Patrice Bernier

La MLS, une ligue de choix?

La MLS, une ligue de choix?

Patrice Bernier

Publié 18 mars
Mis à jour 18 mars

Après deux saisons plutôt décevantes, le FC Cincinnati tente sérieusement de redresser la barre, depuis quelques semaines, en y allant de grosses embauches sur le marché des transferts. 

C’est ainsi que le club de l’Ohio a récemment fait l’acquisition de l’attaquant brésilien de 21 ans Brenner, en provenance du Sao Paulo FC, en retour d’un montant de 13 millions $. 

C’est un gros coup. Brenner est une «pépite» et Cincinnati fait aussi le pari de la jeunesse en plus de vouloir se positionner comme un gros acteur, même si l’acquisition du Néerlandais Jurgen Locadia, l’an dernier, était déjà un indicateur de cette tendance.   

Par ailleurs, Locadia a déçu en 2020, entre les blessures et d’autres problèmes : on verra bien s’il sera de retour en 2021. 

Mais «Cincy» n’a pas fini, oh non. Après une rumeur envoyant Gonzalo «Pity» Martinez dans l’Ohio, c’est finalement Luciano Acosta, un ancien du D.C. United, qui s’amènera en ville. 

Le club démontre donc une volonté claire de dépenser. D’ailleurs, si je me mets du point de vue de l’Association des joueurs, qui constate ce type de dépense après que la ligue et les clubs aient affirmé avoir subi des pertes majeures liées à la COVID-19, c’est intéressant... 

Mais voilà, Cincinnati se positionne. Est-ce que ça va être un gage de réussite en saison et en éliminatoires? Ils parient sur un jeune qui, s’il fonctionne, peut les faire gagner et pourra même être ensuite transféré à fort prix, d’autant plus que quelques écuries européennes étaient déjà sur sa trace avant qu’il ne choisisse la MLS. 

Le club affiche ainsi une autre direction à sa communauté et à ses partisans, d’autant plus que son rival direct, le Crew de Columbus, vient de gagner la Coupe MLS et n’apparaît pas en voie de ralentir en 2021. 

En terminant au sujet de Cincinnati, je vous soumets cette question :   

La MLS devient de plus en plus une ligue de choix. Pisté par de grands clubs, Brenner a choisi l’Amérique du Nord. Est-ce que notre ligue, spécialement après les dommages financiers causés par la pandémie partout sur la planète soccer et le Brexit qui complique la venue des joueurs en Angleterre, entre désormais de plus en plus en compétition avec certains championnats européens? 

Il y a de plus en plus de jeunes joueurs, par exemple Ezequiel Barco à Atlanta, ou Valentin Castellanos au NYC FC, qui décident prendre le chemin de la MLS en vue de faire le saut vers les grands championnats européens un peu plus tard. Et les clubs hésitent de moins en moins à étaler les millions par dizaines pour les attirer. 

Revoir le système de plafond salarial?   

Si on jette un œil à la masse salariale totale de la plupart des équipes de la MLS en 2020, on constate que plusieurs d’entre elles dépensent autour de neuf ou dix millions $ en salaires (en incluant les joueurs TAM et désignés), avec quelques exceptions notables comme Chicago (19 millions $), Toronto (24 millions $) ou le Galaxy de Los Angeles (20,5 millions $). 

Ma question est : pourquoi ne pas reléguer aux oubliettes les différents mécanismes comme les montants d’allocation et les joueurs désignés pour simplement instaurer un plafond salarial qui englobe tout? 

Les équipes utilisent au maximum les sommes allouées à leur budget salarial, incluant les différents montants d’allocation. Pourrait-on enlever les étiquettes qu’on attribue aux joueurs (joueur désigné, jeune joueur désigné, joueur TAM), et aussi enlever les doutes sur la façon dont certaines équipes fonctionnent dans ce système avec les multiples arrivées de joueurs à fort salaire ? 

Il faut quasiment un certificat «système MLS» pour tout comprendre, parfois!

Est-ce qu’une formule avec un plancher à neuf millions $ et un plafond à peut-être 15 millions, fonctionnant un peu comme la structure LNH et en ajoutant une «taxe de luxe» comme au baseball majeur pour ceux qui dépassent le plafond, pourrait être une meilleure option?

Il y a matière à réflexion, n’est-ce pas? 

N'oublions pas une chose, cependant. Comme le disait le grand Johan Cruyff : «pourquoi ne pourrait-on pas battre un club plus riche? Je n’ai jamais vu un sac de billets marquer un but.»

Le TFC «champion»  

Le championnat canadien a récemment désigné le Toronto FC comme représentant du pays en Ligue des champions de la CONCACAF, cette année, même si la finale du tournoi, qui devait opposer le TFC au Forge FC de la Canadian Premier league (CPL) à la fin 2020, n’a finalement jamais eu lieu. 

On comprend qu’il y avait une date butoir et que l’Association canadienne devait fournir un «vainqueur» à la CONCACAF pour le tournoi de la Ligue des champions de cette année. Aux États-Unis, l’équivalent du Championnat canadien, l’Open Cup, n’a pas été organisé en 2020 et par conséquent, c’est le gagnant de l’édition 2019, Atlanta United, qui est désigné. 

Cela amène son lot de questions. Valait-il la peine d’organiser le championnat canadien en 2020? Était-il réellement impossible de tenir la finale quelque part en novembre ou en décembre? La MLS venait de finir sa saison, la CPL aussi. Les joueurs étaient encore en forme et ce match aurait pu avoir lieu. 

On aurait pu trouver une solution au lieu d’être pris pour favoriser gratuitement une équipe. Et l’Impact/CF Montréal, champion canadien en 2019, aurait pu dire «pourquoi pas nous?» en regardant Atlanta obtenir sa place! 

Bref, on assiste ici à une sorte de cafouillage un peu décevant.