Boxe

Marie-Ève Dicaire battue

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Marie-Ève Dicaire n’est plus championne du monde. Dans un combat où elle a été dominée du début à la fin, la Québécoise s’est inclinée par décision unanime devant l’Américaine Claressa Shields.

Du même coup, Shields (11-0, 2 K.-O.) a écrit une page d’histoire de la boxe en devenant la première athlète à remporter quatre ceintures dans deux catégories différentes. Elle est maintenant détentrice des titres WBC, IBF, WBO et WBA (super championne) des super-mi-moyennes. 

Les trois juges ont remis des cartes de pointage sans équivoque de 100-90. Ça indique bien l’allure du duel.

L’Américaine a dicté l’allure des échanges dès la première cloche. Elle a placé rapidement ses coups de puissance et Dicaire a semblé un peu décontenancé devant la rapidité de Shields.

Pour démontrer la domination de la boxeuse locale, elle avait terminé le combat avec 116 coups qui ont atteint Dicaire contre seulement 31.

«Ce n’est pas le résultat que j’avais espéré, a indiqué Marie-Ève Dicaire. Une chose est sûre, c’est que je n’ai aucun regret. Je sais que j’ai fait tout ce que je pouvais et il n’y a rien que j’aurais pu faire de plus lors de mon camp.

«Claressa a été la meilleure, mais ça ne veut pas dire qu’elle va le rester tout le temps. Je ne fais pas de la boxe pour avoir une fiche immaculée, mais pour relever des défis. Je voulais affronter la championne pour prouver à tout le monde que j’en étais une.»

Shields, qui a remporté une 62e victoire de suite, a été en contrôle. Elle a prouvé qu’elle était dans une classe à part. Pour ce qui est de Dicaire, elle a démontré beaucoup de courage en essuyant un barrage de coups. Elle n’a jamais baissé les bras.

«Claressa Shields est d’une autre race. Elle est dans une classe à part. Je ne vois pas une autre fille être en mesure de la battre, a ajouté Yvon Michel. Peu importe la stratégie de Marie, elle l’aurait remporté.

«Avec ce que Marie a réalisé ce soir, je suis convaincu qu’elle va redevenir championne du monde.

Ring controversé 

Lorsqu’un boxeur québécois doit se battre à l’étranger, il doit toujours être aux aguets.

Après la pesée jeudi, Marie-Ève Dicaire est allée dans la salle où le combat devait se dérouler. La championne s’est rapidement aperçue que le ring n’avait pas les dimensions prévues au contrat signé avec le clan de Shields.

Il était d’une grandeur de 16 pieds x 16 pieds, le minimum pour un combat. Selon l’entente, il devait être de 20 pieds x 20 pieds.

Après plusieurs minutes de négociations entre les promoteurs Yvon Michel et Dmitry Salita, il a été convenu que l’organisateur devait respecter son entente.

Une controverse semblable avait éclaté avant le combat de championnat du monde IBF des poids moyens entre David Lemieux et Hassan N’Dam en 2015. Le clan du Français n’avait pas négocié cette clause, donc le promoteur Camille Estephan avait pu choisir le ring de son choix.

Des croûtes à manger 

Si Dmitry Salita souhaite devenir un promoteur d’envergure, il devra refaire ses devoirs quant à la qualité de ses événements.

L’éclairage était loin d’être à point. On se serait cru dans un sous-sol d’église. Pour ce qui est Fite.TV, un réseau de diffusion en continu en pleine expansion, la qualité du son était terrible.

En résumé, ce n’était pas digne d’un combat historique.