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Canadiens de Montréal

CH: «Pour Crosby, il faudrait y aller le tout pour le tout»

CH: «Pour Crosby, il faudrait y aller le tout pour le tout»

Michel Bergeron

Publié 20 février
Mis à jour 20 février

L’arrivée de Ron Hextall et Brian Burke à Pittsburgh soulève des questionnements quant à leur plan pour le futur. Voudront-ils renflouer les coffres et est-ce qu’ils seraient prêts à se départir de Sidney Crosby? Si c’est le cas, le Tricolore pourrait-il être dans le portrait?

La semaine dernière a donné droit à plusieurs spéculations à ce sujet et je me demande si le lien d’amitié qui unit Marc Bergevin à Mario Lemieux pourrait être un avantage stratégique pour le Tricolore advenant le cas ou Crosby acceptait de quitter les Penguins. 

Oui, le prix que devrait payer le CH serait faramineux. On devrait probablement se départir de jeunes comme Nick Suzuki, Alexander Romanov et des choix au repêchage. Mais pour Crosby, il faudrait y aller le tout pour le tout. Tu n’as pas deux occasions de mettre la main sur un talent générationnel comme Crosby, même s’il est âgé de 33 ans. 

Pour l’instant, ça demeure un rêve. Mais sachant que Crosby était un grand partisan du Canadien en grandissant, il y a peut-être de l’espoir.

Place au marathon du CH

Les Canadiens viennent de profiter d’une semaine de congé et espérons pour lui qu’il a fait des réserves parce qu’il s’apprête à entamer un véritable marathon. 

Le CH jouera ses 41 derniers matchs de la saison en 78 jours. Ça, c’est moins d’un match tous les deux jours. Il ne faut toutefois pas penser que le CH est une victime du calendrier condensé puisque tout le monde est dans le même bateau. En cette année condensée, toutes les équipes doivent composer avec des calendriers éreintants. Chose certaine, pour les amateurs du Canadien, c’est du bonbon puisqu’ils pourront voir leur équipe entre trois et quatre fois par semaine.

Minuit moins une pour Galchenyuk

Alex Galchenyuk vient d’être échangé aux Maple Leafs. 

L’ancien 3e choix au total en est déjà à sa 7e équipe en neuf ans, en considérant les Hurricanes pour qui il n’a disputé aucun match. C’est évident : c’est sa dernière chance de s’établir dans la LNH et de prouver qu’il peut jouer un rôle important dans une formation du circuit Bettman. 

Il est acculé au pied du mur et n’a plus le choix d’être au sommet de son art. Au stade où il en est, un mauvais entraînement ou une mauvaise présence pourrait être fatal pour lui. À Toronto, il aura une réelle chance de se faire valoir puisqu’il aura l’opportunité de jouer avec des joueurs talentueux.

Nostalgie, quand tu nous tiens! 

Ne me cherchez pas, cet après-midi. Je serai rivé à mon écran pour y regarder le match entre les Golden Knights de Vegas et l’Avalanche du Colorado (à TVA Sports et TVA Sports direct) sur la patinoire extérieure du lac Tahoe au Nevada. Je regarderai ce match avec excitation, puisqu’il s’annonce enlevant, mais assurément avec une pointe de nostalgie.

Parce que l’Avalanche portera son magnifique chandail rétro rendant hommage aux Nordiques de Québec. Quelle réussite, ce maillot, d’ailleurs. Ne soyez pas surpris s’il est le plus vendu à travers l’Amérique au cours des prochains mois.

Je suis persuadé que Joe Sakic est derrière l’idée. Le membre du Temple de la renommée du hockey a fièrement représenté les Fleurdelisés en début de carrière et je sais qu’il a encore beaucoup d’estime pour Québec.

Je sais aussi que certains partisans n’ont toujours pas digéré le départ de leur équipe et que cet hommage, par le biais d’un chandail qui fusionne les deux époques, leur passe de travers.

Vous le savez, les Nordiques m’ont défini en tant qu’entraîneur. Je souhaite plus que tout le retour d’une concession de la LNH à Québec un jour. Mais est-ce que ce que fera l’Avalanche aujourd’hui m’insulte ? Bien sûr que non !

Les yeux de l’Amérique, et peut-être même du monde, seront rivés sur le lac Tahoe aujourd’hui et demain pour les deux rencontres y étant prévues, demain étant celle entre les Bruins de Boston et les Flyers de Philadelphie.

Rayonnement

Inévitablement, on parlera de l’héritage de Québec. À l’époque où je dirigeais les Nordiques, on savait que sa seule présence dans la Ligue nationale de hockey faisait rayonner la Vieille Capitale aux quatre coins du continent.

Quand on jouait contre le Minnesota ou Los Angeles, des images de Québec étaient présentées lors de la diffusion des matchs offrant une plateforme exceptionnelle pour cette ville et sa culture.

Je me souviens très bien de la fierté qu’avait le maire de Québec, à mon époque, Jean Pelletier, de voir sa ville rayonner grâce à son équipe de hockey. Cette fierté existe encore chez le maire actuel, Régis Labeaume. La seule différence est qu’il n’y a plus cette courroie de transmission qu’est une équipe de la LNH.

C’est pourquoi le match d’aujourd’hui sera aussi spécial et important pour la Vieille Capitale. Chaque opportunité qu’a Québec de rayonner auprès de la LNH est une victoire.

L’Avalanche, en portant un chandail au logo des Nordiques aujourd’hui, offre donc cette chance en or à son ancien domicile.

Ça va se replacer pour Lafrenière

Tant qu’à parler de Québec et du rayonnement à l’international, j’en profite pour ajouter un mot sur Alexis Lafrenière. Le Québécois connaît un début de saison décevant sur le plan offensif, n’ayant inscrit qu’un point – un but – en 15 matchs jusqu’à présent en plus d’afficher un différentiel de -7.

Son temps de jeu est aussi en diminution et jeudi, face aux Flyers, il n’a été utilisé que pendant 12 min 3 s par l’entraîneur David Quinn, ce qui constituait son deuxième plus petit temps de glace de la saison après les neuf minutes passées sur la glace le 1er février dernier contre les Penguins de Pittsburgh.

C’est difficile pour les Rangers et, mis à part Artemi Panarin, les vétérans ne mènent pas la charge pour l’instant. Ce début de saison difficile semble jouer dans la tête de Lafrenière qui ne pratique pas son style habituel. On le sent nerveux et il ne veut pas faire d’erreurs. Sa marque de commerce a toujours été celle d’un joueur intense qui veut tout faire pour avoir la rondelle sur sa palette.

Là, il joue défensif ce qui l’empêche d’être efficace.

Ça va se replacer, mais il faudra que les gros canons des Rangers commencent par montrer l’exemple.