LNH

«Il voulait tout lâcher...»

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Il y a quelque chose d’un peu hollywoodien dans le parcours du défenseur des Flyers de Philadelphie Samuel Morin. Son premier but dans la LNH, samedi dernier, près de six ans depuis qu’il a fait ses débuts professionnels, n’avait toutefois rien d’une fiction. 

« C’est le plus beau moment de ma vie », s’était exclamé le grand défenseur de 25 ans après avoir inscrit le but gagnant pour les Flyers contre les Rangers de New York.

Ci-dessus, revoyez le 1er but de Samuel Morin.

Tout de suite après le match, comme il le fait après chacune de ses parties depuis les rangs juniors, Morin a pris le téléphone et a appelé ses parents, Pascal Morin et Sylvie Larose.

« On voyait à quel point il était heureux, a raconté le paternel lors d’un entretien avec Le Journal, lundi. En tant que parent, c’est le plus important. »

L’émotion dans la voix de son fils était loin de celle qu’il avait lors de l’appel du 9 novembre 2019. À ce moment, Morin venait de subir une deuxième déchirure au ligament croisé antérieur en 19 mois et, pour la première fois, il songeait à tout abandonner.

«Le téléphone avait sonné, il était minuit ou 1 h du matin. Il m’avait dit qu’il voulait tout lâcher. Je lui avais répondu que je le comprenais, mais qu’il était à la meilleure place possible pour se faire traiter. 

«Il avait ensuite appelé Pat [Brisson, son agent], et il lui avait dit la même chose.»

Long processus

Les parents du choix de premier tour des Flyers en 2013 ont vécu, avec lui, chacune des étapes de son retour vers la LNH.  

Ironiquement, toutefois, ils ont raté son premier but en carrière !

«On regardait le match et, quand Samuel a marqué, il y a eu un black-out à la télé et on n’entendait que le son tandis que les images étaient celles de courses automobiles. 

«On a été obligés d’aller voir sur Twitter pour s’assurer qu’il avait marqué. Tout le monde nous appelait», raconte-t-il en riant.

Grâce à la magie de la technologie, il n’a pas mis de temps à trouver la reprise de ce premier but, où l’on voit ses coéquipiers surexcités se ruer sur Morin pour le féliciter.

«J’aurais aimé qu’il y ait une caméra sur le banc parce que je pense que la réaction était encore pire, raconte quant à lui l’entraîneur adjoint des Flyers, Ian Laperrière, joint par Le Journal lundi. 

«Les gars se sautaient dessus. Sam, c’est une bonne personne, un gros nounours. Ça fait trois ans que les gars le voient se débattre comme un diable dans l’eau bénite pour revenir au jeu.»

D’ailleurs, quand on parle des gens qui ont été les plus importants dans le processus qui a mené Morin à un retour au jeu, son père cite notamment Laperrière, en plus de Daniel Brière et de Philippe Boucher.

Laperrière, qui a agi à titre de confident de Morin durant les années plus difficiles, refuse de prendre le crédit.

«Il n’y en a pas beaucoup des Québécois qui percent, donc si je peux les aider du mieux que je peux, tant mieux. Par contre, tout le crédit lui revient. Il n’a jamais lâché son but de revenir dans la LNH et, des embûches, il en a eu.»

Transition

Même cette année, il a continué à en vivre, des embûches. Les Flyers, voulant lui faire une place mais n’ayant pas de poste de défenseur à lui offrir, avaient décidé de le convertir à la position d’attaquant. 

Après quelques matchs, Morin a demandé au directeur général, Chuck Fletcher, de le renvoyer dans les mineurs afin qu’il puisse retourner au poste de défenseur. Après sept matchs, il était de retour avec le grand club... comme arrière !

«J’en ai des frissons juste à en parler, ajoute Laperrière. À son premier match, on s’est fait planter [8-3 contre les Rangers], mais Sam avait amené quelque chose qu’on n’avait pas. 

«Après le match, je lui avais texté que j’avais aimé ce qu’il avait fait et il m’avait répondu qu’il était content d’avoir bien fait mais que le défi était de bien jouer tous les soirs. 

«Habituellement, ce sont les entraîneurs qui disent ça. Tout ce qu’il a vécu lui a fait gagner beaucoup en maturité. Il sait plus que n’importe qui ce que ça prend pour rester dans cette ligue et je suis vraiment fier de lui. »