une façon de le différencier, d’avoir plus d’yeux rivés sur le match. Mais je ne suis pas inquiet du tout et je suis sûr qu’à la fin du match, les gens seront satisfaits. »

« On fait toujours attention aussi de ne pas faire les mêmes matchs, ajoute le natif de Montréal. Alors on est sûrs que le match va livrer. Je pense que les fans sont vraiment excités pour notre match et ça me fait sentir vraiment bien! »

Première fois en 32 ans!  

Leur match sera le deuxième de l’histoire entre deux Québécois à WrestleMania. 

Quel était le premier?

Si vous avez répondu Dino Bravo contre Ronnie Garvin à WrestleMania 5, vous êtes forts! 

Malencontreusement, ce match ne passera pas à l’histoire. Ronnie Garvin n’avait même pas eu le droit à une entrée télévisée. Le match, remporté par Bravo, n’avait duré que trois minutes, Bravo y allant de ses manœuvres de puissance et Garvin de coups de poing et d’atémis.

En temps normal, je n’aurais pas manqué ce duel pour tout l’or au monde. J’ai assisté à trop d’étapes de leur carrière pour manquer un événement de cette importance. 

Malheureusement, je ne serai pas le seul à manquer ce moment. Les déplacements vers les États-Unis étant plus difficiles ces temps-ci, les familles respectives de Kevin et Sami, qui auraient été présents habituellement, n’y seront pas.

Un dur coup.

« Je n’ai toujours pas vu mes parents depuis le début de la pandémie. Alors la journée après qu’on ait annoncé le match, je leur ai parlé, voir si je ne pouvais pas les faire venir par avion privé ou autobus privé, raconte Kevin. Mais ça ne change pas le fait que, rendu là, ils seraient dans un stade avec 25 000 personnes et on ne veut pas prendre le risque. Ça ne vaut pas la peine. Mais bon, je me dis qu’il y a des gens qui ont eu à subir des choses pas mal plus graves avec la COVID, alors on va survivre. »

Destinés à s’affronter pour toujours?   

Dix-huit ans après leur premier match et après avoir fait ce match sur une plateforme telle que WrestleMania, est-ce que le match de dimanche pourrait être leur dernier?

« Je ne pense pas que ce soit notre dernier, dit Sami. Notre rivalité en ce moment ne se termine pas, elle fait juste commencer. Cependant, même quand ce chapitre va se terminer et même si je ne veux pas qu’on en abuse, je pense qu’après une pause de quelques mois, quelques années, je pense qu’on pourrait le ramener. Alors je ne sais pas quand ça va arrêter. Après 18 ans, j’ai appris à ne plus me prononcer sur le sujet et penser que ça pourrait être notre dernier! »

Quand je repense au 10 juillet 2004, quand je repense à tous ces voyages, toutes les conversations et tous les moments que j’ai partagés avec eux, il s’en dégage un immense sentiment de fierté qui est difficilement explicable. 

J’ai eu le privilège d’avoir un siège en première rangée dès le début de leur aventure et vous pouvez être certains que rien ne me fera manquer leur rendez-vous de dimanche prochain. Les yeux humides, rivés sur mon écran, je vais voir 18 ans de souvenirs défilés dans ma tête, laissant place à un tout nouveau souvenir, celui de WrestleMania 37. 

En terminant, je me suis entretenu avec différents intervenants du milieu de la lutte au Québec et j’ai recueilli leurs commentaires sur le sujet. 

Raymond Rougeau

« C’est une grande fierté que deux Québécois s’affrontent à WrestleMania. Si j’avais un conseil à leur donner, ce serait de ne pas trop en faire. Ils doivent pousser l’enveloppe, pousser leurs limites, mais de rester dans ce qu’ils sont à l’aise de faire. Je suis déçu de ne pas pouvoir couvrir l’action c’est sûr. Kevin et Sami sont deux excellents ambassadeurs pour la lutte au Québec. » 

Sylvain Grenier

« Je trouve ça beau. C’est une rivalité qui existe depuis tellement longtemps. Leur match de dimanche sera l’apogée de leur carrière. Le match va être incroyable, j’en suis sûr. Le message que ça envoie pour tous ceux et celles qui luttent ici au Québec est que c’est possible d’y arriver. Je trouve leur histoire très inspirante. »

PCO

« C’est sûr que je ressens une fierté. C’est incroyable ce qu’ils ont réussi à accomplir. Un de mes meilleurs matchs a été en 2003 à l’IWS alors que j’avais affronté Kevin et Sami dans un match triple menace. Ça me rappelle tout le talent que ces deux gars-là ont. Ils ont continué de progresser et sont devenus de vrais pros. Je suis vraiment content pour eux et je leur souhaite de voler le show! »

LuFisto

« Dans la lutte, tu peux réussir par qui tu connais, mais pas eux. Ces gars-là ont travaillé fort et ça j’aime ça. Je les ai vus partir de zéro. Kevin, du temps qu’il était avec Jacques et Sami, avant même qu’il soit El Generico. Ce sont deux gars d’ici qui avaient un rêve. Et quand tu as vu les premiers pas et chacune des étapes qui ont suivi, c’est sûr que tu es fier de ce qu’ils ont accompli parce que tu connais le chemin qu’ils ont pris pour s’y rendre. 

Jean Brassard

« D’avoir deux Québécois c’est vraiment super! Ils sont tellement bons en plus, dans le ring, au micro, ils ont une belle énergie. Ce n’est pas juste deux Québécois, ce sont deux Québécois de calibre. Ils le méritent. Dans leur essence, on sent qu’ils sont Québécois et c’est important ça. Ils sont deux drapeaux, deux emblèmes pour le Québec. 

Matt Angel

« C’est tellement inspirant! On rêve tous de travailler pour la WWE et de faire WrestleMania. Sami a été une vraie inspiration pour moi à mes débuts et j’aurais vraiment voulu travailler avec Kevin pour acquérir plus d’expérience. Ce serait deux matchs de rêve pour moi. Il y a tellement une fierté de voir qu’ils sont partis de rien et qu’ils ont réussi, qu’ils vont avoir leur moment. » 

Bertrand Hébert

« On est très fiers de voir deux Québécois avoir ce match, deux Québécois qui sont passés par où on est passés. C’est surréaliste! Ça vient de les faire graduer dans la riche histoire de la lutte au Québec, dans la même classe que les Patterson, Robert, Rougeau, Martel et Bravo. »

Gino Brito

« Dans l’histoire de la lutte, on a eu de belles rivalités entre Québécois. Yvon Robert contre Paul Baillargeon, Dino Bravo contre Rick Martel, les Leduc contre les Vachon, mais rien ne va toucher à Kevin Owens contre Sami Zayn. Que ce soit en termes de couverture, de visibilité, personne ne va pouvoir égaler ça. Ils sont en train de prouver que les lutteurs d’aujourd’hui sont aussi bons que les lutteurs d’antan. En fait, très peu de lutteurs Québécois ont été meilleurs qu’eux. » 

Demain, je vous reviendrai sur les deux événements TakeOver: Stand & Deliver présentés par NXT, en plus de vous parler des Québécois Raymond Rougeau et Jean Brassard qui ont perdu leur emploi de commentateurs avec la WWE.