Crédit : Huskies de Rouyn-Noranda

LHJMQ

Un premier duo féminin dans la LHJMQ

Un premier duo féminin dans la LHJMQ

Félix Séguin, TVA Sports

Publié 02 avril
Mis à jour 02 avril

Jeudi, les Huskies de Rouyn-Noranda ont publié un message sur leur page Facebook qui m’a plu grandement et que je trouvais très inspirant.

On y apprenait que Josyane Cossette et Marie-Millie Dessureault étaient devenues le premier duo de femmes à décrire et à analyser un match de la LHJMQ.

Ce moment historique s’est produit, mercredi soir, lors du match entre les Foreurs de Val-d’Or et les Huskies à Rouyn-Noranda. Josyane assurait la description alors que Marie-Millie était à l’analyse.

Mille bravos!

J’ai toujours jugé que la place des femmes dans le hockey devait être plus grande et je voulais leur faire part de mon admiration. J’ai donc décidé de les appeler pour leur transmettre mes félicitations.

Josyane est âgée de 26 ans. Elle est mère de deux enfants et elle étudie en psychologie. Pour sa part, Marie-Millie a 34 ans et elle enseigne les mathématiques à La Sarre.

Avant la partie de mercredi, les deux femmes ignoraient qu’elles marquaient l’histoire.

«Nous n’étions pas au courant. Nous étions seulement heureuses d’être là, les deux ensembles», m’a dit Josyane.

«Au premier entracte, le responsable des communications des Huskies nous a informés que nous étions les premières. C’était vraiment plaisant, m’a indiqué Marie-Millie. J’ai vraiment été impressionnée par Josyane. Elle était préparée, elle avait un bon rythme et elles connaissaient tous les joueurs.»

C’était la première fois qu’elles travaillaient ensemble, mais elles en n’étaient pas à leurs premiers pas. Josyane travaille plus souvent sur la route avec les Huskies alors que Marie-Millie est là pour les matchs à domicile.

Josyane décrit les matchs des Huskies depuis un an. Elle a une trentaine de parties à son actif. Pour ce qui est de Marie-Millie, elle est analyste depuis quatre ans. C’est le descripteur de longue date des Huskies, Jean-Paul Charlebois, qui lui a donné sa première chance.

«J’ai toujours adoré le hockey. Être sur place, voir l’action devant nous, entendre une voix décrire l’action et analyser, c’est vraiment spécial», a souligné Marie-Millie.

Josyane reconnaît que leurs vies sont chamboulées depuis quelques heures. «Depuis mercredi, les gens le réalisent. C’est plaisant. C’est une forme de reconnaissance.»

Autre première pour Josyane

Le journaliste Jean-François Vachon écrivait dans Le Citoyen de Rouyn-Noranda-La Sarre que Josyane est aussi la première femme à décrire des matchs dans la LHJMQ.

Je trouve cette réalisation géniale et inspirante. Selon moi, il doit y avoir plus de femmes comme Josyane dans la LHJMQ pour qu’un jour, une femme se retrouve à décrire un match de la LNH au Québec. C’est un souhait très cher pour moi.

Inspirée par Chantal Machabée, Josyane caresse ce rêve depuis très longtemps. «Quand j’avais 10 ans, je voulais décrire des matchs de hockey. Toutefois, vers l’âge de 16-17 ans, j’ai réalisé que ce n’était peut-être pas réaliste alors j’ai opté pour des études en psychologie.»

L’an dernier, un poste de descripteur s’est ouvert avec les Huskies de Rouyn-Noranda. C’est la mère de Josyane qui l’a convaincue de postuler. «Josyane, tu voulais faire ça. Vas-y», s'est-elle souvenue.

Toutefois, Josyane admet qu’elle a dû faire face à plusieurs embûches. «Ce n’est pas tout le monde qui était prêt à entendre une femme à la description d’un match de hockey. Certaines personnes m’ont dit de ne pas faire ça. Toutefois, les Huskies m’ont fait savoir que le fait que je sois une femme ne changeait rien pour eux. Ils ont cru en moi.»

Josyane a d’ailleurs pris le temps de me dire qu’elle remerciait sincèrement Gilles Bérubé et Jean-François Vachon qui ont cru en elle chez les Huskies.

Aspire-t-elle à décrire des matchs pour gagner sa vie ? «C’est certain, certain, certain m’a-t-elle dit avec assurance. C’est une passion.»

Entre temps, Josyane a une vie très chargée. Ses études, son poste avec les Huskies et son rôle de maman (elle a des enfants de 3 et 4 ans) ne lui donnent pas beaucoup de répit. «Advienne que pourra m’a-t-elle dit en riant. J’y arrive. J’y vais au jour le jour.»

Pour ce qui est de Marie-Millie, elle vit le moment présent et elle retire le maximum de satisfaction dans chacun des défis qui se présentent à elle. « Dans ma vie, j’aime saisir des occasions. J’aime enseigner, j’aime écrire des romans et j’aime analyser des matchs de hockey.»

Mesdames, vous avez toute mon admiration et mon respect. Longue vie à vous dans le milieu.

Au plaisir de vous entendre, de vous croiser et de travailler avec vous dans le futur.