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Canadiens de Montréal

Jonathan Drouin épie régulièrement Patrice Bergeron

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La notoriété de Patrice Bergeron n’est plus à faire. Aux quatre coins de la Ligue nationale (LNH), de jeunes et moins jeunes joueurs le citent en exemple. Chez le Canadien, c’est le modèle sur lequel se base Phillip Danault depuis plusieurs saisons. On le savait déjà. Ce que l’on ignorait, c’est que d’autres patineurs du Tricolore épient également ses tendances.

Depuis le début de la saison, le trio de Nick Suzuki est sans doute celui qui fait preuve de la plus belle constance. Josh Anderson pointe au deuxième rang des buteurs de la formation montréalaise avec neuf buts, Suzuki se classe au deuxième rang des pointeurs avec 12 points et personne n’a récolté autant de mentions d’aide (10) que Jonathan Drouin. 

Il s’en trouve tout de même pour remettre en question la contribution de Drouin, insistant sur le fait qu’il n’a inscrit qu’un but jusqu’ici.

Le principal intéressé reconnaît qu’il aurait peut-être avantage à tirer plus souvent au filet. Il l’a fait samedi dernier, sous les conseils de Claude Julien, en mettant Frederik Andersen à l’épreuve à quatre occasions. Un nombre qu’il n’avait pas atteint depuis le 26 octobre 2019.

«Mais, je ne vais pas tirer simplement pour tirer. Le hockey est un jeu de contrôle. Tu veux avoir la possession de la rondelle le plus souvent possible», a-t-il déclaré, par le biais d’une visioconférence.

Séance de groupe 

Plusieurs des 10 mentions d’aide que Drouin a récoltées sont le fruit de revirements créés à la ligne bleue du Canadien ou en territoire neutre. Et quand la rondelle finit par aboutir au fond du filet adverse, elle n’a habituellement touché qu’à une ou deux autres lames de bâton.

«Sur notre trio, on essaie quand même de garder les choses le plus simple possible. On ne passe pas notre temps à s’envoyer la rondelle. Regardez le trio de Bergeron, à Boston. Ils ne se compliquent pas la vie. Ils vont droit au filet, a comparé Drouin. C’est quelque chose qu’on veut mettre en application: créer un revirement et frapper à la vitesse de l’éclair.»

Véritable étudiant du hockey, Drouin passe une grande partie de son temps à regarder des vidéos. Dominique Ducharme, l’un des entraîneurs adjoints chez le Canadien, a déjà raconté que Drouin s’adonnait à ce type de séance pour constater les correctifs à apporter à son jeu depuis ses années juniors à Halifax.

Maintenant, Suzuki et Anderson se joignent régulièrement à lui.

«Quand tu le fais avec tes compagnons de trio, ça permet aux trois d’être au même diapason. On regarde ce que font les bons trios de la LNH. Je reviens encore à celui de Bergeron, a insisté Drouin. Les gars ne perdent pas de temps. Quand l’un d’entre eux crée un revirement, il n’y a pas de perte de temps. Une passe se fait pendant qu’un autre joueur fonce au filet. C’est ce qu’on souhaite reproduire.»

Derrière la locomotive 

Julien soutient que c’est une question de temps avant que les buts ne viennent dans le cas de Drouin. Mais dans ce début de saison effréné, semblable à celui qu’il avait connu à l’automne 2019, c’est la seule chose qui lui manque.

Oui, il pourrait être plus agressif lorsqu’il est en possession de la rondelle. Son talent et ses habiletés lui permettraient d’avoir le meilleur sur plusieurs adversaires. Mais ça viendrait probablement à l’encontre de ce que son trio essaie d’accomplir.

Néanmoins, il semble avoir retrouvé la fougue qui l’animait à ses débuts dans le circuit Bettman, dans l’uniforme du Lightning de Tampa Bay. Il faut dire qu’avec une locomotive de 226 livres comme Anderson qui trace le chemin, la voie est facile à suivre.

«Tu ne veux pas être un passager. Quand ton coéquipier saute sur la patinoire et fonce à 100 miles à l’heure, tu veux faire comme lui», a expliqué l’attaquant de 25 ans.

«Il distribue des mises en échec et fonce dans les coins. C’est plaisant de jouer avec un coéquipier comme lui, parce que tu peux récupérer tellement de rondelles simplement en le suivant partout.»

Et avec un temps d’utilisation moyen avoisinant les 15 minutes, il y a possibilité d’avoir suffisamment d’essence dans le réservoir pour maintenir la même cadence pendant trois périodes.