JiC

La plus grosse erreur de Marc Bergevin?

Publié | Mis à jour

On peut discuter longtemps des bons coups de Marc Bergevin : ils ont été assez nombreux, particulièrement lors des derniers mois. 

Mais qu’en est-il de ses mauvaises décisions? Les journalistes de TVA Sports Nicolas Cloutier et Anthony Martineau se sont prêtés au défi d’identifier la plus grosse erreur du directeur général des Canadiens de Montréal depuis le début de son règne. 

Ils en ont débattu, mardi, lors de leur segment hebdomadaire «Les Recrues» diffusé à l’émission JiC. À voir dans la vidéo ci-dessus.

Aux yeux de Martineau, il faut déplorer par-dessus tout la gestion du dossier Andrei Markov à l’issue de la saison 2016-2017. 

«Au-delà de son âge et du fait qu’on le qualifiait de très lent, il a quand même terminé sa dernière saison à Montréal au deuxième rang de la Ligue nationale au chapitre des mentions d’aide primaires (la passe décisive sur un but), devant Erik Karlsson et Brent Burns, notamment. 

«Heureusement qu’en laissant partir Markov, Bergevin avait un plan! Avec ses 8,4 millions $, il a choisi d’acquérir David Schlemko, Joe Morrow, Jakub Jerabek, Mike Reilly, Mark Streit, Jordie Benn et le prolifique Karl Alzner. On a vu ce que ça a donné : 71 points au classement, la pire saison en 17 ans à Montréal. Si ce n’est pas ça une gaffe, c’est quoi?»

Cloutier, lui, trouvait plus choquante la décision d’avoir échangé deux choix de deuxième tour en retour d’Andrew Shaw au repêchage de 2016, sachant qu’un défenseur gaucher extrêmement talentueux et prometteur était disponible. 

Un défenseur gaucher qui aurait réglé bien des problèmes au sein du CH cette saison.

«Shaw devait participer à un certain changement de culture. Il a finalement disputé seulement 5 matchs en séries avec les Canadiens. Pendant ce temps, Trevor Timmins, à ce repêchage, lorgnait un certain Samuel Girard. Depuis le temps qu’on parle de Mattias Ekholm et de la nécessité de trouver un gaucher pour jouer avec Shea Weber... Il n’en aurait jamais été question si Girard était un membre du CH aujourd’hui.» 

Girard, 22 ans, connaît d’ailleurs une saison du tonnerre avec l’Avalanche du Colorado, lui qui revendique 30 points en 36 matchs. 

L’animateur de TVA Sports Jean-Charles Lajoie s’est alors interposé pour rappeler des faits qui remettent en perspective la décision prise par Bergevin lors de ce repêchage. 

«Oui, il a cédé deux choix de 2e tour, mais rien ne dit que, dans les faits, le CH aurait réclamé Samuel Girard. On a parlé de Girard, on a parlé d’Alex DeBrincat, mais tu oublies dans la séquence qu’il a cédé Lars Eller pour deux choix de deuxième tour aussi. Il a en quelque sorte récupéré ses choix.»

«Girard était disponible et il était dans ta cour, ça, c'est indéniable!», a répliqué Cloutier.

Crédit photo : AFP

Même s'il reconnaît que Girard aurait été un sublime ajout à la brigade défensive du Tricolore, Martineau a également insisté sur les incertitudes relatives au repêchage. 

«Girard aurait été incroyable à Montréal, a concédé Martineau, mais c’est basé sur des suppositions, alors que le cas Markov, c’est basé sur des faits qui ont été vécus pour vrai. Il n’y pas de certitude, le Canadien aurait pu repêcher un gars obscur d’un collège américain qui aurait disputé 20 matchs, on ne le sait pas. En général, il n’est pas garanti qu’un choix de deuxième tour connaîtra une longue carrière.»

En rétrospective, Bergevin n’a pas connu un été 2017 très glorieux, et pas seulement en raison de Markov, a tenu à souligner Jean-Charles. 

«Ce qui fait mal dans le cas de Markov, est-ce que ce n’est pas d’avoir échangé, dans le même été, Nathan Beaulieu et d’avoir perdu Emelin au repêchage d’expansion, si bien que tes trois partants à gauche sont partis dans le même été? Depuis ce temps-là, on traîne Victor Mete...» 

Soit. Mais en 2016, le CH s’est tout de même privé d’une occasion de repêcher un arrière doté d’habiletés fantastiques alors que les petits joueurs rapides avaient de plus en plus la cote dans la LNH. S’il y a beaucoup de variables imprévisibles au repêchage, le talent de Girard était bien connu. 

«Oui, il y a des incertitudes au repêchage, mais il y avait une certitude, et c’était que la toupie de Roberval était électrique avec la rondelle, a affirmé Nicolas Cloutier. Et tu savais que la Ligue allait dans une certaine direction avec les défenseurs dynamiques de son gabarit.»

Aucun maître n’a été couronné par Jean-Charles à l’issue de cette bataille âprement disputée. Tous s’entendaient toutefois sur une chose : s’il s’agit des plus grandes taches au bilan de Bergevin, on a vu pire.