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Golf

Championnat des joueurs de la PGA: nouvelle approche ratée pour Rory McIlroy

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Pourquoi changer un élan qui fonctionne? Poser la question à Rory McIlroy rapporte une réponse sincère et songée.

«Je mentirais si je disais que cela n’a rien à voir avec ce que Bryson [DeChambeau] a fait lors de l’Omnium américain en septembre, a expliqué le golfeur de 31 ans. Plusieurs joueurs ont vu sa transformation et ce qu’il a fait. Ils se sont dit que si c’était la façon de jouer au golf dans le futur, ça aiderait beaucoup.»

Retour dans un passé pas si lointain, il y a huit mois, lors de l’Omnium des États-Unis sur le redoutable parcours de Winged Foot, dans l’État de New York.

Avec sa puissance et ses longs coups de canon, DeChambeau l’avait réduit en miettes en survolant tant le parcours que la compétition. Le solide gaillard avait saisi le trophée et prouvé sa philosophie qui pourrait changer le sport.

S’en est suivi une quête du saint Graal entre les plus longs cogneurs du circuit de la PGA. Tous voulaient atteindre d’impressionnantes vitesses d’élan et de balle à l’impact pour gagner de précieuses verges depuis les tertres. Ils frappaient déjà en moyenne à plus de 315 verges...

Depuis 2016, si McIlroy ne menait pas dans la colonne de la distance moyenne de ses coups de départ, il figurait dans le top 5. S’il était puissant, il n’était pas pour autant précis.

Vitesse recherchée

Mais en observant DeChambeau dévisser des balles et présenter ses données d’élan sur les réseaux sociaux au grand plaisir des amateurs, le Nord-Irlandais a décidé d’emprunter cette voie. Non pas pour le plaisir, mais pour l’utilité.

Questionné samedi sur la déclaration de McIlroy, DeChambeau a répondu qu’il ne voulait influencer personne.

«J’essaie de jouer mon propre style et de frapper la balle le plus loin que j’en suis capable. Je savais toutefois que cela aurait un effet sur les autres.»

Au quatrième rang des plus longs cogneurs du circuit à la fin de la saison 2020 grâce à des claques moyennes de 314 verges, McIlroy pointait au 30e échelon quant à la vitesse de la tête de son bâton (club head speed), mesurée à 191,31 km/h. Il était au 24e échelon quant à la vitesse de balle à l’impact (ball speed), qui s’élevait à 286,84 km/h.

L’athlète de 5 pi 10 po a trimé dur pour gagner environ 6 km/h sur ces deux données. Il atteint maintenant une vitesse de bâton de 197,45 km/h et une vitesse de balle à l’impact de 294,34 km/h, respectivement bonnes pour les septième et cinquième rangs du circuit jusqu’à présent cette saison. À titre comparatif, DeChambeau affiche des données supérieures d’environ 17 km/h.

McIlroy a gagné cinq verges sur ses frappes de départ, ce qui le place au second rang, à 3,7 verges de DeChambeau. Ce n’est évidemment pas catastrophique.

Tout ça pour...

Mais ce nouvel élan a causé des dommages dans son jeu. Et au bout de quatre semaines de suite en action, il s’est enrayé à Sawgrass.

«Les problèmes d’élan sont frustrants. J’ai commencé à être aspiré dans cette spirale de recherche de vitesse à l’entraînement en octobre. Mon élan est devenu trop plat, trop long et trop rotatif, a-t-il expliqué après avoir été exclu des rondes du week-end au Players avec sa fiche de +10. J’ai évidemment gagné en vitesse et je frappe plus loin, mais ce n’était pas la bonne chose à faire pour mon élan. J’essaie de me sortir de ça et c’est ce qui est frustrant.»

Selon lui, un retour à son ancien élan prendra quelque temps. Il souhaite régler le problème avant de se pointer à Augusta pour le Tournoi des Maîtres.

«La moindre modification apportée à un élan le rend inconfortable un certain temps. Je ne veux pas tout effacer.»

En revenant à sa vieille recette, McIlroy devrait moins s’éparpiller. Autant sur le parcours que dans les classements.