Crédit : JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Formule E

Formule E : pas de pression supplémentaire pour Jean-Éric Vergne

Publié | Mis à jour

Jean-Éric Vergne sera au cœur d’un choc de titans l’opposant à son coéquipier Antonio Felix da Costa cette année, mais le Français refuse d’attaquer cette nouvelle saison de Formule E différemment.

Double champion de la série avec DS Techeetah en 2018-2019 et 2019-2020, Vergne a terminé au troisième rang au cours de la dernière campagne, pendant que son nouveau coéquipier décrochait le titre par une marge de 71 points. Il s’agissait de la plus grande marge de l’histoire de la FE en six saisons.

Qu’à cela ne tienne, l’ancien pilote de Formule 1 se concentre pour le moment sur les deux premières courses de la saison qui auront lieu vendredi et samedi à Dariya, en Arabie saoudite, sans se mettre de pression supplémentaire sur les épaules.

«Ça m’est égal de ce que les gens retiennent de mon héritage dans le sport, a lancé à brûle-pourpoint Vergne lorsque questionné sur l'empreinte qu'il laissera derrière lui. La seule chose que je peux faire, c’est me concentrer sur mon travail sans penser à ce que pensent les autres.»

Encore du temps

Âgé de 30 ans, Vergne croit en effet qu’il est en mesure d’offrir encore plusieurs bonnes années de service en FE. S’il est confiant de lutter pour le titre cette année, une ou deux saisons sans être couronnés ne seraient pas dramatiques pour lui.

Il a notamment fait allusion à la carrière en F1 de Lewis Hamilton, qui a dû attendre six ans entre ses deux premiers titres, alors qu’il en compte un record de sept actuellement.

«Je pense que j’ai encore beaucoup d’années dans le sport et je ne suis pas inquiet de mes résultats à venir. Je pense que j’ai encore de belles années devant moi et des possibilités de résultats.»

«JEV» devra toutefois renégocier à la fin de la saison s’il souhaite rester avec DS Techeetah puisque son contrat actuel viendra à échéance au terme de la campagne. Mais s’il évolue dans une écurie chinoise, il a le soutien du motoriste français DS, si bien qu’une nouvelle entente semble fortement probable.

«On va voir ce que les deux parties souhaitent faire. Mais pour l’instant, je suis très bien dans cette équipe, la relation se passe très bien. C’est une question de formalité pour continuer.»

Y être ou ne pas y être

En marge de sa carrière en monoplace, Vergne s’est également lancé en endurance en 2017, participant au passage aux quatre dernières éditions des 24 heures du Mans avec Manor (2017) et G-Drive Racing.

S’il a piloté jusqu’ici dans la catégorie LMP2 – la deuxième en importance –, il s’est maintenant engagé avec Peugeot, qui vise un retour en compétition en 2022 dans la première catégorie, renommée dès cette année «Hypercar». Il pourra ainsi lutter pour la victoire.

L’athlète originaire de Pontoise espère malgré tout pouvoir participer à l’édition 2021 de cette course mythique, avec la bénédiction de Peugeot, mais il n’a pour l’instant reçu aucune offre en ce sens.

La pandémie de COVID-19 pourrait également mettre des bâtons dans les roues, puisque la course doit se dérouler les 12 et 13 juin, soit quelques jours seulement après les deux manches de FE prévues à Santiago, les 5 et 6 juin.

«Pour le moment, je ne suis pas inscrit pour les 24 heures donc je n’ai aucun problème. Mais s’il y a une période de quarantaine pour les voyages, des restrictions, et qu’on a trois courses week-end après week-end, ça peut poser problème», a-t-il concédé.

Et pour la Formule 1, le rêve est terminé. «Totalement.»

Ancien moteur, pas de problème pour DS Techeetah

L’écurie DS Techeetah sera l’une des trois écuries parmi les 12 engagées en Formule E à amorcer la prochaine saison avec le groupe motopropulseur dernière campagne, mais cette situation est bien loin d’inquiéter Jean-Éric Vergne.

En raison de la pandémie de COVID-19 et d’une volonté de réduire les coûts, la FE a décidé de ne permettre qu’une seule homologation de groupe motopropulseur pour les deux prochaines saisons, plutôt qu’une par année en temps normal.

Mais DS Techeetah a remporté les deux titres en 2019-2020 et pourra profiter d’une motorisation efficace, malgré son âge.

«Je ne vois pas ça comme un handicap, a dit Vergne, mardi. Je pense qu’on avait déjà un bon moteur l’année dernière et je ne pense pas que les évolutions qui sont apportées changent énormément de choses. Ce n’est pas comme si ça allait nous apporter cinq dixièmes de seconde. Ça va être de tous petits gains. Donc je ne pense pas que ce soit un désavantage de commencer la saison avec l’ancien moteur.»

Une lutte serrée

La génération actuelle des voitures et la réglementation pour la motorisation arrivent toutefois à la fin de leur vie pratique puisqu’une troisième génération fera ses débuts pour la saison 2022-2023. Ainsi, les écarts seront resserrés, et la marge de manœuvre est faible.

«On forme une équipe qui ne relâchera jamais. On continue d’innover et de travailler dur. Mais les autres travaillent aussi énormément dur et ils nous rattrapent. Il faut qu’on reste sur nos gardes pour aller dans la bonne direction et gagner. On va voir comment commence la saison, mais c’est toujours beaucoup de travail.»

«Je pense que n’importe quelle équipe peut être menaçante à un très haut niveau. On verra contre qui on se bat, mais ça ne sert pas à grand-chose de se concentrer aujourd’hui sur qui va être vite étant donné que n’importe qui peut gagner des courses.»

La saison de FE sera diffusée en direct sur les ondes de la chaîne TVA Sports à compter de vendredi.