Crédit : Photo courtoisie FIS

Ski et planche

«Ce titre a une saveur spéciale» - Mikaël Kingsbury

Publié | Mis à jour

Mikaël Kingsbury a été sacré champion du monde pour la cinquième fois de sa carrière, lundi à Almaty, au Kazakhstan.

Kingsbury a remporté l’épreuve des bosses du championnat mondial de ski acrobatique. Double champion en titre à Deer Valley en 2019, le bosseur de 28 ans a devancé le Français Benjamin Cavet par près de cinq points et le Kazak Pavel Kolmakov pour récolter la 10e médaille de sa carrière au championnat mondial.

«Ce titre mondial a une saveur particulière, a déclaré Kingsbury qui signe une troisième victoire en simple après les titres de Deer Valley en 2019 et de Voss et Oslo en Norvège en 2013 en plus de ses deux triomphes en duel. J’ai raté trois courses en raison de ma blessure [double fracture des vertèbres T4 et T5] et en raison de la COVID-19 il n’y a pas eu assez d’événements pour que je puisse combler mon retard dans la course au Globe de cristal. Malgré tout, je ressors de la saison avec le titre que tout le monde voulait.»

Compte tenu de son palmarès, le champion olympique de 2018 à Pyeongchang en Corée du Sud a abordé le championnat mondial plus détendu que jamais.

«Je veux gagner, mais je ne me mets pas de pression supplémentaire parce que j’ai déjà tout gagné, a-t-il expliqué. Je suis déjà champion mondial et je vais le rester toute ma vie. Ce n’est pas comme une ceinture de champion que tu dois remettre.»

«Je me sentais bien en haut avant ma descente finale, ce qui n’a pas toujours été le cas, de poursuivre Kingsbury. La trop grande pression peut enfermer des athlètes. Ce n’est pas la bonne attitude à avoir. Je connais le plus de succès quand j’ai du plaisir. La maturité et l’expérience m’aident à adopter cette attitude.»

Ses adversaires se retrouvent dans une situation complètement différente.

«À l’exception du Japonais Ikuma Horishima [il a gagné le titre mondial en 2017 à Sierra Nevada], aucun de mes adversaires n’a remporté un titre mondial ou un Globe de cristal, a-t-il indiqué. Je n’ai pas la pression de me dire qu’il s’agit de ma dernière chance de remporter un titre.»

Meneurs de la Coupe du monde, l’Australien Matt Graham (20e) et le Japonais Horishima (19e) n’ont pas survécu à la ronde des qualifications.

«C’est une surprise, mais ça démontre que le parcours n’était pas facile, a-t-il expliqué. Les conditions n’étaient pas évidentes. Le rythme des bosses était bizarre et il y avait beaucoup de pièges. Tu ne devais pas tenter d’éviter les pièges sinon ils te mordaient. J’ai conservé la même stratégie même si deux de mes principaux adversaires n’étaient plus là.»

Stratégie inchangée

Avant sa dernière descente, Kingsbury connaissait les pointages de Cavet et de Kolmakov et il aurait pu lever le pied, mais il a décidé d’y aller avec les sauts (double vrille et triple vrille désaxée) initialement prévus.

«Même si j’ai été blessé et que j’ai raté trois courses, je voulais prouver que j’étais capable de gagner et pas seulement par la peau des fesses, a-t-il illustré. Mes deux adversaires ont obtenu un pointage de 82 dans la super finale et j’avais fait 85 dans la première finale, mais je voulais effectuer la descente planifiée depuis longtemps. C’est moi qui ai été le plus rapide, qui ai commis le moins d’erreurs et qui ai effectué les sauts avec le degré de difficulté le plus élevé.»

L’action reprend ce matin avec la présentation de l’épreuve des bosses en parallèle.

«Ma victoire d’aujourd’hui [lundi] me met en confiance, mais je devrai bien d’adapter au parcours rouge. Je suis fatigué après une longue journée, mais je serai prêt pour le duel. Je vais vider le réservoir.»

À Deer Valley le 5 février, il avait aussi remporté la victoire en duel.

Laurent Dumais obtient son meilleur résultat au mondial

De retour à la compétition après avoir soigné une blessure à une hanche qui l’a tenu à l’écart des deux étapes de la Coupe du monde de Deer Valley les 4 et 5 février, Laurent Dumais a obtenu le meilleur résultat de sa carrière au mondial avec une sixième place.

«Je suis super content, a exprimé le bosseur de 24 ans qui avait terminé au 24e rang à Deer Valley en 2019 et en 34e position à la Sierra Nevada en 2017. Ce n’est pas un résultat inespéré, mais je ne m’y attendais pas. Je suis un peu déçu de ma descente dans la super finale. Le rythme des bosses changeait et j’étais hors contrôle. Je suis content de ma descente dans la première finale.»

«Au cours des qualifications, j’ai failli me faire surprendre, d’ajouter Dumais. La luminosité était très faible en raison de la brume et je ne voyais rien. La neige était lourde en raison du soleil des jours précédents.»

Cette 6e place est d’autant plus méritoire qu’il s’agissait de sa première course depuis le 13 décembre à Idre Fjäll en Suède, course d’ailleurs qu’il n’avait pas terminée après avoir terminé en 10e position la veille.

«Je me suis blessé pendant un camp à Val St-Côme en janvier, a mentionné le médaillé de bronze de la Coupe du monde d’Almaty en 2020. J’avais encore de la douleur et j’ai raté Deer Valley. Pour le mondial, je me suis préparé au Colorado avec mon entraîneur et deux de mes coéquipiers. À l’exception de la première journée où j’avais encore un peu de douleur, tout se passe bien au mondial.»

Sélection olympique

Sa 6e position combinée à sa 10e place en Suède en décembre le place dans une bonne position pour la sélection olympique.

«J’ai connu une bonne saison l’an dernier et les Jeux sont dans ma mire. J’étais passé si près en 2018 que je veux ma rédemption. Parce que j’ai raté Deer Valley, mon classement (25e) n’est pas le meilleur, mais je suis en bonne position étant donné que nos trois meilleurs résultats seront retenus. On est pas mal certain qu’il y aura trois bosseurs aux Jeux. Je n’ai pas obtenu le volume d’entraînement désiré au cours d’une saison particulière, mais je suis vraiment content d’être revenu à mon niveau.»

«J’ai deux bons résultats en banque et ma 6e place au mondial me procure une bonne dose de confiance et d’énergie, de poursuivre le bosseur de Québec. Pour l’épreuve en parallèle, je suis vraiment confiant. J’avais remporté le bronze ici l’an dernier également en parallèle.»

Mikaël Kingsbury était très heureux de retrouver un autre Canadien dans la super finale.

«C’est cool qu’on soit deux et on a pu blaguer en haut de la pente avant notre descente. Ça détend l’atmosphère. On a pu s’encourager en français.»

Dumais était aux premières loges pour apprécier le spectacle du Roi des bosses.

«Je n’avais aucun doute que Mik allait revenir en force et de manière spectaculaire après sa blessure, mais il est revenu de manière très dominante et c’est ça qui est surprenant et du même coup très impressionnant. C’est un grand athlète très complet.»

Chez les femmes, aucune Canadienne n’a atteint la super finale. Justine Dufour-Lapointe a été la meilleure avec une 12e position. Sa sœur Chloé a pris le 16e rang.