Canadiens de Montréal

«J’étais un peu sous le choc»

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Brendan Gallagher avait bien décrit la personnalité de Tomas Tatar après la victoire de 2 à 1 contre les Maple Leafs, samedi, à Toronto. Le petit ailier avait confié que Tatar avait un grand sourire à l’entrée de ses coéquipiers dans le vestiaire de l’équipe adverse au Scotiabank Arena.

Sur le plan personnel, Tatar venait de regarder le match de la passerelle de presse. Meilleur marqueur du Canadien l’an dernier avec 61 points en 68 matchs, le Slovaque aurait pu choisir de bouder et de rester seul dans son coin. Mais ça ne serait pas dans son ADN. Il a pilé sur son propre orgueil pour placer les intérêts de l’équipe en premier.   

«Tomas Tatar, tu n’as pas beaucoup de négatifs à dire contre lui, a rappelé Claude Julien. C’est une bonne personne et un bon gars d’équipe. Après le match à Toronto, il était aussi content que tout le monde. Mais ça revient à la même chose. Il sait qu’on a besoin de lui. Ce sera à lui de revenir en force. C’est ça qu’on lui demande.»

«Cette année, pour connaître du succès, on aura besoin de tout le monde, a poursuivi Julien. Ça inclut Tatar. Il ne faut pas partir en peur avec le fait qu’il a sauté un match. On va le revoir au sein de la formation. On a travaillé avec lui. On en veut plus de lui. On sait qu’il a le talent pour en donner plus. C’est aussi simple que ça.»

Respecter la décision   

Quand Julien parle de le revoir bientôt, il fait allusion au prochain match, celui de samedi au Centre Bell face aux Maple Leafs. Même s’il n’a pas confirmé son retour à 100%, c’est assez facile de lire entre les lignes.

À l’entraînement, Tatar a encore une fois patiné à l’aile gauche du troisième trio avec Jesperi Kotkaniemi et Joel Armia. Questionné pour une première fois de son retrait de la formation, le numéro 90 est resté bien loin d’une controverse.

«Oui, j’étais un peu surpris, a affirmé Tatar. Tu ne veux pas vivre une telle expérience. J’étais un peu sous le choc. Il ne s’agissait pas de ma décision, mais je devais la respecter. Je devais aussi me comporter comme un pro. Après le match, j’étais heureux de la victoire. Les gars ont bien joué. Nous avons gagné un gros match. Je devais simplement respecter la décision.»

Une chute   

Tatar a amassé 8 points (4 buts, 4 passes) en 14 matchs cette saison. Il présente un différentiel de zéro. Sur le strict plan offensif, il est loin de sa production de l’an dernier avec une moyenne de 0,57 point par match, comparativement à 0,90 en 2019-2020.

Il a aussi perdu sa place à l’aile gauche aux côtés de Phillip Danault et Brendan Gallagher, le trio le plus constant des deux dernières saisons.

S’il aimerait le voir contribuer davantage, Julien lui a surtout reproché son jeu sans la rondelle et ses mauvaises prises de décision.

«Oui, j’ai parlé à Claude, je lui avais aussi parlé avant de sauter mon tour, a dit Tatar. Je sais ce qu’il veut voir de moi. Je tente de faire de mon mieux. C’est ce que je cherche à accomplir. Quand je reviendrai au sein de la formation, je serai prêt. Je voudrai faire de mon mieux.»

Tatar a ensuite énuméré une multitude d’aspects où il aura besoin de s’améliorer.

«J’aimerais jouer avec plus de confiance. Ça part de certaines situations comme mieux contrôler la rondelle, décocher plus de tirs, générer plus de chances de marquer et me créer plus d’espace sur la glace. J’aimerais être calme. J’ai déjà traversé des situations semblables. Je travaillerai fort et je le prouverai à moi-même.»

Aucune distraction   

À l’image de Danault, Tatar pourrait devenir joueur autonome sans compensation à la fin de la saison. De l’extérieur, on pourrait croire que cette situation pèse lourd sur ses épaules.

«J’ai déjà vécu ça, a-t-il répliqué. Je voudrai revenir en force, je ne me soucie pas trop de mon année de contrat. J’aimerais connaître la réponse pour mon futur, mais je ne le sais pas. Je prends ça un jour à la fois. Je sais que mon contrat viendra à échéance. On verra ce qui arrivera dans le futur. Mon but est d’aider l’équipe à connaître un long chemin en séries.»

Avec la quantité d’ailiers à Montréal et l’arrivée prochaine d’un jeune comme Cole Caufield, Tatar a probablement un avenir à partir de la prochaine saison ailleurs qu’avec un chandail bleu, blanc et rouge.