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Golf

Justin Thomas : le golfeur d’or

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Le décor du Stadium Course du TPC Sawgrass devait mettre en lumière le chaud duel entre Bryson DeChambeau et Lee Westwood. Dans une course à plusieurs chevaux, c’est plutôt Justin Thomas qui a couronné sa spectaculaire remontée.

À 27 ans, l’Américain a savouré sa 14e victoire sur le circuit de la PGA, dimanche, sur le magnifique parcours de Ponte Vedra Beach, en Floride. Avec sa fiche finale de -14, il a enlevé le titre tant recherché du Championnat des joueurs du circuit de la PGA et soulevé le trophée doré emblématique.

Il est ainsi devenu le quatrième golfeur depuis 1960 à atteindre ce plateau avant de fêter ses 28 ans. Il a rejoint un groupe sélect composé des Jack Nicklaus, Tiger Woods et Johnny Miller.

Dire qu’après 27 trous, vendredi, Thomas se dirigeait vers une exclusion du tournoi, alors qu’il flirtait avec le couperet par son jeu terne. Il a résisté et, à l’aube des rondes finales, il accusait un retard de sept coups sur les meneurs.

Le no 3 au monde a renversé la vapeur au fil du week-end en affichant des scores de 64 (-8) samedi et de 68 (-4) dimanche. Il a donc égalé le record de 132 coups (-12) lors des 36 derniers trous enregistré par Fred Couples et Rocco Mediate en 1996.

Dimanche, à la sortie du 8e trou, il accusait un retard de quatre coups sur le meneur, Westwood. Et en quittant la courte normale 4 du 12e où il a réalisé une approche coupée quasi parfaite, il menait par deux coups sur l’Anglais. À ses quatre fanions suivants, il a retranché cinq coups à la normale, notamment grâce à un superbe aigle sur le par 5 du 11e.

Contrôle total

En multipliant les coups fumants, notamment avec ses fers longs, et en maîtrisant sa balle des tertres aux verts, il a démontré toute la qualité de son arsenal. Une arme recherchée et dangereuse pour triompher sur l’intimidant Stadium Course. À preuve, par ses frappes solides et précises, il n’a raté que de quelques pouces un seul vert en coups réguliers. Le 18e...

«Cette victoire est énorme pour moi. Elle est très spéciale. C’est un tournoi tellement important. J’ai toujours voulu le gagner, a souligné le champion qui a aussi gagné la coupe FedEx, trophée saisonnier du PGA Tour, en 2017. Dans mon for intérieur, je savais qu’un jour je le gagnerais. Et avec de la chance, plus d’une fois.»

«J’adore ce parcours, a ajouté celui qui avait terminé au troisième rang en 2016. Il était en incroyable condition cette semaine. C’était un grand test psychologique, physique et émotionnel. Je suis très fier de l’avoir relevé.»

Dure année

Ce sacre, à ce qui est considéré comme le 5e majeur dans le monde du golf, ne pouvait venir à un meilleur moment. Éprouvé émotivement depuis le début de la nouvelle année, Thomas a vécu des moments difficiles depuis deux mois.

D’abord, des micros avaient capté l’insulte homophobe qu’il s’était lancée à Hawaii en ratant un court roulé en janvier. Il avait reçu une volée de bois vert malgré ses excuses et perdu son principal commanditaire.

Puis, en février, deux événements l’ont marqué. Il a perdu son grand-papa Paul, qui est décédé à l’âge de 89 ans. Et deux semaines plus tard, son grand ami Tiger Woods a été grièvement blessé alors qu’il aurait pu perdre la vie dans un violent accident de la route en Californie.

«Ce furent quelques mois merdiques. Des choses que je n’aurais jamais cru possibles sont survenues. Perdre mon grand-père a été terrible, a rappelé Thomas à propos de l’homme qu’il chérissait et savait le motiver sur un parcours par des remarques savantes.»

«Mais c’est la vie. Il fallait que je m’habitue. Si je voulais bien jouer et gagner, il fallait que je me ressaisisse. Je ne pouvais pas m’apitoyer sur mon sort.»

«Comme je disais à toute mon équipe : “Je suis prêt pour un événement positif cette année”. C’est une très mauvaise année jusqu’à présent. Cette victoire est très positive.»

Pas sa journée

Dans une course serrée jusqu’à la toute fin, Lee Westwood a livré une dure bataille, même s’il a présenté son jeu «C».

«C’était une excellente semaine, mais je n’ai pas bien joué en ronde finale. Je suis tout de même fier de moi, car je me suis bien battu et j’ai réussi des roulés sous forte pression.»

Pour la deuxième semaine de suite, le meneur à l’issue de 54 trous est arrivé à court par un seul petit coup. Il souhaitait remporter la plus grosse victoire de sa carrière.

«C’est un endroit difficile pour un meneur, a rappelé celui qui fêtera bientôt ses 48 ans. C’est un endroit encore plus difficile quand tu n’offres pas ton meilleur rendement.»

Il a conclu le tournoi avec une carte de 72, à égalité à la normale, en raison de quatre bogueys. Ce fut toutefois suffisant pour devancer par un coup son grand rival des deux dernières semaines, Bryson DeChambeau.