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Rangers: les spectateurs scrutés à la loupe

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Les Rangers de New York annonçaient lundi que leurs partisans vaccinés seraient les bienvenus au Madison Square Garden à compter du 1er avril. D’autres équipes ou circuits sportifs se penchent aussi sur la question. L’idée d’un vaccin comme billet d’entrée pour différents événements sportifs semble devenir inévitable.

À travers la Ligue nationale de hockey (LNH), les Rangers sont la première équipe à emprunter cette avenue, mais d’autres devraient suivre.

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En présentant la preuve que 14 jours se sont écoulés depuis leur deuxième dose du vaccin de Pfizer ou Moderna, ou encore 14 jours après l’unique injection du vaccin de Johnson & Johnson, les partisans pourront franchir les tourniquets du mythique aréna.

Dans la journée, la NFL a aussi fait un pas dans le même sens en dévoilant ses plans pour son repêchage, qui se tiendra à Cleveland, du 29 avril au 1er mai. Contrairement à la dernière édition qui a été présentée entièrement de manière virtuelle, les amateurs montrant une preuve de vaccination seront admis.

Ailleurs dans le monde, la situation est semblable. La semaine dernière, le gouvernement anglais a laissé entendre que la vaccination pourrait être exigée avant de permettre aux partisans de se rassembler en grand nombre dans des stades.

Sport à deux vitesses

Reste à voir à quel point une telle mesure risque d’affecter l’équité dans le sport, surtout quand une ligue a pignon sur rue dans différents territoires, comme la LNH au Canada et aux États-Unis.

«Je souscris à l’approche d’une espèce de passeport vaccinal pour le sport parce que c’est une question de santé publique et de gros bon sens», mentionne d’abord le professeur de l’UQAM en marketing sportif, André Richelieu, avant d’amener une nuance importante.

«C’est valable en cas de vaccination de masse, comme en ce moment aux États-Unis. Au Canada et dans l’Union européenne, où la bureaucratie nivelle vers le bas, la vaccination est beaucoup trop lente. Il y a un gros décalage», ajoute-t-il.

Pour lui, le fait que certains marchés américains pourront rouler à plein régime pendant que les équipes canadiennes sont retardées par le rythme du processus de vaccination n’a pas de sens.

«Il y aura inévitablement des discussions sur l’équité d’une telle mesure quand les équipes canadiennes se retrouveront à la traîne et ça risque même de devenir un point de litige», craint-il.

Impact sur les partisans

Il n’y a pas que les équipes canadiennes qui pourraient trouver le temps long, mais les partisans aussi, s’ils ne peuvent renouer rapidement avec leur passe-temps favori.

«Ça s’annonce très frustrant pour les consommateurs pris en otage par l’incompétence de nos gouvernements. Ils se sentiront lésés de ne pas pouvoir retourner voir un match pendant qu’aux États-Unis, tout va reprendre», estime M. Richelieu.

Le constat est similaire du côté de Frank Pons, professeur à l’Université Laval et directeur de l’Observatoire international en management du sport.

«Les franchises sportives, la preuve de vaccination, ça les arrange pour rouvrir rapidement leurs portes, mais elles misent tout sur l’expérience client et chaque obligation rajoutée détruit un peu cette expérience.

«Ici, ça pourrait créer un véritable débat public concernant les droits et libertés individuels par rapport à l’accessibilité du produit, surtout avec un club comme le Canadien, qui est une véritable institution nationale», explique-t-il.