Crédit : Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse

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Le conseil de Nasreddine à Ducharme

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Alain Nasreddine avait une expérience de quatre saisons complètes comme adjoint avec les Devils du New Jersey. À sa cinquième saison à Newark, il a changé de chapeau pour celui d’entraîneur en chef sur une base intérimaire.

À l’image de Dominique Ducharme, Nasreddine avait fait la transition en cours de saison. C’était le 3 décembre 2019 quand il a remplacé John Hynes, son complice depuis ses premiers pas dans le métier avec les Penguins de Wilkes-Barre, dans la Ligue américaine, en 2010-2011.  

Nasreddine comprend parfaitement Ducharme quand il dit qu’il aurait écrit un scénario différent pour le jour où il accéderait au poste d’entraîneur en chef dans la LNH.

«Je me souviens très bien de ma première rencontre avec mes adjoints après le congédiement de John», a dit Nasreddine en entrevue téléphonique au Journal, vendredi.

«C’était le lendemain de mon premier match. On avait une journée de congé, mais j’avais rencontré tout mon personnel. Tous les gars étaient vraiment attachés à John. Il y avait plus une ambiance de salon mortuaire. J’avais besoin de réanimer les troupes. Mais moi aussi, j’ai trouvé ça difficile. Oui, c’était une occasion en or pour moi, mais je perdais mon mentor des dernières années.»

Un seul conseil  

Promu par Ray Shero, congédié de son poste de DG un peu plus d’un mois après le départ de Hynes, Nasreddine a offert une réponse remplie de sagesse pour décrire le principal conseil qu’il offrirait à Ducharme, embauché dans des conditions similaires, mais dans un marché bien plus bouillonnant que celui du New Jersey.

«C’est une bonne question. J’ai parlé à plusieurs entraîneurs quand j’ai obtenu le poste. Et il y a un conseil qui revenait toujours: rester soi-même.»

«J’avais tout appris de John Hynes. Mais John Hynes, ce n’est pas Alain Nasreddine. Je voulais être moi-même, garder ma propre personnalité. Je voulais y aller avec mon cœur et je voulais croire en moi-même.

«Quand je regarde avec du recul, je crois sincèrement que c’était le conseil le plus précieux. Tu veux toujours bien faire, tu veux montrer que tu as ta place. Mais tu dois croire en ta propre recette. Je me le disais tous les jours. Je ne devais pas penser à ce que John ferait dans une situation précise. J’étais tellement habitué au rôle de second. Ça représentait un gros changement.»

Plusieurs appels  

Il y a seulement 31 postes d’entraîneurs en chef dans la LNH. C’est une confrérie tissée serrée. À ses premiers jours à la tête des Devils, Nasreddine n’avait pas hésité à faire une tournée de ses contacts.

«J’avais parlé à Claude Julien, Michel Therrien, Alain Vigneault. C’était trois de mes anciens coachs, a rappelé l’ancien défenseur. J’étais touché de voir qu’ils cherchaient à m’aider en me parlant ou en m’envoyant des textos. Il y a deux autres entraîneurs avec qui j’ai eu de bonnes discussions, Craig Berube et Rick Tocchet.

«Craig avait pris le contrôle des Blues en plein milieu d’une saison, il avait remplacé Mike Yeo. On connaît l’histoire. Il a fini par gagner la coupe Stanley. On se connaissait à peine, Craig et moi. On s’était croisé une ou deux fois. Mais il avait été fantastique avec moi. Il avait consacré 45 à 60 minutes de son temps pour me parler au téléphone. Craig m’avait aussi dit de rester fidèle à moi-même, de ne pas chercher à imiter un autre coach. Si tu n’es pas vrai, les joueurs vont le détecter immédiatement.

«L’autre coach avec qui j’avais beaucoup parlé, c’était Tocchet. J’avais travaillé avec lui au sein de l’organisation des Penguins. Il avait déjà occupé un poste d’adjoint avant de devenir un entraîneur en chef. Rick m’avait parlé longuement le matin d’un match à Glendale. Le soir même, j’ai battu Rick et les Coyotes pour enfin obtenir ma première victoire.»

Longue attente  

Nasreddine avait dû patienter jusqu’à son sixième match à la barre des Devils avant de connaître la victoire. Ducharme, lui, vient de perdre ses deux premières rencontres, dont une en prolongation.

«Je n’avais pas de doutes, je croyais en mon système, mais j’avais hâte en tabarnouche de signer ma première victoire. Je voulais passer à autre chose, je voulais chasser ça de mon esprit. Je ne voulais pas vivre une série de sept, huit, neuf revers d’affilée. Cinq, c’était bien assez long.»

Après un lent départ, Nasreddine avait conduit les Devils à une fiche plus que respectable de 19-16-8 avant l’interruption de la saison en raison de la pandémie de la COVID-19.

«Je voulais avoir une bonne fiche, même si nous étions exclus des séries», a rappelé Nasreddine, qui est retourné à un rôle d’adjoint avec les Devils cette saison.

«J’en retire une fierté de ce dossier puisque j’avais aussi comme mission de développer nos bons jeunes.»