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Canadiens de Montréal

«Il essaie d’être plus intelligent que la game» - Ducharme

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La stabilité. Tous les directeurs généraux et les entraîneurs de la Ligue nationale (LNH) vous diront que c’est l’élément le plus difficile à maîtriser pour un jeune joueur. Ces derniers jours, c’est Nick Suzuki qui nous en fournit la meilleure preuve.

En marquant dans les matchs de vendredi et de samedi, l’attaquant de 21 ans a mis fin à une léthargie de neuf matchs sans faire scintiller la lumière rouge. Son but de vendredi était d’autant plus important qu’il a permis au Tricolore d’atteindre la prolongation et d’obtenir un précieux point de classement. 

Toutefois, dans chacune de ces deux rencontres, Suzuki a, par la suite, commis des erreurs qui ont mené à des buts de l’adversaire.

Vendredi, ce qu’il a qualifié lui-même de mauvaise lecture du jeu a donné l’occasion à J.T. Miller de procurer la victoire aux Canucks. Samedi, une rondelle échappée derrière le but de Carey Price, en raison de la pression exercée par Jimmy Vesey, a précédé le but égalisateur de Jake Virtanen.

«Même les joueurs d’élite comme Connor McDavid et Sidney Crosby ont passé à travers ce genre de situation. Personne n’y échappe. Moi-même, ça m’est arrivé à plusieurs occasions, a souligné Brendan Gallagher, samedi soir. Nick est tellement talentueux, il connaît tellement de succès. On compte sur lui et on n’est pas inquiet.»

Se fier à son instinct 

Mike Bossy se plaît souvent à rappeler que le hockey est un jeu d’instinct. Dans une entrevue récemment accordée au «Journal», il racontait à l’auteur de ces lignes que c’est un des facteurs qui lui avaient permis de connaître neuf saisons consécutives d’au moins 50 buts.

L’instinct, c’est justement ce qui a permis à Suzuki de marquer ses deux derniers buts, de façon presque identique. Des tirs décochés rapidement, sans prendre le temps d’y penser.

Or, à d’autres occasions, l’Ontarien se complique la vie en pensant trop. Du moins, c’est ce qu’a remarqué Dominique Ducharme.

«Nick est compétitif et intelligent. Parfois, il essaie d’être plus intelligent que la game, ce qui lui fait perdre son côté compétitif, a noté l’entraîneur-chef. Il faut qu’il reste actif et compétitif. Ce faisant, son intelligence sortira toute seule. Il va grandir et finir par trouver le bon équilibre.»

Un peu moins d’iPad sur le banc contribuerait peut-être à être un peu moins cérébral.

Penser moins. C’est sans doute également là que se situe le problème de Suzuki dans le cercle des mises au jeu. À force d’essayer de comprendre les tendances de l’adversaire, on en vient peut-être à oublier de s’imposer soi-même.

Par exemple, après avoir été invincible en cinq duels lors de la première période, il n’a remporté que quatre des mises au jeu auxquelles il a pris part dans les 45 dernières minutes de la rencontre.

Maintenant, les Oilers 

Vous étiez tannés de voir les Canucks. On vous comprend. On aime bien Antoine Roussel, le plus grand acériculteur de la LNH. Mais trop de matchs, trop rapprochés contre la même équipe, c’est justement comme la tire à l’érable. Un morceau, c’est bon, mais neuf, ça tombe sur le cœur.

Les Canucks partis, ce sont maintenant les Oilers qui s’amènent en ville pour les trois prochains matchs. D’ailleurs, des huit prochaines rencontres du CH, quatre le seront contre les représentants de la capitale albertaine.

Cette fois, ce sont les joueurs du Canadien qui risquent de faire une «écœurantite». Ils vont rapidement constater que c’est une tout autre formation que celle contre qui ils ont connu du succès en début de saison.

Connor McDavid et ses coéquipiers s’amènent dans la métropole québécoise vainqueurs de sept de leurs neuf derniers matchs. Évidemment, le capitaine est au cœur des succès de cette équipe.

Ses 60 points sont 10 de plus que la récolte de son plus proche poursuivant dans la course au trophéce Art-Ross : son coéquipier Leon Draisaitl.

Bien entendu, la réalité serait probablement différente dans un calendrier normal où chaque équipe affronterait au moins deux fois les 30 autres formations du circuit. Mais au rythme où il produit (1,76 point/match), McDavid, dans une saison de 82 matchs, serait en voie de devenir le premier joueur du circuit Bettman à inscrire au moins 144 points depuis Mario Lemieux (161) et Jaromir Jagr (149) en 1995-1996.