Canadiens de Montréal

On assiste au déclin de Shea Weber

On assiste au déclin de Shea Weber

Michel Bergeron

Publié 20 mars
Mis à jour 20 mars

Malgré tout le respect qu’on lui doit : Shea Weber a ralenti. Il faut l’admettre et, inévitablement, l’entraîneur-chef du Canadien de Montréal, Dominique Ducharme, aura la tâche ingrate de reléguer son capitaine à un rôle moins important.

De toute évidence, il y a une question de confiance en ce moment pour Weber. On ne le sent pas jouer avec autant d’assurance qu’à la normale et il a de la difficulté à prendre les bonnes décisions sur la patinoire.  

Mais ce n’est pas seulement ça. Tout le monde dans l’organisation du Tricolore voue un respect sans borne au numéro 6, avec raison. Il est apprécié de tous parce que c’est un leader, un fier compétiteur et un vétéran aguerri. Par contre, soyons honnêtes : ça fait quelques années qu’on assiste au déclin de Shea Weber et, cette année, c’est devenu encore plus flagrant.

Le poids des années se fait sentir et il faudra réduire son temps de jeu. Avant le match d’hier soir, il passait un peu plus de 23 minutes en moyenne par match sur la patinoire. Dans un monde idéal, il faudrait diminuer ça à autour de 20.

Il n’y a pas à dire, c’est tout un mandat à confier à un jeune entraîneur comme Ducharme qui ne veut assurément pas perdre la confiance de ses leaders. 

Déjà, toutefois, le personnel d’entraîneurs du CH a commencé à montrer à Weber qu’il n’est plus le défenseur numéro 1 de l’équipe, un rôle que Jeff Petry occupe avec brio depuis le début de la saison.

De faire comprendre à un vétéran, ton capitaine en plus, qu’il a ralenti et qu’il serait plus utile à une équipe en jouant moins n’est pas facile pour un coach. Je l’ai vécu souvent dans ma carrière et presque à chaque fois, ces vétérans tentaient de me convaincre qu’ils étaient plus efficaces quand ils étaient plus souvent dans le feu de l’action. Qu’ils avaient toujours bien joué quand ils passaient 25 minutes sur la patinoire.

Ma réponse était toujours la même : « Oui, mais tu avais 30 ans à cette époque. Là, tu en as 35. »

Son manque de vitesse est souvent une nuisance en territoire défensif, et c’est son partenaire qui en paie le prix. Trop souvent, d’ailleurs, on critique les compagnons de duo de Weber mais il faut être indulgent. 

Pendant que le capitaine du CH est bien stationné devant son filet à faire la police et empêcher tout le monde de l’approcher, c’est son partenaire qui se démène en fond de territoire pour tenter de sortir la rondelle.

Prolongation   

Autre décision que devra prendre Dominique Ducharme : qui envoyer en prolongation ? Si le CH est allé en période de prolongation hier et l’a emporté en utilisant des combinaisons différentes, tant mieux ! Mais c’est tout de même inacceptable de perdre ses huit premiers matchs de la saison en prolongation.

Ce n’est pas un blâme direct envers Ducharme puisque je suis convaincu qu’il y a une raison derrière les décisions qu’il a prises. Cependant, il faut absolument commencer à utiliser les menaces offensives le plus rapidement possible en prolongation. 

Tyler Toffoli comptait 18 buts avant le match d’hier tandis que Jonathan Drouin a le profil parfait d’un joueur capable de faire des dommages quand il a de l’espace comme c’est le cas à trois contre trois.

Et si on tient absolument à utiliser un défenseur, Jeff Petry est le seul candidat que j’enverrais. Les Jets de Winnipeg emploient la plupart du temps trois attaquants en prolongation et ils ont fait payer le Canadien à plusieurs reprises.

Alex Ovechkin parmi les grands   

Alex Ovechkin a atteint deux plateaux importants mardi dernier. Non seulement est-il devenu le 35e joueur de l’histoire à atteindre le cap des 1300 points en carrière dans la LNH mais, en plus, il a dépassé Phil Esposito au sixième rang des meilleurs buteurs de l’histoire du circuit avec son 718e filet. Sa prochaine marque à atteindre : celle de 731 buts de Marcel Dionne. 

Le franc-tireur russe m’impressionne de jour en jour. À chaque fois qu’on pense qu’il va ralentir, il revient encore plus fort. De se retrouver dans la même conversation qu’Esposito et Dionne est tout un exploit. Il peut être considéré parmi les grands joueurs à avoir enfilé les patins.

Honneur sauvé   

Les Flyers de Philadelphie ont été littéralement humiliés mercredi soir dernier par les Rangers de New York qui leur ont servi une correction de 9-0. Pire encore, les neuf buts des Blue Shirts ont été inscrits lors des deux premières périodes ! 

Ouf, qu’Alain Vigneault avait l’air mauvais après ce match ! Malheureusement, ce genre de match arrive dans une carrière. C’est le genre de sortie où rien ne fonctionne et lors de laquelle tu as l’impression de ne rien contrôler. Heureusement, ils se sont bien repris le lendemain en défaisant les Islanders de New York, une équipe qui connaît d’excellents moments. Une autre défaite aurait été dure à encaisser.

Pauvres Sabres   

Les déboires des Sabres continuent. Cette semaine, ils ont remercié leur entraîneur Ralph Krueger mais ça ne semble pas avoir changé grand-chose. Cette organisation est tout croche et les Sabres ne sont pas sortis du bois. 

Les nombreuses mauvaises décisions prises par les dirigeants ont mené à ce qu’on voit aujourd’hui. Les contrats à Kyle Okposo et Jeff Skinner sont de véritables boulets alors que la transaction qui a envoyé Ryan O’Reilly à St-Louis n’a absolument rien donné aux Sabres. 

Maintenant, il faudra trouver la bonne personne pour prendre en charge cette équipe. Les entraîneurs disponibles savent très bien qu’en acceptant le défi des Sabres, ils vivront plusieurs saisons de misère. J’aimerais qu’on engage un jeune entraîneur. Pourquoi pas l’un de nos jeunes Québécois qui frappent à la porte ?