Canadiens de Montréal

CH: un électrochoc du nom d'Alex Burrows

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Depuis que Marc Bergevin a promu Alex Burrows au poste d’adjoint de Dominique Ducharme, les éloges ne cessent de pleuvoir sur l’ancien joueur des Canucks de Vancouver. Entraîneurs et coéquipiers de l’époque sont unanimes pour dire qu’ils reconnaissaient en lui les qualités d’un futur pilote.

«Je suis un passionné du hockey. J’en regarde tous les soirs. Je suis allé à l’université du hockey. J’ai même fait mon postdoctorat », a-t-il lancé mardi lors d’une visioconférence.   

Le Canadien de Montréal avait choisi cette courte série contre les Canucks, avec lesquels Burrows a disputé 822 de ses 913 matchs dans la Ligue nationale de hockey, afin de le rendre disponible aux journalistes pour la première fois depuis sa nomination, le 24 février.

C’est principalement dans cet amphithéâtre, le Rogers Arena, que l’ancien attaquant de 39 ans a suivi la plupart de ses cours. Non pas sans avoir, au préalable, gravi les échelons du hockey professionnel un à un. Commençant même sa carrière professionnelle dans la «Ligue de la côte est à 350 $ par semaine».

Missions précises  

Même chez les Canucks, il rappelle avoir dû gravir les marches une à une. D’abord rappelé pour jouer les agitateurs au sein du quatrième trio, il est devenu l’un des attaquants de confiance pour contrer l’adversaire au sein de la troisième unité avant de rejoindre les jumeaux Sedin, Henrik et Daniel, au sein du gros trio.

En cours de route, Alain Vigneault lui a donné des missions spécifiques. Particulièrement en infériorité numérique. De 2006 à 2013, la durée du séjour de Vigneault derrière le banc des Canucks, Burrows est celui qui a vu le plus de temps de jeu (1358 min 50 s) à court d’un ou de deux hommes au sein de l’équipe.

«C’est sûr que ce que j’ai vécu en jouant en désavantage numérique, ça aide. J’ai peut-être un petit avantage aujourd’hui, mais ce n’est pas moi qui tiens le bâton. C’est aux joueurs d’exécuter», a-t-il indiqué.

Simple et efficace  

Au cours du généreux point de presse de près de 50 minutes qu’il a offert aux journalistes de Montréal et de Vancouver, Burrows s’est qualifié de véritable «nerd du hockey». On a complètement saisi son allusion lorsqu’il a raconté qu’il assistait aux réunions de l’unité d’attaque massive de son équipe, même s’il n’en faisait pas partie.

«Ça m’intéressait de savoir quels étaient les plans de notre attaque massive, a souligné Burrows. Tant qu’à aller manger des bagels dans le "lounge", je me disais que si jamais on me désignait pour remplacer un coéquipier, il valait mieux que je sois déjà au courant.»

Il a donc pu apprécier les techniques d’enseignement de Ryan Walter et de Newell Brown. D’ailleurs, lorsqu’il raconte ce que Brown enseignait à ses joueurs et ce qu’il fait lui-même aujourd’hui, Burrows livre exactement le même discours.

«Je veux qu’on soit simple, efficace et direct. Même les Sedin étaient experts dans les jeux simples. Je veux qu’on ait un plan pour tout: les sorties de zone, les entrées de zone, les mises en jeu. Qu’est-ce qu’on fait si on la gagne ou si on la perd? Par où attaque-t-on? Le jeu est tellement rapide. J’essaie de donner aux joueurs des outils pour que ce soit simple pour eux, pour qu’ils puissent agir et non penser.»

La coupe Stanley  

Parlant d’éviter de penser, Burrows préfère ne pas regarder trop loin. Étant donné que Bergevin pourrait bien perdre son travail à la fin de la saison et que Ducharme n’a obtenu son poste que sur une base intérimaire, il serait prématuré de s’avancer sur la durée possible du séjour de Burrows derrière le banc de l’équipe de son enfance.

«Mon contrat se termine dans les prochains mois. On verra en temps et lieu, on verra cet été», a soutenu Burrows, qui a révélé avoir déjà été approché par d’autres équipes de la Ligue nationale de hockey (LNH) dans le passé.

L’intérêt des autres formations à son égard ne l’a pas empêché d’être surpris lorsque le directeur général du Canadien lui a passé un coup de fil, tard le 23 février, après le revers de son équipe à Ottawa.

«Ma femme s’apprêtait à aller se coucher. Je lui ai dit d’attendre parce que je devais faire mes valises, a-t-il raconté. J’étais surpris, mais j’étais content parce que le Canadien, c’est l’équipe de mon enfance. Après deux ans avec Joël [Bouchard] et Daniel [Jacob], je me sentais prêt.»

Et avec le Canadien, il pourra poursuivre le rêve qui lui a échappé de justesse en juin 2011.

«Il y a une seule chose qui manque à ma carrière pour qu’elle soit complète. Et dans le rôle de "coach", je peux repartir à la chasse à la coupe Stanley.»