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Carrier a une réelle chance à Nashville

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Alexandre Carrier a porté l’uniforme des Predators de Nashville pour cinq matchs à ses quatre premières saisons chez les professionnels. Il avait touché à son rêve de la LNH, mais il n’avait pas réussi à y gagner un poste à temps plein dans une équipe qui a toujours misé sur de bons défenseurs.

À 24 ans, Carrier a enfin le sentiment de recevoir sa première réelle chance de s’établir comme un défenseur de la LNH. John Hynes ne lui a pas simplement ouvert les portes du vestiaire à Nashville, il lui a aussi offert un partenaire de premier plan en Mattias Ekholm.

«Ça fait du bien, a dit Carrier en entrevue téléphonique avec le “Journal de Montréal”. Je me retrouvais dans la Ligue américaine à Milwaukee lors des quatre dernières saisons. J’attendais ma chance depuis un petit moment. L’an dernier, nous avions une très bonne équipe à Milwaukee et j’ai aussi connu une bonne année individuellement. Je restais patient.»

«Je suis heureux de recevoir ma chance même si elle arrive en raison des blessures à d’autres défenseurs, a-t-il continué. Depuis mon arrivée avec les Predators, je ne peux pas me plaindre. L’équipe recommence à gagner et je joue de grosses minutes.»

Un rôle important

De grosses minutes. C’est bel et bien le cas. Depuis son rappel à Music City, Carrier a maintenant joué 11 matchs. À ses huit dernières sorties, il a dépassé le plateau des 19 minutes. Hynes l’a même utilisé pour plus de 25 minutes à deux reprises.

Avant cette année, Carrier avait reçu un rôle typique de défenseur rappelé de la Ligue américaine. Son temps de jeu oscillait entre 8 min 49 s et 12 min 3 s à ses cinq premiers passages sur une patinoire de la LNH.

«L’an dernier, j’avais participé à trois matchs avec les Preds, a-t-il rappelé. À mon premier match, j’avais joué 8 minutes. Oui, c’était une chance puisque je me retrouvais dans la LNH. Mais cette année, je peux dire que c’est une véritable chance. Je peux réellement montrer ce que je peux apporter à l’équipe en jouant des minutes importantes. Je suis vraiment reconnaissant de la chance qu’on m’offre.»

«Je garde la mentalité d’un nouveau départ pour chacun de mes matchs. Même si j’ai bien joué au dernier match, je recommence toujours à zéro. Je ne veux pas me sentir confortable, je cherche toujours à m’améliorer. Je ne veux pas leur donner une seule raison de me sortir de la formation. J’ai un pied dans la porte, mais je veux vraiment me placer les deux pieds dans la LNH. J’ai comme objectif de m’établir à temps plein avec les Preds. Je recommence à me prouver tous les matchs.»

La gentillesse d’Ekholm

Avec cinq victoires à leurs six derniers matchs, les Predators ont regagné l’espoir d’une participation aux séries dans la division Centrale. Ils se retrouvent dans une lutte avec les Blackhawks, les Blue Jackets et les Stars pour l’obtention du quatrième rang.

À Nashville, David Poile jonglerait avec la possibilité d’échanger Ekholm, un des piliers à la ligne bleue de l’équipe. Si le nom d’Ekholm fait rêver plusieurs partisans à Montréal, Carrier, lui, en a une vision bien différente!

«Quand j’ai appris que j’étais pour jouer avec Ekholm, j’avais le sourire dans le visage, a mentionné le choix de 4e tour des Predators en 2015. Je savais que j’étais pour recevoir une très bonne chance. Mattias ne joue pas 12 minutes par rencontre. J’étais super heureux. Je savais que je me retrouvais avec un très bon partenaire, mais aussi avec une bonne personne qui serait présente pour m’aider.»

«Il m’a rapidement mis à l’aise avec lui, il me parle souvent. Je trouve qu’il est un défenseur sous-estimé. Quand on parle des défenseurs à Nashville, on mentionne toujours les Roman Josi et Ryan Ellis. Avant ça, on parlait aussi de P.K. Subban. Mattias est toujours là, il est toujours parmi les meilleurs de la LNH. J’essaye d’apprendre le plus possible de lui. Je trouve qu’on a déjà développé une belle complicité.»

En 11 matchs avec les Preds, Carrier a récolté deux points (1 but, 1 passe) et il joue en moyenne 20 min 47 s.

Un premier but contre Vasileyskiy

Le 13 mars dernier, Alexandre Carrier a marqué son premier but dans la LNH contre le Lightning, à Tampa. À 24 ans, le rapide défenseur droitier a ajouté un élément précieux à sa collection de souvenirs. Et il aura toujours une belle histoire à raconter.

Un premier but, c’est toujours un événement marquant. Mais un premier but contre Andrei Vasilevskiy, cela vient ajouter au cachet.

«Oui, c’était cool, a répliqué Carrier avec le sourire dans la voix. Ça ajoute la cerise sur le sundae quand tu déjoues le meilleur gardien de la LNH pour ton premier but. J’étais vraiment excité. Je n’avais pas réalisé comment c’était une grosse affaire de marquer un premier but. Je pensais que mon premier match était plus important. Mais j’ai reçu vraiment plus de messages après mon premier but qu’après mon premier match.»

«Même Benoît Groulx, mon ancien coach avec les Olympiques de Gatineau, a pris le temps de m’écrire, a-t-il ajouté. J’étais heureux de cette marque de reconnaissance puisque Ben a eu un grand impact sur mon développement.»

Les Olympiques avaient aussi une place de choix pour ce premier but. Carrier a partagé ce moment avec son coéquipier des dernières années à Gatineau et à Milwaukee, le Russe Yakov Trenin.

«Quand j’ai marqué mon but, Yakov m’a sauté dans les bras pour célébrer, s’est rappelé le natif de Québec. J’ai immédiatement pensé à nos saisons avec les Olympiques de Gatineau. On a chacun joué notre junior à Gatineau. C’était quoi, les chances que je marque mon premier but sur une passe d’un ancien coéquipier de mes années dans la LHJMQ? Et le gars qui avait la deuxième passe sur mon but, c’était Mathieu Olivier, un autre très bon ami.»

La patience rapporte

Avant cette saison, Carrier avait participé deux fois au match des étoiles dans la Ligue américaine : à sa saison recrue en 2016-2017 et en 2019-2020. Le défenseur de 5 pi 11 po et 174 lb a connu de très bonnes saisons avec les Admirals de Milwaukee avec des récoltes de 39, 28, 37 et 37 points. Mais il aura eu besoin de quatre saisons complètes avant d’enfin recevoir une chance à la hauteur de son potentiel avec les Predators.

«Il y a des moments où je me demandais si Nashville restait la bonne organisation pour moi afin de jouer dans la LNH. En même temps, avec la saison de la COVID-19, je savais que le calendrier était pour être rock and roll et qu’il y était pour avoir des blessés.»

Une année rock and roll, c’était la bonne combinaison pour s’inviter pour de bon dans la ville du country!