Crédit : PHOTO COURTOISIE, CF Montréal

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CF Montréal : Gros travail de planification

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que le boulot de Daniel Pozzi n’est pas de tout repos en temps normal et qu’il l’est encore moins en temps de pandémie.

Le Montréalais est responsable principal aux opérations du CF Montréal. C’est lui qui gère les déplacements de l’équipe depuis plusieurs années. Il réserve et planifie notamment les hôtels et les vols, les transferts en autobus, les repas et une foule d’autres choses de concert avec Franco Subrani, qui est coordonnateur.

On le disait, en temps normal, c’est déjà un poste exigeant qui lui demande de voyager avec l’équipe et même avant celle-ci pour aller faire du repérage quand elle visite une nouvelle destination.

Depuis l’an passé, son quotidien a été chamboulé par cette damnée pandémie, qui a complètement transformé son travail.

En plein vol

Pour reprendre l’expression désormais consacrée, Pozzi et ses collaborateurs ont appris à construire l’avion en plein vol.

«L’an passé, on faisait tout au fur et à mesure, c’était nouveau, alors la première chose a été de faire livrer des vélos et des articles d’exercice aux joueurs.»

«Notre chef du Sheraton Laval préparait des repas pour les joueurs et il fallait se coordonner pour livrer à tous les joueurs parce qu’on voulait qu’ils mangent bien sans qu’ils aient à sortir.»

Il a ensuite fallu trouver un nouveau domicile à l’équipe puisqu’il est devenu évident que disputer la saison au Stade Saputo ne serait pas possible. L’équipe s’est établie dans le New Jersey.

Comme le mentionne Pozzi, Hoboken, où logeait l’équipe, est un bel endroit à un jet de pierre de New York, mais il était impossible d’en profiter.

Adaptation

L’équipe va s’installer, au moins pour quelques mois, dans un grand hôtel de la région de Fort Lauderdale où les joueurs vont se sentir plus à la maison. On a aussi appris de l’expérience de 2020.

«L’an passé, précise Pozzi, on avait peu de journées de congé et les repas se faisaient toujours en groupe et je pense que le monde se tanne de se voir à la longue. Des fois, tu veux juste être tout seul ou manger en FaceTime avec ta famille.»

«Cette année, on va avoir plus de liberté, on sera capables de manger en groupe, mais si les joueurs veulent aller dans leur chambre ou sur une terrasse, ils seront libres de le faire. Il y aura aussi des plages horaires plus flexibles.»

Bref, on va tout faire pour reproduire le mode de vie qu’ils ont à Montréal. Et ça se reflète également dans le transport.

«Cette année, on est à une vingtaine de minutes du centre d’entraînement, c’est un peu comme s’ils se déplaçaient à Montréal. On amène aussi des gens avec des rôles mieux définis, pour le lavage notamment.»

En famille

On va également tout faire pour que les joueurs qui ont des familles puissent se rendre en Floride avec les leurs.

«On a mentionné aux joueurs et au personnel qu’ils pouvaient emmener les membres de leur famille avec eux. Mais les enfants sont à l’école en ce moment, il y a des épouses qui travaillent. Ça aurait été génial d’avoir tout le monde là-bas dès le début.»

«Au début, on prévoit avoir une couple de familles avec nous, mais on va accommoder le plus possible ceux qui vont vouloir venir. Et si des pères de famille manifestent le désir de louer un appartement, on ne les empêchera pas.»

Pozzi lui-même a l’intention de faire venir sa famille, mais a des sentiments partagés.

«Si je commence à faire des plans pour qu’ils viennent, ça va aussi vouloir dire qu’on va être là pour longtemps.»

Un départ vers la Floride sans date de retour connue

Contrairement à l’an passé, le CF Montréal va prendre la route des États-Unis le 6 avril sans savoir quand il reviendra.

«L’année dernière, on avait une date de fin présumée avec un maximum qui était la coupe MLS, rappelle Daniel Pozzi. Cette année, c’est l’opposé parce qu’on sait quand on part et on ne sait pas quand on va pouvoir revenir.»

C’est donc dans un climat d’incertitude que l’équipe partira en Floride, mais au moins, les joueurs seront bien entourés et seront installés dans un hôtel de prestige, ce qui représentait la meilleure solution.

«Ce n’était pas si simple de trouver une quarantaine de condos disponibles pour une certaine période de temps», explique Pozzi.

Équipe jeune

Qui plus est, avec de nombreux adolescents et plusieurs joueurs âgés de moins de 25 ans, l’hôtel est peut-être le meilleur endroit.

«En regardant le groupe d’âge qu’on a, il y en a plusieurs pour qui c’est mieux d’être à l’hôtel avec des adultes parce qu’on a quelques mineurs. Je ne suis pas sûr que ça aurait été la meilleure chose de mettre ces jeunes-là en appartement même si je pense qu’ils auraient pu le faire.»

De plus, c’est plus simple d’encadrer les joueurs à l’hôtel.

«Je sais que certaines personnes auraient aimé aller vivre en condo seules et profiter de la vie en Floride. Mais ce ne sont pas des vacances, on a des règles imposées par la ligue qu’on doit suivre.»

À distance

Quand il doit dénicher un hôtel dans une nouvelle ville, Daniel Pozzi s’y rend normalement quelques jours afin de faire des visites. Mais pas cette fois-ci.

«J’ai dû faire tout mon repérage à distance et c’est l’une des choses les plus étranges dans mon poste cette année de ne pas pouvoir faire des visites.»

«Mais j’ai beaucoup d’expérience dans ce secteur parce qu’on y va chaque année pour le camp d’évaluation de la MLS. J’ai contacté six hôtels en tout et j’y avais soit resté ou je les avais visités.»

Il a aussi fallu coordonner l’utilisation du stade avec l’Inter Miami CF.

«Je connais très bien deux personnes qui y travaillent, dont un très bon ami. On va avoir notre personnel pour s’occuper de nous, ils vont peut-être nous aider au début, mais nous voulons être autonomes.»