Crédit : PHOTO COURTOISIE/ Baseball Québec

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Révolution au féminin chez Baseball Québec

Publié | Mis à jour

Création de la Ligue féminine de baseball du Québec, augmentation considérable du nombre de joueuses, puis encore plusieurs rêves et projets sur la table à dessin.

Arrivée en février à titre de coordonnatrice du développement et leadership féminin chez Baseball Québec, l’ancienne joueuse Vanessa Riopel se dresse au cœur d’une révolution qui est déjà très bien entamée. 

Celle qui a été lanceuse sur l’équipe nationale du Canada entre 2007 et 2015 parle d’un «virage important». 

«Il y aura un choc au niveau des inscriptions», prévoit-elle, en vue de l’été prochain. 

À peine en poste que Riopel a déjà donné le ton, comme à l’époque où elle était au monticule et qu’elle lançait une rapide à l’intérieur à la première frappeuse à se présenter contre elle. 

«Disons que certains ne devaient pas trop m’aimer quand j’ai demandé à ce que l’on reconsidère le nom de la nouvelle ligue féminine, raconte Riopel, en riant. Quand je suis arrivée, les documents étaient prêts et on parlait de la Ligue de baseball féminin du Québec, mais les filles ne jouent pas au baseball féminin, elles jouent au baseball comme les gars. C’est donc devenu la Ligue féminine de baseball du Québec.» 

Le logo (LBFQ) avait même déjà été conçu. Au diable, ce sera finalement la LFBQ! 

«C’est important d’utiliser les bons mots dans les sports, tranche-t-elle. Ça commence par là. Sinon, on en revient rapidement aux expressions comme courir comme une fille.» 

Lancer pour les Expos? 

À travers son nouveau rôle, c’est la culture du baseball que Riopel souhaite voir changer. Elle veut notamment permettre aux filles d’obtenir certaines opportunités qu’elle n’a pas eues lorsqu’elle jouait. 

La jeune femme de 30 ans, kinésiologue de formation, est originaire de Repentigny. Elle a longtemps évolué avec les garçons avant de se retrouver avec les équipes féminines du Québec et du Canada. Son chemin, croit-elle, aurait pu être moins cahoteux. 

«Quand j’étais jeune, je venais voir jouer les Expos et pour moi, c’était comme visiter Walt Disney, dit celle qui adulait particulièrement le voltigeur Rondell White. Je rêvais d’être la première fille à jouer pour les Expos et évidemment, j’ai réalisé un moment donné que c’était carrément impossible, mais là, je me retrouve dans un bureau au Stade olympique. Pour moi, c’est incroyable.» 

À partir de ce bureau, Riopel veut d’abord contribuer à jeter les bases en augmentant le nombre d’équipes féminines dès le niveau atome (9U) jusqu’à bantam (15U) avec la mise en place de la LFBQ, d’abord dans la grande région de Montréal et aux alentours. Puis, elle rêve éventuellement d’une ligue féminine junior élite et d’un programme haute performance. 

Et son rêve le plus fou, la Women’s Major League Baseball? 

«Je vais probablement être rendue une grand-mère quand on va en arriver là, mais pourquoi pas?», répond la Québécoise, qui aimerait également voir les joueuses de baseball aux Jeux olympiques un jour. 

Hommage à Julie Gosselin 

Pour conclure l’entrevue, Vanessa Riopel a tenu à souligner les efforts de toutes celles qui ont contribué, avant elle, à l’essor du baseball chez les filles au Québec lors des dernières années. Elle pense notamment à Julie Gosselin. 

«Si j’ai ce poste-là aujourd’hui, c’est beaucoup grâce à elle, a mentionné Riopel, à propos de celle qui occupe un poste de vice-présidente du conseil d’administration chez Baseball Québec. C’est elle qui a mis son pied à terre à la fédération avec l’idée de remonter le baseball pour les filles.» 

Une équipe féminine à Montréal? 

La pandémie de COVID-19 a inévitablement retardé les plans, mais une équipe féminine de baseball pourrait bientôt représenter Montréal. 

Le Québécois André Lachance, directeur du développement des affaires et des sports chez Baseball Canada, est l’instigateur du projet. 

«C’est un projet qu’on voulait mettre en place à petite échelle en 2020, mais avec la pandémie, ç’a été mis de côté et c’est incertain pour 2021, a reconnu celui œuvrant également comme directeur général de l’équipe nationale féminine du Canada. On ne prévoit pas une ligue professionnelle féminine, comme on pourrait l’envisager au hockey ou au basketball. Nous n’en sommes pas là. Ce n’est rien de formel, mais l’idée est d’avoir une structure qui permettrait notamment d’avoir une plateforme afin de faire de meilleures évaluations pour former les équipes nationales, autant au Canada qu’aux États-Unis.» 

L’homme de 50 ans, qui est un véritable pionnier dans la pratique du baseball chez les filles, a néanmoins déjà jeté les bases du projet qu’il qualifie d’«embryonnaire». En plus de Montréal, les villes de Toronto, New York et Boston seraient représentées au départ. 

Ainsi, les meilleures joueuses au Canada et aux États-Unis seraient en mesure de disputer des matchs de haut niveau. Dans le meilleur des mondes, quatre événements auraient lieu durant la période estivale, soit un dans chacune des villes. 

La formation de Montréal serait essentiellement représentée par les meilleures joueuses de baseball au Québec. 

«Les filles se retrouveraient dans une réalité compétitive, ce qui serait bon pour compléter nos évaluations, a expliqué Lachance. Ça viendrait aussi augmenter le bassin d’athlètes pouvant attirer les regards afin de faire partie des équipes nationales.» 

Un «momentum» à retrouver 

S’il demeure optimiste de voir ce projet se réaliser à court ou moyen terme, Lachance craint toutefois une perte de «momentum» causée par la fameuse pandémie. 

«On voit des sondages disant que près de 40 % des filles qui étaient actives avant la pandémie ne le seront pas après, a-t-il noté, en expliquant que ces données concernent l’ensemble des sports. Il va quand même falloir aller rechercher ces filles-là. Au Québec, ça m’inquiète moins, car Baseball Québec continue d’innover et fait beaucoup de bonnes choses actuellement.»