Canadiens de Montréal

Marc Bergevin doit-il échanger son choix de 1er tour?

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Marc Bergevin devrait-il, pour la toute première fois de son règne, échanger son choix de premier tour si l’opportunité d’attirer un joueur d’impact se présentait? 

La question a été sujet de débat, mercredi, à l’occasion du maintenant traditionnel segment «Les Recrues» présenté lors de l’émission «JiC».  

Voyez le débat complet dans la vidéo ci-dessus.   

Pour le journaliste Nicolas Cloutier, il serait inconcevable de sacrifier un premier choix. Il a notamment prétexté un manque d’espace sur la masse salariale. 

«Marc Bergevin a bâti une formation cet été. Il a utilisé son espace sous la masse salariale et ce, presque jusqu’au dernier centime. Selon CapFriendly, il ne restera à Marc Bergevin qu’un million et demi de disponible à la date limite. Si tu veux échanger ton choix de premier tour, c’est forcément contre un gros salarié. 

«Bergevin devrait donc échanger un joueur bien payé de l’équipe pour créer de l’espace et ça, essentiellement, ça chambarderait le groupe. Et pourquoi on ferait ça? Pour un gars qui devrait se soumettre à une quarantaine et qui pourrait perdre son rythme ou sa forme de match? C’est selon moi un pari trop risqué avec la COVID-19.»

La réplique du journaliste Anthony Martineau a été immédiate. 

«Parlant de pari risqué, Marc Bergevin en est à quoi? Sa cinquième année d’un douzième plan quinquennal? Heureusement que le DG du CH est parvenu cette année à nous créer une formation qui, sur papier du moins, est la meilleure des 15 dernières années! 

«Toutefois, et c’est très malheureux, ce club-là est bâti autour de deux gars : Carey Price et Shea Weber, qui sont nettement sur la pente descendante. Le temps presse. Le futur, c’est maintenant! Si on veut gagner cette année, il faut améliorer le club, même si ça se fait au détriment de cette fameuse chimie d’équipe qui constitue selon moi un critère surévalué. Si on veut se donner une véritable chance de faire du millage, il faudra probablement céder un choix de première ronde.»   

Quelle est la véritable valeur d’un choix de première ronde?    

L’animateur Jean-Charles Lajoie est alors intervenu.

«Je suis totalement d’accord avec mon collègue Anthony. Le futur, c’est maintenant. Et quelle est la véritable valeur, cette année, d’un choix de premier tour au repêchage sachant que presque personne ne joue actuellement?»

Martineau a pris la balle au bond. 

«C’est une excellente question, ça! En fait, le dernier directeur général à avoir remporté la coupe Stanley, Julien Brisebois, mentionnait récemment qu’après le 10e rang de la première ronde, l’importance donnée aux espoirs était nettement exagérée. 

«Question pour vous : combien de joueurs repêchés entre les rangs 20 et 31 parviennent chaque année à devenir des joueurs réguliers dans la LNH? 40%! Moins d’un joueur sur deux! Expliquez-moi donc pourquoi on aurait peur de "sacrifier" un choix de première ronde au détriment d’un gars qui pourrait potentiellement nous aider alors que dans deux ans il sera peut-être trop tard? Weber et Price partis ou sur le déclin, la fenêtre ne sera tout simplement plus là.»

Cloutier a, à ce moment, choisi de répliquer. 

«D’accord. Alors au fond, on va chambouler l’alignement lorsqu’on ne sait même pas si le joueur que tu vas aller chercher va être à point?»

«Ça veut dire quoi, pour toi, "chambouler l’alignement"?», a alors lancé un «JiC» mi-figue, mi-raisin. 

«Eh bien tu dois enlever un haut salarié de ton club pour équilibrer les coffres!», de rappeler Nicolas Cloutier. 

«Mais tu as déjà 1,5M$ de disponible! Et il faut aussi se demander qui on pourrait aller chercher!», a répliqué Lajoie. 

L’option Caufield?    

Interpellé, Cloutier a offert cette hypothèse en guise de réponse.

«Si je vous disais que la meilleure acquisition possible, actuellement, c'était peut-être Cole Caufield? Je regarde ça et le tournoi du Big 10 pourrait se terminer à la mi-mars. Le CH aurait disputé quoi, une trentaine de matchs à ce moment-là?»   

Anthony Martineau avait visiblement un avis très différent sur la question. 

«Cole Caufield aurait le luxe, cette année, de pouvoir commencer son développement dans un contexte calme et tranquille à Laval. Il faut arrêter, là! On parle d’un gars de la NCAA! J’adore Cole Caufield et je suis très confiant de ce qu’il peut accomplir dans le futur. Mais on a l’opportunité de lui dire : "Écoute, Cole. Tu as un bon lancer et tu es un excellent franc-tireur. Mais va perfectionner tout ça à Laval!" 

Cole Caufield
Crédit photo : Photo courtoisie, Greg Anderson

«Je vais vous donner un nom : Zach Hyman. En 2015, à l’âge de 22 ans, il a terminé sa saison au premier rang des pointeurs de la NCAA et on a quand même jugé bon, chez les Maple Leafs, de l’envoyer prendre un peu d’expérience professionnelle dans la Ligue américaine avant de lui faire intégrer le gros club.»

Le comparatif n’a pas plu à Cloutier. 

«Caufield réalise une campagne formidable à sa saison sophomore [et à 20 ans seulement]! C’est une comparaison boîteuse!»

«Pas du tout!», a répondu Martineau. 

«Hyman, peu importe le moment, a dominé la NCAA et on lui a quand même ordonné d’aller passer du temps chez les Marlies. Aujourd’hui, il est où, Hyman? Sur le deuxième trio des Maple Leafs!»

Alors, Marc Bergevin devrait-il, pour la toute première fois de son règne, échanger son choix de premier tour? Débattez, chers amis! 

En attendant, le segment «Les Recrues» sera de retour, comme à l’habitude, mercredi prochain sur le coup de 17h15 à «JiC».